Prise de conscience et émotions

La comédienne d'origine congolaise Rachel Mwanza était invitée... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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La comédienne d'origine congolaise Rachel Mwanza était invitée lundi, à rencontrer des élèves de l'école secondaire des Pionniers, de Trois-Rivières.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) L'actrice d'origine congolaise Rachel Mwanza était invitée à s'adresser à des élèves de quatrième et cinquième secondaire de l'école secondaire des Pionniers lundi matin. La jeune femme a raconté son incroyable vie, elle qui a été enfant de la rue avant d'être choisie pour jouer dans deux films dont Rebelle, du Québécois Kim Nguyen, qui lui a valu de participer à la cérémonie de remise des Oscars et de remporter plusieurs prix d'interprétation dont un très prestigieux Ours d'argent du Festival du film de Berlin.

Rachel Mwanza, aujourd'hui âgée de 18 ans, a d'abord relaté son parcours, elle qui, toute jeune, a été rejetée par sa famille sous prétexte qu'on la considérait comme une sorcière du seul fait que quelqu'un l'a surprise à parler durant son sommeil. Elle a alors connu la misère absolue dans les rues de Kinshasa, sans autre ressource que l'amitié d'une autre fille de la rue qui a partagé avec elle un toit et de la nourriture en échange de quelques services.

C'est par hasard que Rachel a été découverte par l'équipe de production d'un film belge, Kinshasa Kids et, plus tard, par celle du film Rebelle qui l'a guidée vers la gloire internationale. Aujourd'hui, la jeune femme habite le Québec, suit une scolarité de niveau secondaire et poursuit le rêve de gagner sa vie comme comédienne tout en aidant les enfants de la rue dans son pays.

Son message en est un d'espoir, de résilience, de confiance en la vie et en Dieu. Elle offre également un touchant plaidoyer en faveur de l'éducation.

Selon elle, une grande partie des immenses problèmes sociaux que connaît son pays d'origine tient à un manque d'éducation de la population. C'est, estime-t-elle, ce qui explique que sa grand-mère, qui en prenait soin, l'ait abandonnée, des gens lui ayant fait croire que sa petite-fille était une sorcière responsable des malheurs de sa famille. Pour une fillette, la rue, à Kinshasa, c'est la constante menace d'être battue, violée, volée, sans personne vers qui se tourner. «Vous devez rester à l'école, a-t-elle notamment imploré les élèves venus l'écouter, parce que c'est une chance extraordinaire que vous avez de recevoir une instruction.»

Les élèves de l'école des Pionniers, fascinés par l'histoire de la jeune femme qu'ils ont connue par le biais de Rebelle et de son livre autobiographique Survivre, lui ont posé de nombreuses questions. Le moment fort de cette rencontre a cependant été la très émouvante intervention de la jeune Anna Rashid Kanangwa, Congolaise qui fréquente l'école des Pionniers depuis environ trois mois, qui est venue raconter à un public captivé la terrible situation sociale dans son pays d'origine en proie à une guerre civile dévastatrice.

Les sanglots sont venus interrompre son récit avant qu'elle ne se jette dans les bras compatissants de l'invitée d'honneur de la journée, tout aussi émue. La jeune Trifluvienne fait partie d'une importante cohorte de réfugiés congolais qui fréquentent l'école secondaire des Pionniers au même titre que quelque 200 autres élèves d'origine étrangère représentant une quarantaine de nationalités différentes.

Cette rencontre se voulait le coup d'envoi du Festival des cultures qui vient, à chaque année, célébrer le caractère interculturel de l'école. Gérald Garceau, animateur à la vie spirituelle et à l'engagement communautaire, a présidé à l'organisation de cette rencontre.

«Les élèves ont abordé plusieurs thèmes dans leur cours d'éthique et culture religieuse mais on a laissé Rachel partager son histoire à sa façon, a-t-il commenté. Ce qui fait sa force, c'est la dimension spirituelle qui l'habite et c'était intéressant de voir de quelle belle façon elle l'a transmise aux élèves.»

«La réflexion qu'on a voulu provoquer, c'est sur l'ouverture au monde et à des réalités terribles que vivent des enfants un peu partout. Il y avait aussi un message sur l'importance de l'éducation; alors qu'au Québec, on la tient pour acquise, il faut parfois faire prendre conscience aux élèves de l'opportunité extraordinaire qui leur est offerte. En étant confrontés à une femme qui a tellement soif de cette éducation dont elle a été privée jeune, je pense que c'est un puissant incitatif à s'accomplir.»

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