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Traverser le pays pour honorer le Festival international Danse Encore

Jean Grand-Maître, directeur artistique de l'Alberta Ballet, participera...

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Jean Grand-Maître, directeur artistique de l'Alberta Ballet, participera cette semaine au Festival international Danse Encore en compagnie de cinq de ses premiers danseurs.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jean Grand-Maître se rappelle vaguement le festival de danse auquel il avait participé à Trois-Rivières il y a une vingtaine d'années, à l'époque où il évoluait au sein du Ballet Eddy Toussaint de Montréal. Tellement de pas ont été effectués depuis, lui qui a cumulé les expériences à titre d'interprète et de chorégraphe, jusqu'à devenir le directeur artistique de la compagnie Alberta Ballet, où il s'est déposé il y a douze ans.

Il lui tarde aujourd'hui de découvrir ce qu'est devenu le Festival international de Danse Encore qu'il a suivi un peu de loin. «Je sais qu'ils ont fait un travail remarquable et qu'ils accueillent des compagnies de renom. Je suis bien heureux de traverser le pays pour y assister.» L'homme fera le voyage cette semaine avec cinq de ses premiers danseurs, qui livreront un numéro particulier à l'occasion du gala des vendredi et samedi soirs à la salle J.-Antonio-Thompson.

Originaire de Gatineau, Jean Grand-Maître a été formé à l'École supérieure de danse du Québec (aujourd'hui École supérieure de ballet contemporain de Montréal) et a évolué plusieurs années à Montréal avant de prendre le large au moment où la danse moderne a envahi les planches, bousculant le monde du ballet classique. «Je travaillais surtout sur pointe et on ne retrouvait plus beaucoup mon genre esthétique à Montréal», dit-il. La situation l'a amené à s'expatrier, ce qui est devenu une belle et grande aventure, réalise-t-il avec le recul.

Au sein d'une petite équipe de six concepteurs de Montréal, Jean Grand-Maître a travaillé auprès de diverses compagnies indépendantes à la Scala de Milan et à l'Opéra de Paris, à Munich comme en Norvège. Avec eux, il a vécu dans divers pays et y a travaillé beaucoup, jusqu'à trop, jusqu'à cet épuisement du début des années 2000 qui l'a incité à accepter la direction artistique de l'Alberta Ballet, un poste qui lui permettait du coup de passer d'une vie de nomade à sédentaire. «Je me suis acheté des plantes, je suis allé me chercher un chien et je me suis trouvé un chum», rigole-t-il.

L'Alberta Ballet lui a permis de se recentrer sur son art. «Un scientifique a besoin de son laboratoire», image-t-il. «À force de voyager, on en perd un peu son identité. Il vient un moment où on a besoin de s'ancrer pour voir son évolution.»

Vivre en Alberta a par ailleurs plusieurs charmes, dit-il, d'autant plus aujourd'hui qu'un gouvernement néo-démocrate vient de remplacer les Conservateurs des 44 dernières années. «L'Alberta est en grande transformation et a changé beaucoup depuis 12 ans. Ça me fait penser au Québec après l'Expo de 1967. Plusieurs personnes arrivent du Québec ou de Londres. Les gens développent leur goût pour la culture et en danse, tout est possible», dit-il. «Les gens sont ouverts et on peut y programmer de tout, du Lac des Cygnes jusqu'à Marie Chouinard.»

L'homme se réjouit particulièrement de la place qu'y occupe l'Alberta Ballet, devenue deuxième compagnie en importance au Canada après le Ballet National du Canada, dit-il. Avec cette compagnie, il a notamment travaillé en collaboration avec Joni Mitchell, Elton John, K.D. Lang et Sarah McLachlan, entre autres. «Je sais, je suis l'homme le plus chanceux au monde», ajoute-t-il du même souffle. Et il y a de la relève. «Nous avons en Alberta le plus grand nombre d'écoles de danse per capita au Canada», souligne-t-il. «On change l'image des cow-boys et des pétroliers...»

À Trois-Rivières, en plus des prestations de sa compagnie aux deux soirées de galas, il prendra plaisir à y dispenser des classes de maître et à se faire membre de différents jurys, le type d'activités qu'il apprécie davantage avec les années. Il était à l'aube de la trentaine lorsqu'il a troqué ses souliers de ballet pour le chapeau du chorégraphe, puis à l'approche de la quarantaine quand il est devenu directeur artistique, un rôle qu'il chérit désormais. «Quand tu es chorégraphe, tu as besoin d'être nourri constamment alors que quand tu diriges, c'est le contraire. C'est toi qui dois donner, qui dois inspirer», explique-t-il, «et je m'aperçois aujourd'hui que c'est en donnant qu'on s'enrichit dans la vie.»

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