L'essence même de la culture

Bryan Perro... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Bryan Perro

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) En choisissant Bryan Perro comme porte-parole de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur qui a lieu ce jeudi, les organisateurs ont eu du flair puisque c'est à titre de libraire, d'éditeur et d'auteur que le Shawiniganais est touché par cet événement annuel.

Il ne sait d'ailleurs pas laquelle de ces activités prend le pas sur les autres dans son mandat de porte-étendard. «Plus j'y pense et plus je trouve que les trois volets sont également concernés, soutenait-il depuis Montréal hier où il était emporté dans un tourbillon d'activités. J'ai une relation intime avec le livre parce que j'en écris, j'en vends, j'en publie mais surtout, parce que j'y crois. Pour moi, le livre est le premier véhicule de l'identité culturelle d'une nation et ses auteurs en sont les phares.»

«Un auteur te raconte son monde, t'offre sa vision, son expérience de la vie et c'est ça qui le différencie de tous les autres. Tu n'as pas la même vision du monde si tu vis dans le désert que si tu vis dans les Alpes. Tu n'as pas la même culture ni la même façon de concevoir l'univers, de l'interpréter et de le raconter. Raconter le monde, c'est ce que font les auteurs et c'est l'essence même de la culture.»

Le livre, pour fondamental qu'il peut être, n'en est pas moins confronté à ses problèmes propres et un événement comme la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur est là pour contribuer à son essor. De quoi le livre a-t-il donc besoin aujourd'hui?

«Il a simplement besoin qu'on en parle, répond le porte-parole de l'événement. Il faut répéter que le livre est important, que les auteurs sont importants et que les droits d'auteur sont importants pour leur permettre de vivre. Dire aussi que ces créateurs-là sont l'ADN de notre culture. On a des fêtes inscrites dans notre calendrier à chaque année comme Noël ou l'Halloween; pourquoi ne pas fêter le livre aussi, lui donner une place dans le calendrier à chaque année pour le célébrer?»

Cette fête existe déjà dans les faits avec plus de 300 activités organisées à travers la province, incluant des événements et des concours et dont on peut avoir la nomenclature au www.jmlda.qc.ca.

«Il importe qu'on continue à en écrire, à en produire, à en lire et ainsi créer des carrières d'écrivains, martèle Perro. Je ne fais d'ailleurs pas de distinction entre le livre numérique ou le livre papier à ce titre.»

Le libraire en lui, constate que le livre papier continue de bien se vendre et que le livre numérique monte un peu mais n'a pas, du moins dans sa librairie à Shawinigan, une bien grosse part de marché avec à peu près 4 % des livres vendus.

«Le livre papier a encore énormément la cote et les deux genres vivent bien ensemble. L'important, c'est de vendre des livres et de parler des histoires qu'ils racontent, quel que soit le format. Le milieu du livre est comme le Canadien de Montréal: on a des années meilleures que d'autres mais somme toute, on est une équipe gagnante.»

S'il croit au livre et aux histoires qu'il véhicule, Bryan Perro se refuse à prédire quel sera son avenir. Il croit quand même que peu importe la plate-forme, les histoires vont survivre.

«Il faut se raconter des histoires, partager, c'est fondamental dans notre vécu d'humains. La lecture est la forme la plus fine de la télépathie grâce à laquelle on peut entrer dans la tête de n'importe quel auteur, quelle que soit l'époque à laquelle il a vécu. On aura toujours besoin de ça.»

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