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Adam Cohen, Pierre Lapointe et... la lune séduisent au Festivoix

C'est Pierre Lapointe qui a occupé la grande... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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C'est Pierre Lapointe qui a occupé la grande scène du parc portuaire jeudi soir au FestiVoix pour y présenter dans un grand déploiement inhabituel, son spectacle Punkt.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

Un propriétaire de salle de cinéma m'a dit un jour: «Jeune homme (cela remonte à bien longtemps), le cinéma en été, pour que ça aille bien, c'est comme l'agriculture: ça prend de la pluie.» Sachez monsieur le propriétaire de salle de cinéma que les festivals d'été extérieurs, c'est aussi comme l'agriculture: pour que ça aille bien, ça prend du beau temps.

Météomédia n'a reçu qu'hier l'enveloppe brune contenant le second paiement du pot-de-vin annuel que lui verse l'événement trifluvien. D'accord, ils n'ont pas eu le temps de mettre la chaufferette au maximum mais il a fait bien beau et le FestiVoix en a été bien aise. Ils ont dû y mettre le paquet cette année parce qu'il y avait, en prime, une magnifique quasi-pleine lune au-dessus du fleuve pour le spectacle sur la grande scène. Avez-vous une idée de ce que ça coûte une quasi-pleine lune au plus fort de la demande, en plein été? C'est astronomique.

La soirée a commencé fort joliment au jardin des Ursulines où les saxophones viennent tout juste d'éclore. Ils sont superbes, dans toutes sortes de teintes. Les trompettes sont un peu en retard à cause de l'abondance de pluie en juin, mais elles devraient être à leur meilleur dans les jours qui viennent. On avait kidnappé Jacques Kuba Séguin et Stanley Péan du Festival de jazz à Montréal pour ce début de soirée et c'était une excellente idée.

Certes, c'était un peu plus pointu que le spectacle consacré à Henri Salvador par Fabiola Toupin et son sémillant comparse Guy Marchamps en ouverture du FestiVoix, et le public, nettement plus clairsemé, en témoignait, mais c'était quand même un délicieux spectacle meilleur encore accompagné d'un petit hot dog européen du casse-croûte local, et ce, malgré son arrière-goût tenace d'austérité économique.

Il valait mieux se sustenter, d'ailleurs, avant d'affronter la cour des Ursulines et sa foule plus dense que la chevelure de Penelope Cruz. Avec Adam Cohen au menu, il fallait s'y attendre un peu. Le bellâtre a fait tout le nécessaire pour faire chavirer le coeur de la clientèle féminine. Et d'un bon nombre d'hommes aussi, sans doute. Le Nouvelliste s'enorgueillit de ne pas faire de discrimination basée sur le sexe. D'où j'étais, loin à l'arrière des estrades, on pouvait distinctement entendre les coeurs de femmes retardataires (et d'hommes...) se briser en constatant qu'elles n'arriveraient pas à voir le chanteur pendant le spectacle. Ça prenait aux tripes.

N'empêche, c'est une voix de femme qui a crié «T'es beau Adam!» entre deux chansons tout de suite après que le joli coeur eut enlevé son chapeau pour s'ébouriffer consciencieusement les cheveux. Vous pensez qu'il a fait ça négligemment, parce qu'il en avait soudainement envie? Come on! On aurait dit une publicité de Pantene. Ce garçon a non seulement du charme à ne plus savoir qu'en faire mais il le sait, le gredin. Non content de faire roucouler en silence une bonne partie de l'assistance, il a aussi présenté un spectacle de toute beauté.

Il n'y a eu qu'un incident technique qui lui a fait retarder l'amorce d'une chanson. Il a dû affronter, de son propre aveu, une fréquence récalcitrante qui sonnait comme un mal de dent dans le système de son. Il s'est bien battu, le bougre, jusqu'à ce que la fréquence délinquante abdique sur une prise de soumission: une clé de bras japonaise subséquente à une agressive clé de fa. Du beau sport. À part ça, tout s'est bien déroulé.

Casanova a même eu la délicatesse d'offrir un rappel, ce que peu d'artistes font sur cette scène. Quand il l'a chanté, la moitié du public avait quitté les lieux si bien que le site n'était plus que complètement plein.

Sur la grande scène, c'était au tour de Pierre Lapointe, un artiste qui me plaît beaucoup bien qu'il fasse preuve d'un humour douteux, absurde, outrancier, impertinent, à double sens et enfantin qui n'a strictement rien à voir avec sa prestation de chanteur. D'ailleurs, je me demande bien ce que je lui trouve...

J'ai été heureux de constater qu'il s'habille toujours au rayon du prêt-à-porter du Musée d'art contemporain de Montréal. Pour ce qui est du spectacle Punkt, je l'avais déjà vu deux fois. C'est vraiment excellent, mais j'ai trouvé beaucoup plus divertissant de me lancer dans une compétition de slalom entre les cônes dans les rues du centre-ville en route vers le journal. J'ai passé à ça de remporter ma vague de qualification mais j'ai raté une porte en fin de parcours au sortir d'un virage particulièrement serré, rue Hart. Dommage, j'étais vraiment en forme.

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