Le beau risque de François Pruneau

À l'amphithéâtre, François Pruneau met à profit les... (PHOTO: STÉPHANE LESSARD)

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À l'amphithéâtre, François Pruneau met à profit les diverses facettes de son art, et en apprivoise même de nouvelles, lui qui s'adonne à la gigue pour la première fois de sa vie.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Quatre ans après avoir migré vers la métropole pour épouser définitivement le milieu professionnel de la danse, le Trifluvien François Pruneau est réquisitionné au coeur de son patelin cet été par le Cirque du Soleil pour oeuvrer au sein du spectacle Le Monde est fou, un rendez-vous qu'il n'a pas pu refusé et qui, aujourd'hui, le fait autant sourire que danser.

«De revenir dans ma région avec le Cirque du Soleil et de pouvoir y danser, c'est fou. On dirait que c'est comme un rêve d'enfant et que je suis en train de le vivre... Faut que je me pince», dit-il. «En plus, je profite des nouveaux locaux de l'Amphithéâtre. Je regarde dehors, je vois le ciel, je vois le fleuve et, avec les autres artistes, on se dit qu'on est bien chanceux.»

La chance lui a souri du fait que le Cirque du Soleil cherchait des danseurs versatiles, un profil qu'il possède, lui qui peut évoluer autant en hip hop qu'en danse latine. La chorégraphe Lydia Bouchard connaissait déjà son savoir-faire, l'agence de François Pruneau a fait le reste du travail et le voici sur scène.  

C'est pour des moments comme ceux-là qu'en 2011, à son retour de l'émission So You Think You Can Dance où il s'était révélé en joignant le rang des dix finalistes, il a fait le choix de se concentrer entièrement à sa passion et de gagner sa vie en dansant. Là où il aurait pu opter pour la sécurité de l'enseignement, François Pruneau a pris ce chemin plus incertain.

Pour les rencontres effectuées, les contacts et les notions acquises de cette expérience, l'émission aura été un révélateur magnifique, dit-il. «Pour moi, ç'a été un moyen de diffusion fantastique. Tu peux être un inconnu et tu te retrouves sur un plateau où tu peux montrer tout ce que tu as appris dans ta vie. C'est là que j'ai vraiment réalisé que j'en voulais plus. Que j'avais besoin de plus. Après So You Think..., je savais que je voulais juste danser et vivre ma carrière au maximum.»

Autre bel effet collatéral, c'est au cours des auditions de cette émission qu'il a rencontré celle qui partage désormais sa vie, la danseuse Julie Dombrowski, qui provient de la ville de Québec et qui a épousé la même passion. Elle baignait dans le hip-hop, lui dans la danse latine, ils se sont entraidés et ne se sont plus quittés. «C'est un peu cheesy, hein? Comme dans les films de danse», rigole-t-il. «Mais sans elle, je n'aurais jamais pu faire ce que je fais aujourd'hui. Elle m'inspire beaucoup et on s'aide beaucoup mutuellement pour nos projets futurs.» 

Aujourd'hui, le couple aimerait bien aller danser à Los Angeles. «On veut l'essayer. Tout danseur qui aime la danse urbaine vise de danser avec les Janet Jackson, Jennifer Lopez, Beyoncé, Chris Brown, Usher ou Justin Timberlake», note-t-il, tout sourire. Or, ces perspectives pourraient se concrétiser dans un avenir pas si lointain, si on en juge par une offre reçue ce printemps, invitation qui l'a d'ailleurs fait chanceler un brin. 

L'hésitation a pour nom «Monsters of Hip Hop», une convention de danse dispensée dans plusieurs villes aux États-Unis. «Les chorégraphes qui travaillent pour les grands artistes internationaux y font passer des auditions et, dans chaque ville, ils sélectionnent deux à trois danseurs pour former des semi-finalistes», explique-t-il. 

Or, François Pruneau a été sélectionné, ce qui lui permettait d'aller s'entraîner avec les étoiles à L.A. En fait, il a su qu'il faisait partie de la distribution 2015 de Monsters of Hip hop au moment même où il apprenait qu'il était aussi choisi par le Cirque du Soleil. Et il a pris la direction de Trois-Rivières. «J'avais le goût de travailler avec le Cirque depuis vraiment longtemps. J'étais rendu là», dit-il. «Ce sont des décisions qui ne sont pas faciles à prendre, mais une fois que t'as fait ton choix, tu fonces, tu l'assumes et t'en profites. Ce sont des bien beaux problèmes», sourit-il.

L'aventure trifluvienne lui permet aujourd'hui de retrouver plus souvent ses parents, ceux-là même qui écoutaient la musique de Beau Dommage lorsqu'il était tout jeune et qui l'ont initié sans le savoir à son présent terrain de jeu. «Aujourd'hui, ce spectacle est spécial pour moi. Il me rappelle mes parents et mon enfance...»

Chaque jour, il reçoit des messages d'amis, de connaissances et de parenté qui lui écrivent qu'ils seront au spectacle du Cirque du Soleil telle ou telle journée. Il adore. «Finalement, je pense que je vais avoir du monde que je connais à chaque jour! C'est fantastique.»

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