Première de Dragao: le grandiose en nature

Le spectacle Dragao, la nouvelle aventure d'Amos Daragon,... (PHOTO: STÉPHANE LESSARD)

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Le spectacle Dragao, la nouvelle aventure d'Amos Daragon, a été lancé mardi soir à la Cité de l'énergie de Shawinigan.

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Myriam Lortie
Le Nouvelliste

(Shawinigan) C'est mardi soir qu'Amos Daragon affrontait le dragon pour la première fois, dans un spectacle qui marquait le début des représentations de Dragao à la Cité de l'énergie de Shawinigan. Le plus récent projet de Bryan Perro, présenté à la tombée de la nuit jusqu'au 22 août, a honoré sa promesse d'être gigantesque.

Dragao, c'est l'histoire d'Amos Daragon qui entreprend un grand voyage avec son acolyte Béorf pour arrêter la ponte des oeufs d'un dragon né dans une montagne du nord, sur un trésor pillé par les méchants Bonnets Rouges. Amos Daragon, jeune magicien des éléments désigné par le grand livre des prophéties, est le seul qui peut rétablir la paix.

Dans la continuité du premier spectacle et fidèle à l'esprit des romans d'Amos Daragon, Bryan Perro campe son univers dans des décors médiévaux qui servent bien le fantastique du récit. Le metteur en scène a su utiliser le potentiel qu'offrent les lieux pour la pièce inspirée des tomes 2 et 3 de la série.  

S'il est facile de se laisser déconcentrer en début de pièce par les différents éléments de décors, le spectateur n'a d'autre choix que de se laisser rapidement prendre au jeu pendant les 90 minutes de la pièce. Il faut dire que la salle tournante de 900 sièges, logée au pied de la tour de la Cité de l'énergie, permet à l'espace scénique de se déployer au-delà des conventions habituelles.

Théâtre, acrobaties, chorégraphies se relaient dans une valse de tableaux qui apparaissent devant le spectateur au gré de la rotation de l'amphithéâtre en bordure de l'eau. Certaines transitions sont portées par le narrateur et personnage Mastagane le Boueux, alors que d'autres le sont par des projections de dessins animés sur le mur de pierre du décor.

Marcel Sabourin prête sa voix au narrateur, tandis que Raphaël Grenier-Benoît, qu'on a vu jouer dans Les Parents, incarne Amos Daragon. Les textes pré-enregistrés permettent aux spectateurs de ne manquer aucun mot de ce spectacle de grande envergure en extérieur. Ceux-ci sont appuyés par des comédiens qui doivent déployer leur jeu physique dans de grands mouvements, sous d'imposants costumes, masques et maquillages. 28 artistes montent sur scène, dont 13 de cirque.

Outre la bataille navale où la pyrotechnie est ingénieusement utilisée pour illustrer les coups de canons ou encore l'envol d'un engin doté de cinq immenses ballons, plusieurs moments risquent de marquer l'imaginaire.

Parmi les scènes les plus spectaculaires, on retrouve celle où Amos Daragon, devenu maître de l'eau, effectue plusieurs prouesses au-dessus de la rivière, plongeant même par moments, propulsé par de forts jets. Également, l'immense squelette avait de quoi impressionner. Habilement manipulée, la marionnette géante prend part à une danse funeste qui tient de la comédie musicale aux côtés d'autres créatures d'outre-tombe qui l'idolâtrent. Puis, la scène avec un dragon grandeur nature s'est montrée à la hauteur des attentes. Celui-ci se déploie avec des effets spéciaux, dans un ultime combat entre l'eau et le feu, mené de front par un Amos Daragon héroïque.

Tout au long de la pièce, la musique de Jeannot Bournival remplit pleinement son rôle d'ajouter à l'effet dramatique de certaines scènes ou d'intensifier les combats chorégraphiés, tout en respectant l'univers médiéval imaginé par Perro.

Le spectacle s'est bien déroulé pour la première représentation, mis à part une vitre embuée qui a dissous l'une des projections de dessins animés. L'incident est vite pardonné lorsqu'on se rappelle la chaleur et l'humidité de la soirée. Le rythme était bon, mais bien que visuellement esthétiques, le voyage en engin volant et la scène avec le forgeron à la tête de cheval auraient pu être écourtés.

On sent dans ce spectacle un réel désir du metteur en scène et auteur de se surpasser pour amuser le spectateur et le faire voyager. Perro avait fait la comparaison avec Disney, et on comprend que les visées sont les mêmes: créer un univers magique dans une expérience quasi immersive et retomber en enfance sans infantiliser le spectateur. L'assistance au soir de la première était d'ailleurs composée d'un large éventail d'âges.

Supporté par une équipe solide, Bryan Perro a fait un travail colossal avec Dragao, qui présente une offre de spectacle nocturne haut de gamme aux visiteurs de la région, mais aussi de l'extérieur.

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