THÉÂTRE DU COQ À SAINTE-PERPÉTUE

La pièce Les Taouins visite le burlesque et l'absurde

À l'avant, on aperçoit Charlie Jutras et Guillaume... (Photo: Olivier Croteau)

Agrandir

À l'avant, on aperçoit Charlie Jutras et Guillaume Pelletier, accompagnés à l'arrière du Suisse Jan Dutler. Cette distribution est complétée par Ariel Charest, une nouvelle figure au Théâtre du Coq de Sainte-Perpétue.

Photo: Olivier Croteau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Sainte-Perpétue) Depuis la création du Théâtre du Coq, la jeune troupe de Sainte-Perpétue a habitué son public à des propositions contemporaines et audacieuses servies par des comédiens convaincants. Cet été, pour la sixième saison, l'excellence est toujours présente en termes d'interprétation et de mise en scène, mais on a encore haussé la barre de l'audace, l'élevant peut-être une coche trop haut, avec le risque de perdre quelques adeptes dans le détour.

D'entrée de jeu, il faut savoir que Les Taouins n'est pas une pièce conventionnelle, mais se présente plutôt sous la forme d'un collage de sketches combinant le jeu, la danse et le chant, un défilé de numéros ayant pour dénominateur commun le thème de la surconsommation, propos visité ici sous l'angle de l'absurde.

Pour composer ce qui se veut une critique sociale, on a rassemblé une panoplie de personnages qui jouent dans la gamme du futile, qui consomment du vide de manière farfelue, qui présentent des profils drôlement déréglés et qui ne manquent pas une occasion de s'embourber dans leurs contradictions.

L'ensemble donne lieu à une soirée éclatée et burlesque où les quatre comédiens de la distribution s'en donnent à coeur joie sous une mise en scène signée Jacques Lessard. Avec la pléiade de personnages qui y sont incarnés pour le compte des nombreux numéros de la soirée, les interprètes s'offrent un vaste terrain de jeu pour démontrer leur savoir-faire et y parviennent tout à fait avec un jeu très physique, beaucoup de rythme, une belle dose de coordination et de l'énergie à profusion.

Sauf que pour le spectateur, au final, il peut y avoir surdose et décrochage, d'autant plus que ce cabaret s'étire sur une durée de deux heures et demie qui inclut quelques longueurs, dont deux plutôt mal placées puisqu'on les retrouve aux premier et dernier numéros de la soirée.

Pour épouser la trame de la soirée, les quatre comédiens se déplacent au sein d'un décor touffu, garni des mille et un objets kitsch ou inutiles qui serviront les divers tableaux axés sur la consommation à outrance.

Ce propos, on le visitera sous tous ses angles, des cadeaux de parents séparés à leur fille jusqu'à l'héritage familial en passant par le cadre d'un jeu télévisé, d'une soirée de diapositives de voyage entre amis ou au coeur d'un premier rendez-vous amoureux. Autant de tableaux qui sont originaux, qui mettent en relief le vide existentiel des personnages, mais qui sont soutenus par des textes à efficacité variable aussi bien sur le plan de l'humour que de la pertinence.

C'est en deuxième portion de soirée que le public se retrouvera devant les numéros les plus efficaces et les plus drôles, que l'on visite le sujet de la beauté et de la transformation extrême ou du service à la clientèle, que l'on se retrouve dans le clan de la «Société des amis fragiles» où se concentrent les dépendances les plus farfelues, voire même au sein d'un foyer où le chien de la famille dame le pion au conjoint dans le coeur de madame.

Ce dernier numéro mettra à profit la présence du comédien suisse Jan Butler qui, tout au long de la soirée, ajoute une agréable couleur au spectacle par ses talents de bruiteur, de musicien ou de clown, donnant à l'ensemble des airs de «cartoon» à maintes occasions.

Charlie Jutras et Guillaume Pelletier, les deux grands habitués de la place, occupent pour leur part les lieux avec une aisance manifeste et baignent dans cet esprit ludique avec un plaisir contagieux. À leur côté, cette année, on accueille une nouvelle venue, la comédienne et chorégraphe Ariel Charest, qui apporte un tout autre genre de folie.

Cette année, les représentations seront condensées pendant tout le mois de juillet à raison de quatre soirs par semaine, du mercredi au samedi à 20 h, et ce, jusqu'au 1er août.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer