Le Monde est fou: un Shawiniganais parmi les acrobates

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:Pour le coach, concepteur et acrobate Jonathan Brochu, qui a grandi à Shawinigan, on doit s'attendre à des numéros de groupe impressionnants. «Ce sont des numéros difficiles à construire sur la scène, mais les résultats sont magiques», dit-il.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est dans un immense hangar de la rue Dickson à Montréal que 23 acrobates du Cirque du Soleil s'entraînent depuis le début de la semaine pour donner vie aux numéros du spectacle Le Monde est fou, un groupe dans lequel on peut retrouver Jonathan Brochu, qui a passé son enfance à Shawinigan et qui a bien hâte de se produire cet été en Mauricie.

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La dangerosité est l'un des ingrédients des numéros sur lesquels on travaillait hier au hangar de la rue Dickson à Montréal. Ci-dessus, on aperçoit Érica Linz, qui a cumulé les productions du Cirque du Soleil ces dernières années, dont le spectacle KÀ, à Las Vegas.

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Brochu est coach et concepteur des numéros acrobatiques pour le spectacle hommage à Beau Dommage, et se produira aussi sur la scène de l'Amphithéâtre au sein de quatre numéros, dont la planche sautoir et le mât chinois, comme d'autres livreront leur art sur des sangles, des cerceaux aériens, des trapèzes ou dans un numéro de trampoline triple (deux murs et trois trampolines), en plus des trois numéros de danse.

Depuis sa sortie de l'École nationale de cirque en 2003, Brochu a participé aussi bien aux spectacles Kosmogonia (2003) et Éclyps (2008), à la Cité de l'énergie de Shawinigan, qu'à certaines productions du Cirque du Soleil, lui qui était de Saltimbanco en 2005 et en 2006 et qui a remplacé un acrobate l'an dernier dans la distribution de Varekai.

Depuis lundi à Montréal, la préparation se déroule bien en prévision du spectacle trifluvien, dit-il, d'autant plus que certains groupes d'acrobates arrivent avec des mouvements et séquences sur lesquels ils ont déjà travaillé entre eux. «Ça accélère un peu le processus de création», dit-il. «Il va y avoir du nouveau et, en même temps, il va y avoir des terrains connus pour quelques artistes, mais le public va n'y voir que du feu.»

Il n'a pas encore vu l'Amphithéâtre, mais ce qu'on lui a rapporté lui laisse présager un agréable séjour, dit-il. «On sera vraiment dans un beau lieu, pas trop loin, les artistes vont pouvoir se déplacer à vélo...» D'ailleurs, le simple fait d'être au Québec est un grand plaisir, observe-t-il. «La plupart des artistes travaillent beaucoup plus à l'international alors quand on travaille ici et qu'on est Québécois, ça nous fait du bien. On est plus proche de la famille...»

Ses parents habitent désormais dans les Cantons de l'est mais reviendront à Trois-Rivières pour le voir à l'oeuvre dans l'univers de Beau Dommage, un répertoire qui touche autant leur génération que la sienne, lui qui est trentenaire, note-t-il. «Même ceux qui sont plus jeunes que moi connaissent le groupe. Beau Dommage a vraiment passé à travers les années. Ça vient chercher tout le monde.»

Parmi les acrobates qui s'entraînaient avec lui jeudi, sous l'oeil du metteur en scène Jean-Guy Legault, on retrouvait des habitués du Cirque du Soleil, certains ayant évolué sur des productions de Las Vegas, d'autres sur Varekai, Dralion ou Zaia, alors que certains proviennent aussi du Cirque Éloize et de la compagnie «Les Sept doigts de la main», note M. Legault. «Il y a beaucoup d'échanges et de collégialité dans le monde du cirque. Le but, c'est d'aller chercher les meilleurs artistes disponibles et de créer de nouvelles gangs.»

Le metteur en scène a choisi lui-même les artistes sur la base de deux critères précis. D'abord, il souhaite qu'au-delà des prouesses, les acrobates soient en mesure de faire sentir l'humanité dans leur performance. «Et en même temps, c'est le Cirque du Soleil, donc ça prend non seulement des acrobates solides, mais dangereusement solides, des gens qui vont nous faire dresser le poil sur les bras autant visuellement que par la dangerosité de leurs acrobaties...», observe-t-il.

Cela dit, Jean-Guy Legault est conscient qu'au sein du public, tous ne réagiront pas aux mêmes endroits, certains retenant leur souffle devant la vitesse des exécutions, d'autres devant la force physique de l'un ou la hauteur vertigineuse de l'autre, dit-il. «Ce qui peut paraître dangereux est très personnel à chacun. Il faut toucher à toutes ces fibres émotives pour provoquer les effets.»

Les acrobates épousent le tout naturellement, dit-il. «À la base, je pense qu'un acrobate est motivé par la volonté de toujours se dépasser. L'acrobatie, c'est d'aller à la limite de ce qu'un humain est capable de faire quand il se dédie à travailler sur quelque chose. Ce sont des gens qui carburent au défi autant que moi, dans ce spectacle, je carbure à en mettre plein la vue et à me dépasser en trouvant de nouvelles avenues avec des performers qui ont la volonté eux-mêmes de dépasser ce qu'ils font déjà.»

Dans le groupe, les acrobates sont âgés du début de la vingtaine jusqu'au milieu de la trentaine, des générations qui se rejoignent pour viser l'essentiel des pièces choisies. «À partir de chaque chanson, on évoque une émotion et on veut avoir un arrimage entre l'acrobatie, l'humanité et le visuel. Tout ça donne un tableau qui créé un impact à faire dresser les poils. C'est ça qu'on recherche.»

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