Le retour de Louis Caron

Le premier tome de la trilogie Le Temps... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Le premier tome de la trilogie Le Temps des bâtisseurs, sera lancé aujourd'hui-même à Montréal sous le titre Le Visionnaire. Ce nouveau bouquin signé Louis Caron est en librairie depuis lundi.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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Linda Corbo
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Le Nouvelliste

Après dix années d'absence de la scène littéraire, l'écrivain Louis Caron est de retour avec une proposition substantielle, une trilogie romanesque historique intitulée Le Temps des bâtisseurs qu'il consacrera au destin d'une lignée d'architectes inspirée de son propre arbre généalogique, qui regroupe sept architectes. Le premier tome Le Visionnaire est lancé ce mercredi à Montréal à la maison d'édition française L'Archipel/Édipresse, qui prévoit aussi la sortie du bouquin en France prochainement.

C'est avec cette oeuvre que Louis Caron a retrouvé l'inspiration ces derniers temps, tout en se libérant d'un projet qui le hantait. Voilà près de 25 ans qu'il pensait à visiter la saga de ses ancêtres, sans trouver d'issue à travers les mots. «Parce que je n'étais pas mûr. Ça me tourmentait trop», analyse-t-il aujourd'hui. «Je n'étais pas réconcilié avec le fait d'avoir cassé la chaîne et je n'étais pas assez dégagé de l'ombre que me faisaient mes ancêtres prestigieux.»

De son propre aveu, il n'avait pas le don des mathématiques nécessaire pour perpétuer le travail de ses ancêtres. «En 100 ans, les quatre principaux ont fait 111 églises, ils ont créé des collèges, des couvents, des hôpitaux, des presbytères, des palais de justice et des maisons prestigieuses, dont celle de Wilfrid Laurier à Arthabaska», défile-t-il. «C'était lourd, comme héritage. Et tout à coup, parce que j'avais eu la sagesse et la paresse de ne pas le faire tout de suite, je me suis réveillé mûr, à un moment donné. Je me suis assis, j'ai écrit et le livre est sorti tout habillé.»

Louis Caron s'est inspiré du cheminement de ses ancêtres, mais il a aussi recours à la fiction pour revêtir sa saga familiale d'un brillant vernis de romance afin de donner au lecteur le plaisir d'être entraîné dans un suspense dramatique. Avec son premier tome, il remonte le temps jusqu'en 1860 à L'Islet-sur-Mer, là où débute l'histoire de Frédéric, qui quittera sa terre québécoise. L'homme s'exilera en Illinois pour y fonder une communauté francophone, à l'image de l'arrièrre-arrière-grand-père de l'auteur, qui a fait ce trajet jusqu'aux États-Unis.

Le deuxième tome, qui paraîtra sous le sous-titre Le Prodige, sera consacré au fils aîné de ce dernier. Prénommé Frédéric lui aussi, ce personnage deviendra le grand architecte de la famille et devrait constituer le coeur de sa trilogie, estime Louis Caron. Quant au troisième tome, il se consacrera à un autre parent, soit Jean-Charles, dit l'Affranchi, qui incarnera le poète rêveur qu'a été son véritable cousin, un architecte bohème, dit Louis Caron.

Si la tendance se maintient, la suite de sa création devrait se dérouler dans le plaisir. «Le premier tome est sorti naturellement et ça m'a fait beaucoup de bien» rapporte l'auteur. «Ça faisait longtemps que la créativité n'avait pas été aussi spontanée.» Avec le recul, il réalise qu'au fil de la première décennie du nouveau millénaire, il s'était complètement éteint.

«Pendant quelques années, j'allais nulle part et je n'étais pas de bonne humeur à mon endroit», confie-t-il. «Ça me déconcerte d'être allé jusque- là et je n'y retournerai plus.»

En 2010, Louis Caron est allé refaire le point sur sa vie pendant une année complète en France, après quoi il est revenu s'installer pendant une année à Trois-Rivières, puis une autre année à Nicolet où il s'est affairé à rénover une ancienne maison, pour finalement retrouver sa quiétude dans un petit appartement qui lui convient davantage. Fin seul.

«Pour que j'arrive à écrire autant que j'en ai besoin et que j'accomplisse ce que je veux écrire avant de mourir, je dois retrouver une condition essentielle qui a présidé à tout ce que j'ai fait de beau jusqu'ici dans ma vie en écriture, et c'est la solitude», dit-il. «J'aime m'entendre penser en me déplaçant chez moi sans parler à quelqu'un.»

À 72 ans, Louis Caron a conscience du temps et veut faire bien les choses. Au cours des prochaines années, il prévoit écrire les deux autres tomes de cette trilogie.

À la demande de son éditeur, il travaille actuellement à refaire en un seul bouquin une autre trilogie qu'il avait déjà publiée dans les années 1990 sous le titre Les chemins du nord, après quoi il formule le voeu d'écrire le roman de sa vie. «Un livre un peu bref, un peu romanesque et un peu poétique », décrit-il.

«C'est un livre que je porte depuis 15 ans et qui sera comme un testament.»

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