Ariane Moffatt: une artiste profondément inspirée

Le plus souvent derrière son clavier pour présenter... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Le plus souvent derrière son clavier pour présenter les chansons planantes et oniriques de son dernier album, Ariane Moffatt a livré une prestation inspirée samedi soir, au Centre des arts de Shawinigan.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Shawinigan) On la savait multi-instrumentiste et son dernier album, sorti en mars, fait ressortir la dualité de son être en solide équilibre entre la mère et l'artiste. Ariane Moffatt a su habilement explorer les émotions qui l'habitent dans un remarquable spectacle présenté samedi soir au Centre des arts de Shawinigan.

La maman de jumeaux a touché avec une égale intensité à la douceur, à l'énergie débordante, au dénuement comme à la complexité en 90 minutes d'un voyage magnifiquement planifié pour environ 300 spectateurs bichonnés.

Elle a laissé au duo Milk and Bone le soin des préliminaires, réalisés avec passablement de tact. Les deux jeunes femmes (Camille Péloquin et Laurence Lafond-Beaulne) ont étonné avec les arrangements singuliers de leurs ballades dont les extraordinaires harmonies vocales surfaient sur une électronique habitée par les vagues de la mer. Charmant.

Ariane Moffatt et ses trois complices ont profité de l'onde pour introduire la pop onirique de l'album 22h22, le petit dernier et le cinquième en carrière de la chanteuse. Ne comptant que sur une batterie électronique, une basse, un clavier et un piano, Madame Moffatt a su recréer avec beaucoup de justesse dès le départ l'atmosphère planant de l'album avec la chanson qui lui donne son titre. Une différence notable: la performance sur scène donne une dose supplémentaire d'humanité aux chansons. La voix d'Ariane Moffatt prenait sur scène plus de place que sur l'album et conférait une vibration, une chaleur à ses oeuvres qui, à elle seule, justifiait la nécessité de l'entendre en direct.

Accompagnée par Laurence Lafond-Beaulne au clavier, Étienne Dupuis-Cloutier à la batterie et Jonathan Dauphinais à la basse, la chanteuse a su faire de chaque chanson un tableau unique tant par l'interprétation que par l'enrobage scénique particulièrement efficace. Probablement jamais autant que dans la très prenante Les tireurs fous où les éclairs de lumière blanche frappaient le rouge de la scène comme autant de détonations. Tout 22h22 sur scène traduit le perfectionnisme hors du commun de sa vedette.

Elle aurait pu se contenter de jeter de la poudre aux yeux en touchant à tout: piano, clavier, batterie, guitare. Elle a attaqué chacun avec une profonde conviction et trouvé comment donner son caractère propre à chaque chanson, peu importe l'instrument de prédilection.

Évidemment, le spectacle est l'enfant de l'album et elle en a défilé presque tous les titres du plus planant au plus rythmé, dans un très solide crescendo d'énergie qui a culminé avec Debout et Miami, les deux titres les plus pop de l'album livrés devant un public debout et manifestement conquis.

Pour en arriver là, Ariane Moffatt a pris quelques détours jamais superflus. Sa prestation continue de 90 minutes a eu ses moments de douceur et de dénuement le temps de présenter la «vieille» Poussière d'ange et Les deux cheminées avec piano seul. Nullement intimidée par ce soudain et impudique dépouillement, la chanteuse a laissé son coeur prendre sa voix pour un segment touchant et précieux.

Pas tellement plus intense, cependant, que ses deux chansons présentées en rappel (Je rentre à Montréal et Point de mire) avec une simple guitare sèche pour un contact très étroit avec le public qui contrastait avec plusieurs interprétations des chansons du nouvel album, pourtant très réussies, où chaque musicien semblait enfermé dans sa bulle.

Ariane Moffatt a arpenté plusieurs terrains, joué plusieurs instruments, visité plusieurs étapes de sa carrière et fait de tout ça un spectacle exceptionnel par son indiscutable talent. Derrière toute la sophistication instrumentale, la structure impeccable du spectacle, l'atmosphère qu'elle est arrivée à créer, on sentait constamment, derrière chaque chanson, le don inné de l'artiste, l'inspiration et la passion qui l'animent. Du bien beau travail. Elle sera au Théâtre du cégep de Trois-Rivières le 14 novembre prochain.

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