Yoan Garneau: talent, charisme et manque d'assurance

Yoan Garneau a présenté son premier spectacle samedi... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Yoan Garneau a présenté son premier spectacle samedi soir au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières, où il reviendra en supplémentaire le 26 septembre prochain.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) À quelques sièges près, la salle du Théâtre du Cégep de Trois-Rivières était remplie à pleine capacité samedi soir pour assister au premier spectacle de Yoan Garneau. Un public formé majoritairement de spectateurs de 50 ans et plus, des gens enthousiastes et généreux, qualités parfaites pour recevoir le jeune homme qui en était ce soir-là aux premiers balbutiements de sa tournée.

Avant Trois-Rivières, le grand vainqueur de La voix 2014 n'avait donné son spectacle qu'à Mont-Laurier, tout près de Ferme-Neuve, son patelin, en terrain connu donc. Trois-Rivières devenait du coup un tout autre genre de test.

Avec son propre matériel et ses choix de pièces les plus personnelles, il veut désormais se faire connaître sous toutes ses identités, confiait-il en début de soirée samedi, et c'est exactement ce qui s'est produit.

Le public trifluvien y a découvert un jeune homme au talent indéniable, à la voix plus maîtrisée et dans un registre pas mal plus confortable que ce dont on avait témoigné à certains moments de La Voix. Les spectateurs se sont retrouvés devant un artiste au charisme assez relevé merci et doté d'un potentiel suffisamment convaincant pour nous donner l'impression d'assister aux débuts d'une carrière qui a toutes les chances de devenir internationale.

Cela dit, le public trifluvien a aussi témoigné de quelques autres facettes. Avec son jeune âge, Yoan manque d'expérience et d'assurance sur scène. Autant ses interventions sont charmantes et son humour pince-sans-rire crée son effet, autant on sent que l'artiste doit parfois se faire violence pour sortir de sa grande réserve.

Sur scène samedi soir, son regard se faisait d'ailleurs fuyant en début de soirée, cherchant souvent l'appui ou l'approbation de son guitariste Rick Haworth, celui-là même qui a réalisé son album et que Yoan a rebaptisé affectueusement le «chaman» du groupe.

C'est donc avec Haworth à la guitare électrique, Andréanne Alain aux claviers, Adam Lalonde à la batterie et Maxime Alarie à la basse que Yoan Garneau défile les douze pièces de son premier album et sept autres interprétations aussi diverses que réjouissantes.

Le tout forme un spectacle qui permet de découvrir plus en profondeur ses compositions et de cerner davantage ses propres goûts en matière musicale. Il en résulte une soirée à la fois folk, blues et country, un trio de choix qui trouve toute sa force dans le registre unique et riche de sa voix.

En guise d'entrée en matière, Yoan se fait souriant et retenu sur Gonna Fall in Love With You; il se montre un brin nostalgique sur My Way Home et se révèle tout en douceur sur la chanson One Day, superbe et bien sentie.

Le jeune artiste se livre en profondeur sur la pièce Goodbye mother, qu'il a écrite en pensant à un ami parti servir l'armée en Bosnie, et il se montre particulièrement touchant sur les cordes sensibles de cette autre chanson composée en pensant à sa grand-mère qui, aux lendemains du décès de son mari, n'avait qu'envie de le rejoindre. La pièce s'intitule Together Soon et elle est magnifique.

Il secoue l'ambiance avec Travelin' Band, heureux choix tiré du répertoire de CCR; épouse brillamment l'univers de Pagliaro sur l'énergique Dans la peau; adopteavec une aisance inouïe Folsom Prison de Johnny Cash et créé un superbe moment lorsque,seul avec Rick Haworth et leurs deux guitares, il reprend Get Back, des Beatles.

Indéniablement, ce sont toutefois ses propres succès qui suscitent le plus d'enthousiasme de la part du public. On chante avec lui instantanément et on tape des mains sur T'aimer trop, chanson avec laquelle il a remporté la finale de La voix, et on répète le tout sur J'entends siffler le train, de Hedy West, qu'il fait sans Isabelle Boulay cette fois, mais avec quelques centaines d'autres voix.

Les dix-neuf pièces à son menu de soirée se sont succédé très rapidement samedi soir, si bien qu'après 30 minutes de spectacle, le public a été surpris de se retrouver déjà à l'entracte, et qu'après 50 autres minutes suivant la pause, on saluait déjà son deuxième rappel.

Sur scène, Yoan Garneau semble encore ne pas comprendre par quel heureux hasard du destin il se retrouve là, à vivre son rêve en direct.

«C'est un privilège que vous me faites de m'accueillir si chaleureusement. C'est spécial de voir que les gens se déplacent pour venir me voir», observe-t-il.

L'artiste sera de retour en supplémentaire au Théâtre du Cégep le 26 septembre. Avec une série d'autres représentations derrière la cravate, parions qu'il nous reviendra encore plus aguerri.

Lorsqu'il ajoutera l'assurance à sa performance et qu'il s'appropriera réellement son espace scénique, il sera redoutable d'efficacité.

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