Clôture de saison sur une note parfaite à l'OSTR

L'orchestre symphonique de Trois-Rivières a conclu sa 37e... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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L'orchestre symphonique de Trois-Rivières a conclu sa 37e saison dimanche en présentant la Symphonie no 3 de Saint-Saëns, le Gloria de Poulenc et l'orchestration de quatre préludes de François Dompierre.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Autant le concert d'ouverture de la 37e saison de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières s'était-il rendu mémorable par l'émouvante performance du baryton Étienne Dupuis dans des orchestrations de chansons de Félix Leclerc, autant le concert de clôture de cette saison, dimanche après-midi, a ébloui par la maîtrise de leur art du chef Jacques Lacombe, des musiciens de son orchestre et de l'organiste Raymond Perrin.

Ce rendez-vous était attendu avec curiosité, intérêt et un léger scepticisme assorti d'un dubitatif «Vraiment?». L'orchestre allait-il vraiment jouer la Symphonie no 3 «avec orgue» de Saint-Saëns sur la scène de la salle J.-Antonio-Thompson pendant que Raymond Perrin assurerait simultanément les parties d'orgue sur l'instrument de la cathédrale, de l'autre côté de la rue, le tout grâce à un système de transmission déployé par une équipe de Radio-Canada? Oui. Le chef, ses musiciens et Raymond Perrin ont relevé le défi avec brio.

Raymond Perrin avait déjà eu plusieurs occasions d'impressionner le public de l'orchestre au fil des années, que ce soit comme chef du choeur de l'OSTR ou comme musicien virevoltant sans faille entre le clavecin et l'orgue pendant une interprétation du Messie de Haendel. Dimanche, il a démontré à quel point il possède non seulement son instrument, mais la musique en général. Comme il l'a confié avant le concert, ce n'est pas la virtuosité de la symphonie qui demandait le plus d'effort; c'est la faculté de concentration qui était la plus sollicitée dans l'exploit à réaliser.

En raison des contraintes techniques inhérentes à la transmission, l'organiste devait composer avec un délai de deux secondes entre ce qu'il entendait dans ses écouteurs et ce qu'il jouait. «Le défi est de garder une concentration maximale. Je me sens comme un funambule!», comparait-il avant d'aller s'installer à l'orgue. En fait, Raymond Perrin entendait le son qu'il produisait sur le moment, tout en entendant aussi le son de l'orchestre et celui des notes qu'il avait lui-même jouées deux secondes auparavant... Le chef et l'orchestre devaient évidemment faire leur part pour assurer le synchronisme, et on peut parler ici d'un succès.

Les spectateurs pouvaient voir Raymond Perrin sur des écrans de chaque côté de la scène lorsqu'il jouait. Dans les moments de silence de l'orgue, les écrans diffusaient des images de la cathédrale ou de Jacques Lacombe filmé de face en train de diriger (une perspective rarement dévoilée au public).

La magnifique symphonie de Saint-Saëns a été mise en valeur très élégamment, même au-delà des considérations techniques qui rendaient son interprétation potentiellement périlleuse, ou qui auraient pu déconcentrer les spectateurs. Parmi les initiatives plus audacieuses ou les projets moins conventionnels mis de l'avant par l'OSTR, l'idée de livrer cette symphonie dans ces conditions entre dans les bons coups.

La deuxième partie du concert s'est ouverte sur la création des Quatre préludes, version symphonique, de François Dompierre. Le compositeur avait conçu 24 préludes pour le pianiste Alain Lefèvre, qui les a livrés au Festival de Lanaudière et enregistrés en 2012. François Dompierre a orchestré quatre de ces préludes, auxquels les musiciens de l'OSTR ont fait honneur hier, devant le compositeur. On peut souligner une fois de plus les talents de François Dompierre, qui a écrit pour le cinéma mais aussi pour des artistes comme Louise Forestier, Claude Gauthier, Pauline Julien et Félix Leclerc.

Les quatre préludes offerts hier démontrent que sa musique est vivante, mélodique et rythmée. Ses orchestrations sont toujours raffinées et exploitent avec agilité les subtilités et les forces de chaque famille d'instruments.

Comme dernière pièce du dernier programme de la saison, Jacques Lacombe avait choisi le Gloria de Francis Poulenc, composé en 1961. Le choeur de l'OSTR (dirigé par Raymond Perrin et dans lequel il chantait aussi) a très bien rendu les particularités de cette oeuvre aux confluents du sacré plus traditionnel et de la modernité. La soprano Geneviève Lenoir s'est aussi révélée une invitée de qualité. La saison se concluait donc d'une très belle façon, en promettant le meilleur pour la prochaine, qui sera inaugurée le 19 septembre.

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