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Conservatoire de Trois-Rivières: l'année de tous les possibles

La directrice du Conservatoire de musique de Trois-Rivières... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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La directrice du Conservatoire de musique de Trois-Rivières Johanne Pothier.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Linda Corbo
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Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) En allant récolter le Grand prix de la culture Le Nouvelliste mercredi soir à la cérémonie des Grands Prix culturels, la directrice du Conservatoire de Trois-Rivières, Johanne Pothier refermait la boucle sur une année déterminante pour son institution et très dense en émotions pour tous ceux qui l'ont à coeur. Or, ils sont nombreux, a-t-on pu constater depuis le 11 septembre 2014. Ce jour-là, on peut dire que l'histoire du conservatoire trifluvien a pris une tournure inattendue.

Le 11 septembre 2014, devant les médias régionaux, Johanne Pothier devait annoncer une longue liste d'activités visant à célébrer le 50e anniversaire du conservatoire trifluvien avec, en principe, le coeur à la fête. Or en réalité, la dame savait que dans les plans de restructuration du réseau des conservatoires, on s'orientait plutôt vers la fermeture des établissements régionaux. «Depuis le printemps, on savait que c'est ce qui se dessinait et, pendant l'été, ça s'était confirmé», dit-elle.

Au moment de la conférence de presse, le dépôt du rapport scellant le sort des conservatoires régionaux était imminent. «En dedans de moi, je croyais que c'était ma dernière année, mon dernier lancement et la rumeur était tellement forte que je savais que les journalistes étaient au courant.» Pour tenter d'éluder le sujet, la directrice a donc pris le parti d'ouvrir la conférence de presse en l'abordant de front, croyant éviter toutes le questions de fin de conférence. «Je voulais clairer'' le sujet, mais ça n'a pas marché», relate-t-elle.

À sa suite, l'enseignant Raymond Perrin a fait une sortie bien sentie sur la mort imminente de l'institution, suivi par l'autre professeur Gilles Bellemare, laissant la directrice tenter de poursuivre la conférence avec un sanglot dans la voix. Évidemment, en fin de conférence, les questions visaient l'avenir de l'institution. «Quand je suis sortie de cette conférence, je savais.» Elle a avisé la direction générale, a raconté les événements «et je leur ai dit: préparez-vous.»

On connaît la suite. À répétition, la ministre Hélène David s'est faite interpeller sur le sujet. «Le pire, c'est qu'elle n'avait même pas pris connaissance du rapport encore!» La secousse médiatique n'en a pas moins hâté un peu le processus. À Trois-Rivières comme dans d'autres villes, les mobilisations ont été initiées, ont pris de l'ampleur et l'indignation s'est propagée au sein de la population.

Lors du passage de la ministre Hélène David au conservatoire trifluvien, les élèves l'ont accueillie avec de la musique. Ce fut une rencontre importante et sympathique, raconte Mme Pothier. «Elle nous a posé plein de questions pertinentes et, dès ce moment-là, on a commencé à sentir qu'il se passait quelque chose.»

Dehors, les manifestations ont continué, dont l'une organisée par les élèves et les professeurs sur la colline parlementaire, puis cette autre dans le foyer de la salle J.-Antonio-Thompson.

Appuis des dirigeants de la Ville, appuis des nombreuses autres écoles et toutes ces lettres ouvertes issues des anciens du Conservatoire, du coeur des Jacques Lacombe de ce monde. Johanne Pothier a constaté le tout avec une certaine stupéfaction. Pendant toutes ces années où elle tentait de rapprocher le Conservatoire de Trois-Rivières de la population, elle observait que le lien avait bel et bien été créé.

«Jamais je n'aurais pensé qu'on aurait eu autant d'appuis et ce constat, ça m'a fait bien plus pleurer encore», sourit-elle aujourd'hui. «L'appui qu'on recevait, ce n'était pas un appui du bout des lèvres. Ç'a été un puissant cri.»

La ministre Hélène David a réagi, a effectué la tournée de tous les conservatoires et a réorganisé le tout pour maintenir les institutions dans leurs villes, quitte à en revoir certaines structures.

«Il y a eu des coupures de personnel. On n'est pas en train de se dire que ce sont des années faciles, mais quand tu fais des sacrifices pour une bonne cause, c'est différent. Actuellement, on ne travaille pas pour la survie du Conservatoire. On travaille pour sa renaissance», fait valoir la directrice. «Le plus beau cadeau du 50e anniversaire du Conservatoire de Trois-Rivières, ça a été ce cri d'amour et cette ministre David.»

À travers les festivités du 50e anniversaire de l'institution trifluvienne, l'année 2014-2015 en aura été une de grande intensité. «Ça a été une année de relance, de consultation, de très grande écoute et de reprise de confiance», en retient Johanne Pothier.

«Le 50e anniversaire était bien mal parti mais, finalement, les choses ont viré. Quand on regarde cette année, on a l'impression d'en avoir vécu plusieurs. On en ressort un peu à bout de souffle, mais contents de l'être. En septembre dernier, j'étais persuadée que c'était ma dernière rentrée. Aujourd'hui, on prépare la prochaine et on a plein de projets. C'est extraordinaire.»

Ouvrir le Conservatoire aux artistes de divers horizons

Dans son nouvel élan, le Conservatoire de Trois-Rivières pourrait s'ouvrir davantage aux divers artistes du milieu. C'est du moins le souhait que formule la directrice Johanne Pothier, qui songe présentement un plan de restructuration qui permettrait d'aménager une salle de répétition au deuxième étage de la bâtisse. Le tout pourrait libérer ainsi la salle de concert Armando-Santiago du rez-de-chaussée et la rendre disponible en location à des artistes de tous les horizons musicaux.

Aucun budget n'a encore été accordé pour concrétiser le tout et le projet en est à un stade exploratoire, mais cette orientation permettrait d'ouvrir encore davantage le Conservatoire de musique trifluvien à la population. «La salle de concert pourrait être louée à des artistes de la relève de tous les genres, à des groupes qui veulent ''casser'' des shows», note la directrice.

Pour le moment, on est encore à jauger les coûts qui seraient engendrés pour y parvenir. «Les rénovations ont déjà été discutées et la volonté de rationaliser le locaux pour en faire profiter le milieu artistique est là. On aimerait bien que les activités du centre-ville s'en viennent jusqu'ici, qu'on se sente inclus dans le parcours des arts et que le Conservatoire fasse vraiment partie des équipements culturels de la ville. Pour un deuxième 50e du Conservatoire, ce serait un beau chemin à prendre», sourit-ell.

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