PRODUCTIONS DE LA 42E RUE

Shrek sait se montrer convaincant

À leur 10e comédie musicale, les Productions de... (Photo: Olivier Croteau)

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À leur 10e comédie musicale, les Productions de la 42e Rue recréent la magie de Shrek et offrent un magnifique rendez-vous à leur public.

Photo: Olivier Croteau

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Spectacle festif, personnages fantaisistes, distribution généreuse, scénographie impressionnante, humour efficace dans les textes, mais aussi dans la mise en scène, Shrek, la comédie musicale, présentée ces jours-ci par les Productions de la 42e rue, porte en elle une kyrielle d'atouts et donne lieu à un rendez-vous à la fois drôle et charmant.

Pour son 5e anniversaire, c'est tout un terrain de jeu que la troupe s'est offert. On a mis les gros moyens en termes d'ingéniosité pour recréer la magie de Shrek, aussi bien dans les costumes et les maquillages que dans les éléments de décor, dont une immense dragonne articulée qui laisse bouche bée, une création signée Carol Boulianne et Lausanne Dubois.

À l'occasion de la première, présentée vendredi soir à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture, la nervosité a fait son oeuvre, s'est traduite par quelques blancs de mémoire ou hésitations, par un rythme déficient à l'occasion et par quelques problèmes de micros, mais l'efficacité de l'ensemble n'en a pas trop souffert. Après deux autres représentations ce week-end, il y a fort à parier que ces accrocs soient déjà résolus et que la production ait trouvé sa pleine efficacité, ce qui n'est pas peu dire.

Pour réussir ce pari ambitieux, on n'a pas pris de chance et on a confié les personnages principaux à trois poids lourds de cette troupe, un choix qui s'est avéré heureux. En offrant le rôle de Shrek au comédien-chanteur Philippe Champagne, on est parvenu à trouver le relief qui se devait pour rendre crédible cet ogre mal léché tantôt menaçant, tantôt attendrissant.

En confiant le costume de l'âne à Patrick Carrière, on a rendu justice à l'humour débridé de ce personnage, et en donnant le rôle de Fiona à Manon Carrier, on a permis à cette artiste de se révéler sous un profil tout à fait différent de ses performances passées, elle qui aborde cette fois-ci un profil comique habile et bien dosé qui lui sied tout à fait. Personnellement, elle a été ma surprise de la soirée. Si on ajoute à cela le jeu savoureux de Ian Pitblado dans la peau de Lord Farquaad, la présence craquante de mini-Fiona (Cynthia Marquis) et une belle synergie de groupe, on provoque aisément rires et sourires chez les spectateurs.

Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, le public est invité à suivre les pas d'un ogre qui, rejeté depuis l'enfance, s'est retiré loin du monde et de la méchanceté pour trouver la quiétude près d'un marais qu'il a fait sien. Du moins, il se sent propriétaire des lieux jusqu'au jour où une bande de créatures débarquent, autant de Pinocchio, de fée et de sorcière qui ont été chassés par Lord Farquaad, qui s'avère être le seul à pouvoir régler le problème de Shrek.

Farquaad fixe toutefois une condition à l'ogre, celle de délivrer la princesse Fiona qu'il souhaite épouser pour devenir roi. Sauf que Fiona se trouve dans une tour protégée par une dragonne toute puissante qui représente un premier défi de taille, l'autre étant pour Shrek de demeurer insensible à celle qui, dans son esprit, ne pourrait que lui faire revivre un autre douloureux épisode de rejet.

En chansons, interprétées avec justesse pour la plupart, en musique et parfois en danse, cet univers fantastique se déploie devant nous à travers une série de joyeux tableaux qui nécessitent de nombreux changements de décors, un pari hautement relevé. Autant de tableaux qui font place à plusieurs effets de groupe porteurs de moments ludiques et festifs à souhait, dont un dernier qui laisse les spectateurs quitter la salle le coeur léger.

Évidemment, l'humour au deuxième degré est une grande force de la production, honoré efficacement par cette troupe. On travaille ici avec une intelligence du texte qui empêche la majorité des comédiens de tomber dans le piège de la surdose pour, au contraire, révéler les attraits de la subtilité quand il se doit.

Le tout est un travail signé William Lévesque qui combine la direction musicale et une superbe mise en scène (très bonne direction d'acteur). Au final, on ne peut qu'être soufflé par l'audace, l'énergie, l'ingéniosité et le talent de cette troupe qui s'applique chaque fois à s'éloigner de toute facture amateur. Quand on mesure la somme de travail impliquée et qu'on pense que tout n'est que loisir pour eux, on fait comme le public de vendredi soir, on s'incline bien bas et on applaudit bien fort.

Notons que la pièce convient aux 7 à 77 ans sans problème. Sous la barre des 7 ans, cela reste toutefois à voir selon chacun. Vendredi soir, quelques enfants en bas âge ne sont pas revenus après l'entracte, alors qu'un autre réagissait haut et fort et semblait drôlement conquis.

Les prochaines représentations seront offertes samedi à 20 h et dimanche 14 h. Souhaitons qu'il reste des billets, à défaut de quoi il faudra bien que cette troupe trouve une façon de présenter quelques supplémentaires.

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