Sale attente: une comédie originale et efficace

Rollande Lambert excelle dans le rôle de Mme... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Rollande Lambert excelle dans le rôle de Mme Ramo dans la comédie Sale attente, du Théâtre des Nouveaux Compagnons. On la voit ici en compagnie de Mario Baril et Robert Turcotte.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pour la deuxième production de la saison du Théâtre des Nouveaux Compagnons, la comédie Sale attente, la metteure en scène Annie Trudel a accumulé les bonnes idées. Premièrement avec le choix de la pièce, deuxièmement en confiant le rôle principal à Rollande Lambert et troisièmement en respectant les conventions du genre.

Annie Trudel a opté pour une pièce française de Franck Didier, créée au début des années 2000. L'action se déroule dans la salle d'attente du cabinet du dentiste Faustin. Une patiente affligée d'une rage de dents, Mme Ramo, se pointe avant l'ouverture du bureau dans l'espoir d'être soignée rapidement. L'assistante du dentiste lui indiquera que malheureusement, l'agenda est rempli et qu'à moins d'un désistement, elle ne pourra être vue.

Dame peu sympathique (un euphémisme), Mme Ramo tentera de provoquer le désistement de tous les patients qui se pointeront au cabinet, en profitant des moments où l'assistante quitte son bureau momentanément. Les manigances de la malcommode entraîneront une suite de situations cocasses et se retourneront finalement contre elle.

Annie Trudel raconte avoir ri en lisant cette pièce la première fois, en raison des situations et des jeux de mots, notamment. Elle avait raison. Il s'agit d'une comédie pure, sans prétention mais pas trop convenue non plus. Et le fait qu'elle ne soit pas connue ici lui confère une fraîcheur qu'on ne retrouve pas quand on nous présente des comédies archi-jouées.

Le texte est effectivement drôle et ne sombre pas dans la vulgarité. Annie Trudel, son assistante Nicole Dutil et les comédiens ont aussi fait le bon choix d'adapter le langage pour le québéciser, et le tout se révèle d'un naturel qui ne trahit pas l'origine française de la pièce. Le contexte de l'action, dans une salle d'attente de dentiste, fait aussi changement des classiques chassés-croisés amoureux clichés du style théâtre d'été avec amants cachés dans le placard.

Deuxième bonne idée de la metteure en scène: avoir offert le rôle de Mme Ramo à Rollande Lambert qui, à mon avis, est une des meilleures comédiennes de la région. Elle excelle autant dans la comédie que dans le drame, comme elle l'a démontré au fil des années dans ses collaborations avec autant le Théâtre des gens de la place que celui des Nouveaux Compagnons. Rollande Lambert est vraiment convaincante dans son personnage de chipie et on ne peut que saluer encore une fois son talent d'interprète et sa rigueur dans la mémorisation et la livraison des textes, toujours sans failles.

Une autre étoile peut être accordée à Myriam Lortie dans le rôle de l'assistante du dentiste, qui doit composer avec tous les personnages qui se présentent au cabinet. La jeune comédienne assure une présence toujours expressive et authentique. Dans un personnage un peu plus typé, Robert Turcotte offre également une performance qui se démarque, pour peu qu'on ne s'offusque pas de l'exploitation du stéréotype de l'homosexuel efféminé et exubérant. Dans le contexte, moi, je l'ai trouvé drôle.

La distribution est complétée par Serge Noël dans le rôle du docteur Faustin, Charles Simoneau dans celui du petit ami de l'assistante, Mario Baril comme conjoint du personnage de Robert Turcotte, ainsi qu'Yvon Parenteau, Nicole Poisson et Marina Dutil dans les rôles des autres patients.

Enfin, on peut féliciter Annie Trudel d'avoir privilégié le réalisme efficace dans les décors et les costumes. La salle d'attente a vraiment l'air d'une salle d'attente, et la qualité des éléments du décor la rendent crédible. Ce réalisme sied au type de la pièce, et il aurait été incongru d'expérimenter en plongeant dans le genre simplicité-volontaire-scénographique où, par exemple, les comédiens tous habillés pareil auraient joué sur des plate-formes sans décor... Parfois, la convention est le meilleur choix!

La pièce, dont la première a eu lieu jeudi, est présentée à la salle Anaïs-Allard-Rousseau les 16, 17 et 18 avril à 20h.

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