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Les hommes forts au Musée québécois de culture populaire

On inaugurait mardi, au Musée québécois de culture... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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On inaugurait mardi, au Musée québécois de culture populaire, l'exposition En chair et en muscles sur le phénomène des hommes forts au Québec. Sur la photo, de gauche à droite, Dominic Ouellet, chargé de projet, Yvon Noël, directeur du Musée et Geneviève Larouche, commissaire de l'exposition, tous trois dans l'ombre du grand Louis Cyr.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(TROIS- RIVIÈRES) On inaugurait mardi la plus récente exposition du Musée québécois de culture populaire: En chair et en muscles: le phénomène des hommes forts québécois.

Si le concept de culture populaire n'est pas clairement défini pour tous, il sera facile de convenir que le phénomène des hommes forts s'y inscrit. L'exposition s'attache notamment à démontrer que le phénomène est gravé dans notre folklore et dans notre culture depuis le début de la colonie. Pays dur et exigeant pour ceux qui ont relevé le défi de le développer, il a tout naturellement favorisé l'essor des hommes forts, les plus aptes à dominer leur environnement. Que ce soit dans les chantiers de coupe de bois l'hiver ou sur la terre pendant les beaux mois, les hommes étaient contraints de miser sur leur force et leur résistance physique pour assurer leur survie.

Pas étonnant que l'homme fort ait pris beaucoup de place dans l'imaginaire et que les récits, invérifiables, d'exploits extraordinaires se soient développés.

«Je viens du SaguenayLac-Saint-Jean et énormément de récits légendaires d'hommes forts proviennent de là comme de Charlevoix, dit la commissaire de l'exposition Geneviève Larouche. Comme mon père est historien, ces récits ont meublé mon imaginaire depuis l'enfance. C'est un phénomène que je trouve fascinant. La symbolique de la force est particulièrement importante parce que c'est à travers elle que les Canadiens-français sont passés de vaincus à vainqueurs. La force nous a permis de nous créer une identité en tant que peuple. C'est porteur d'un message et même si c'est moins présent aujourd'hui, ça fait quand même partie de nos racines.»

La commissaire souhaite transmettre aux plus jeunes générations ce patrimoine moins connu aujourd'hui.

«L'exposition situe bien le contexte historique et la part de folklore mais montre également ce que c'est devenu avec le temps puisque les compétitions d'hommes forts existent toujours aujourd'hui», de rappeler Geneviève Larouche.

Les Jos Montferrand et autres Modeste Mailhot, géant de Saint-Pierre-les-Becquets, auréolés d'exploits fantastiques mais dont on peut douter de la véracité, côtoient les frères Baillargeon, le Grand Antonio, Hector Décarie, Victor Delamarre ou Hugo Girard, des athlètes dont les exploits sont nettement mieux documentés.

À la frontière des deux mondes, Louis Cyr, héros parmi les héros, qui appartient à la légende mais sur la base d'exploits bien réels et vérifiés. Toute une portion de l'exposition traite des concours contemporains d'hommes forts avec leurs exigences et leur rigueur qui s'oppose aux récits du passé.

La pièce maîtresse de l'exposition est sans contredit l'impressionnante statue de plâtre de Louis Cyr qui a servi à la confection de celle en bronze installée dans le Parc des Hommes forts à Montréal.

Le sujet de l'expo est large et les concepteurs ont tenu à l'inscrire dans sa dimension historique.

«On a voulu partir le tout de l'époque de la colonie parce que le contexte historique a beaucoup joué dans le développement du phénomène, explique Dominique Ouellet, chargé de projet. C'est d'ailleurs un phénomène essentiellement nordique et on constate qu'au Québec, il y a un nombre proportionnellement très élevé d'hommes forts en comparaison avec d'autres endroits dans le monde. On devine que l'environnement l'a favorisé.»

«Le phénomène tient en partie du folklore et le cas de Jos Montferrand en témoigne très bien: ses exploits ont été passablement amplifiés par les récits oraux. Quand on dit qu'il aurait battu à lui seul 150 Irlandais, sur le pont Union, à Hull, ça paraît pas mal exagéré. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on a favorisé l'art naïf dans plusieurs représentations des hommes forts d'antan parce qu'il témoigne très souvent de ce phénomène de façon excessive. Ça nous montre à quel point il est imbriqué dans la culture populaire.»

On remarque aussi plusieurs sculptures d'Alfred Laliberté, notamment, qui viennent illustrer la rigueur des travaux des champs.

Bien que l'intérêt pour les hommes forts soit plus souvent masculin, Geneviève Larouche est convaincue que c'est une exposition qui s'adresse à tous. Elle sera en montre jusqu'au 11 septembre 2016.

francois.houde@lenouvelliste.qc.ca

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