Mariage improbable, musique intrigante

La harpiste Valérie Milot et la marimbiste Anne-Julie... (Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste)

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La harpiste Valérie Milot et la marimbiste Anne-Julie Caron.

Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) La série des concerts champêtres a cette caractéristique de couvrir un vaste horizon musical et de permettre aux spectateurs, dont beaucoup d'habitués, des découvertes. Avec le concert de ce dimanche, intitulé Contes, légendes et envoûtement en compagnie de Valérie Milot et Anne-Julie Caron, on explorera la sonorité inhabituelle d'un improbable couple d'instruments: la harpe et le marimba.

Improbable, d'accord, mais il suffit d'entendre un extrait pour comprendre que les deux instruments ont assurément quelque chose en commun. «Déjà, ce sont deux instruments plutôt atypiques et souvent discrets dans un orchestre, convient Valérie Milot, mais ils ont des similitudes en termes de sonorités. Dès qu'on a commencé à travailler ensemble, Anne-Julie et moi, il est apparu évident qu'il y avait un mariage très intéressant à réaliser.» Anne-Julie parle volontiers d'un son envoûtant, sensuel et facilement vaporeux mais les deux instruments peuvent aussi surprendre dans d'autres couleurs.

Les deux musiciennes partagent un parcours impressionnant, malgré leur jeune âge, qui comporte quelques points communs, et pas des moindres. Ces diplômées de Conservatoire, Anne-Julie Caron à Québec, Valérie Milot à Trois-Rivières, ont toutes deux obtenu le prestigieux Prix d'Europe et les deux ont été couronnées Découvertes de l'année des Prix Opus.

Il reste que malgré leur niveau d'excellence, faire connaître leur instrument demeure un volet pratiquement inévitable de leur parcours professionnel. «On doit défendre l'instrument mais je ne le vois pas comme un poids, dit la marimbiste. Disons que ça ajoute à l'expérience d'assister à nos prestations. Nous sommes toutes les deux conscientes qu'on a quasiment une mission à remplir de ce point de vue et c'est bien ainsi. Ça ne veut pas dire qu'on ne fait pas de la musique sérieusement. On recherche un répertoire de haut niveau qui met en valeur toute la palette de ce que nos instruments ont à offrir.»

«Il faut qu'il y ait un défi technique pour chacune mais aussi, musicalement, il faut qu'il y ait du matériel harmonique pour créer toutes sortes de couleurs. Dans ce qu'on a choisi comme pièces mais aussi dans les transpositions, il fallait qu'il y ait de la place à l'interprétation pour nous satisfaire en tant que musiciennes. On ne se contente pas de mettre les instruments en valeur et musicalement, on est très contentes du répertoire choisi.» Elles ont investi pas mal de temps à monter les pièces au cours des derniers mois à cause de leurs difficultés techniques mais aussi pour assurer un tout harmonieux. «Il ne suffit pas qu'on trouve des pièces qui nous plaisent, il faut qu'on les sente de la même façon. Il faut qu'on sente la même respiration musicale pour que le duo soit harmonieux. Pour ça, il faut que ça clique entre nous et ça implique aussi de beaucoup travailler.»

Dimanche, dans le plein air du parc des Chenaux, secteur Cap-dela- Madeleine, les deux filles aborderont de la musique sérieuse, pourtant connue de presque tout le monde: Tableaux d'une exposition, de Moussorgski, Ma mère l'oye, de Ravel et Peer Gynt, de Grieg, des thèmes maintes fois exploités au cinéma, notamment, à cause de leur pouvoir d'évocation visuelle. Or, le spectacle se caractérise bel et bien par son aspect visuel, non seulement par le répertoire mais par le travail même des musiciennes. «Nos deux instruments requièrent un gros travail physique, explique la harpiste. Visuellement, c'est assez spectaculaire. Voir Anne- Julie se promener debout d'un bout à l'autre de son marimba, c'est assez impressionnant. Alors, c'est un concert de musique qui est de haut niveau mais accessible pour le public tout en étant également très visuel.»

L'investissement en énergie et en temps aura été important mais les deux femmes sont confiantes qu'il paiera à long terme parce qu'elles veulent faire voyager Contes, légendes et envoûtement au Canada et ailleurs dans le monde. Déjà, le mariage peu conventionnel de deux instruments plutôt méconnu offre l'indéniable attrait de la curiosité. Comme elles ont travaillé avec leur habituelle rigueur, elles croient que ça peut leur ouvrir toutes sortes de portes menant autant à un très vaste public qu'aux auditoires plus restreints des spécialistes de la musique classique. Ce dimanche, c'est le public trifluvien qui y aura droit, gratuitement, dès 14h.

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