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Pour le Musée québécois de culture populaire, le dossier demeure clos

Le directeur général du Musée québécois de culture... (Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste)

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Le directeur général du Musée québécois de culture populaire Yvon Noël.

Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Même si l'Université du Québec à Trois-Rivières affirme que les discussions se poursuivent avec la veuve de Robert-Lionel Séguin pour modifier le contrat d'acquisition de la collection du même nom, conservée et gérée par le Musée québécois de culture populaire depuis 1991, la direction actuelle du musée maintient de son côté que le dossier est clos et que l'UQTR a jusqu'au 30 juin pour reprendre les 22 000 artefacts entreposés dans sa réserve.

Le directeur du musée Yvon Noël rappelle que, las d'une décennie de vaines tentatives pour s'entendre avec l'UQTR, le musée avait indiqué qu'il n'assumerait plus le soin de la collection à compter du 31 mars 2015. L'université avait auparavant proposé de la céder au musée pour la somme symbolique de 1 $, mais sans offrir un sou de la compensation monétaire réclamée par le musée pour les frais liés à sa garde.

Le musée doit déménager sa réserve d'ici 2021, puisque l'édifice dans lequel elle loge, sur le boulevard des Forges, sera rétrocédé à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. L'institution doit donc tenir compte des coûts liés au déménagement de sa propre collection (quelque 60 000 objets) mais aussi des 22 000 artefacts de la collection Robert-Lionel-Séguin. Ces items ne se déménagent pas à la bonne franquette, emballés dans du papier journal... «Un tel déménagement demande beaucoup d'argent», insiste Yvon Noël.

La réserve devant être relocalisée, le choix de son emplacement et de sa superficie sera par ailleurs influencé par la variable de la gestion ou non de la collection Robert-Lionel-Séguin (et des autres collections dites «complémentaires» appartenant à l'UQTR).

Yvon Noël soutient que depuis l'échéance d'une entente formelle entre les deux parties, en 2003, ses prédécesseurs et lui ont multiplié les approches auprès de l'université dans une démarche de collaboration et en toute bonne foi. Il déplore le fait que les démarches n'aient pas porté leurs fruits.

«On nous répète le même discours depuis le début: Si on n'avait pas été là, vous ne seriez pas là". Mais pour nous, ça ne change rien», indique M. Noël en faisant référence à l'argument répété par l'UQTR selon lequel le budget initial de création du Musée des arts et traditions populaires était lié à la mise en valeur de la collection Robert-Lionel-Séguin. «Nous aussi, on répète le même discours: Si vous refusez d'offrir une compensation financière, nous ne serons plus responsables de la collection».»

En ce qui concerne le montant de 65 000 $ remis annuellement à la veuve du collectionneur Huguette Servant depuis 1983, l'hypothétique cession de la collection n'aurait pas obligé le musée à perpétuer le paiement. «C'est un contrat entre l'UQTR et Mme Servant», rappelle M. Noël. Par contre, si le musée avait acquis la collection, sa direction aurait dû discuter avec Mme Servant des clauses d'aliénation du premier contrat, qui garantissaient le maintien de son intégralité.

«La collection, on la connaît pas mal plus que l'UQTR. Il y a là-dedans des bouts de métal ou encore des chaudières pleines de fers à cheval, par exemple... Dans l'idée qu'on prendrait la collection, on voulait pouvoir l'élaguer de façon judicieuse», explique M. Noël, qui ajoute que des travaux d'environ 100 000 $ seraient nécessaires pour l'entretien des bâtiments de la collections sis sur le terrain du musée.

«C'est une décision d'affaires. C'est une lourde responsabilité. De façon réaliste, si on prend cette collection, on se met dans le trouble. Notre survie est en jeu. Mais en tant que muséologues et gens d'histoire et de patrimoine, nous sommes déboussolés et très tristes de cette conclusion», partage Yvon Noël.

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