Stéphane Rousseau a toujours la cote

Encore une fois, avec son nouveau spectacle, Stéphane... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

Agrandir

Encore une fois, avec son nouveau spectacle, Stéphane Rousseau a été généreux envers son public et les quelque 650 personnes qui y assistaient, samedi soir à la salle Thompson, ont semblé beaucoup apprécier.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Stéphane Rousseau a beau vouloir casser son image de beau gosse qui fait craquer les femmes dans son tout nouveau spectacle, on pouvait entendre qu'elles étaient encore bien sensibles à ses charmes samedi soir à la salle Thompson où l'humoriste présentait Un peu princesse, son sixième spectacle solo.

On dit humoriste pour la forme: Rousseau est un entertainer, un multi instrumentiste de la scène et l'humour n'est qu'une spécialité. Son spectacle est truffé de numéros musicaux, prétextes pour lui permettre de chanter. Il adore, manifestement, et le fait plus que correctement grâce à une voix exceptionnelle de puissance et de timbre bien qu'il ne soit pas toujours juste. Qu'importe ou même tant mieux, puisque ça s'insère plus naturellement dans son spectacle qui en reste un d'humour, dans l'essence.

L'idée de ce spectacle, après Confessions, son précédent, c'est de parler du vrai Stéphane Rousseau derrière l'image. Rousseau qui vieillit, qui a mal partout, qui dit devoir se tenir après quelque chose quand il éternue de peur de se faire mal au dos. Rousseau capricieux, père parfois défaillant, conjoint plus ou moins facile au point, dans le cours de son récit, de redevenir célibataire.

Son propos se veut tourné vers l'intime mais la pudeur de l'individu l'empêche d'exploiter l'émotion avec une vérité qui pourrait nous toucher. Dommage parce que ça donne à son propos un côté futile. Quand il semble vouloir se révéler, quand on s'approche de la sincérité, il s'en sort systématiquement avec une blague, une pirouette qui brise le ton et il demeure insaisissable. Cette instabilité constante entre la sincérité proposée et la pudeur qui l'en éloigne m'a laissé sur ma faim et j'ai trouvé son propos futile. Normal en humour, croyez-vous? Pas chez les meilleurs qui arrivent pratiquement toujours à nous émouvoir un tant soit peu.

Ça ne l'empêche nullement d'avoir monté un spectacle généreux, comme il en a l'habitude. Cent cinq minutes bien remplies devant un mur de lumière très impressionnant, des effets sonores efficaces et, surprise, deux musiciens: Emmanuelle Caplette à la batterie et William Croft aux claviers. L'ajout a cet avantage d'offrir un écrin original au spectacle et de donner des complices à l'humoriste sur quelques numéros. Il fait aussi participer un supposé technicien de scène pour quelques apparitions surprises.

Tout ça donne un spectacle solide. Rousseau n'est pas le meilleur conteur mais un bon comédien. Il est à son meilleur quand il adopte la voix d'un personnage pour donner du relief à une anecdote: sa mamie, Mme Jigger, un nain avec lequel il a eu une altercation, son fils... Rousseau sait aussi trouver le ton efficace pour la chute de ses gags. C'est vraiment un bon interprète.

Bien sûr, il ne renouvelle pas le genre, ne fait rien de vraiment inédit mais utilise à bon escient divers ressorts classiques de l'humour. Il y a les numéros musicaux, oui, mais j'ai eu plutôt l'impression que c'est un élément qui a été imposé par le marché français où son spectacle a d'abord été présenté pour quelques dizaines de représentations. Le public français est plus friand que nous du côté variétés, des numéros de cabaret.

Entre autres défauts avoués, Rousseau s'accuse d'être paresseux. Mensonge! Il est assez évident que ce garçon est un bosseur. Chaque mimique est étudié, chaque mouvement travaillé. Il a adapté le texte en québécois en lui faisant traverser l'océan. Quand il fait une parodie de danse contemporaine, ce n'est pas improvisé: le faisceau de lumière le suit sans faillir et certains mouvements sont impeccablement synchronisés avec des effets sonores. Le spectacle a beau être touffu, chaque moment semble placé. Rousseau est avec son public comme son personnage de Rico est avec les femmes: il le rrrespecte énorrrmément.

Le seul numéro forcément improvisé, fait justement revenir son Rico avec une spectatrice choisie dans la salle. L'apparition du «latin lover» a fait crier les spectatrices. Rousseau a beau avoir vieilli, il peut encore bouger aisément avec la grâce de son matador de l'amour.

Le plus faible dans le spectacle, finalement, ce sont les textes. Il y manque un arc dramatique, un thème avec une résolution qui viendrait donner du relief à ce qui reste des anecdotes un peu banales. Cela dit, les quelque 650 personnes qui y assistaient samedi soir n'ont pas trouvé à redire, à en juger par les acclamations finales.

Stéphane Rousseau sera de retour, au même endroit, le 8 octobre prochain.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer