À la manière de Kevin Parent

Une soirée échevelée, drôle et sympathique samedi pour... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Une soirée échevelée, drôle et sympathique samedi pour Kevin Parent et le public de Shawinigan.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Pour renouer avec la scène, Kevin Parent a choisi de faire les choses en solo et à sa manière, c'est-à-dire en pleine liberté et en toute improvisation. Le pari est un peu risqué et doit certainement dépendre des humeurs de l'artiste et du public au fil des soirées, mais l'expérience s'est avérée joyeusement concluante à Shawinigan.

Au Centre des arts samedi, le rendez-vous s'est amorcé tranquillement, de manière un peu incertaine au départ, mais le plaisir s'est mis graduellement de la partie pour prendre le dessus, si bien que Kevin Parent a étiré passablement son menu de soirée. En quittant la salle à 23 h, après trois heures de spectacle, on pouvait avoir l'impression d'y avoir vécu une rencontre un peu spéciale, et généreusement arrosée d'humour.

La manière Kevin Parent, c'est la recherche de cette connexion. C'est un laisser-aller sans véritable structure, qui peut s'avérer échevelé par moments, mais qui laisse aussi place à la spontanéité des rencontres sympathiques. Ce genre de spectacles où les anecdotes apparaissent au gré des réflexions spontanées, où les fous rires peuvent se pointer, où les souhaits de la salle sont rapidement exaucés et où l'artiste demande lui-même des changements de son ou d'éclairage aux techniciens, histoire de provoquer un effet ici et là, selon ses goûts du moment.

Le genre de soirée où, entre deux chansons, sa chienne Cachemire peut apparaître sur scène à quelques reprises, puis en fin de soirée, l'air de se demander pourquoi diable on est encore là à l'heure où elle devrait dormir tranquille sur la banquette du camion.

Pour cette tournée, seul un batteur accompagne le chanteur, musicien qui possède de toute évidence une superbe capacité d'adaptation pour parvenir à épouser le «pacing» désordonné de la soirée, comprenant les demandes plus souvent qu'autrement sur un simple coup d'oeil. Il suscitera d'autant plus l'admiration quand on apprendra qu'il en était samedi à son deuxième show seulement, en remplacement du batteur Michel Roy.

C'est donc dans ce contexte particulier que Kevin Parent propose la majorité des chansons de son nouvel album Face à l'ouest, le tout entrecoupé de ses classiques, les Boomerang, Father on the Go, Fréquenter l'oubli, Maudite jalousie, Seigneur et compagnie.

À deux musiciens, ces chansons sont revisitées et servies par des arrangements moins touffus que les originaux, ce qui permet toutefois de céder beaucoup de place aux textes. Cela dit, même en formation réduite, le rock ne rate pas ses apparitions tout en puissance entre deux touches plus folk proposées sur des cordes plus sensibles. Du coup, les occasions sont belles de mesurer la dextérité du guitariste Kevin Parent. Sur scène, outre la batterie et les deux guitares, un piano à queue sera aussi utilisé parcimonieusement.

Pour ce spectacle, l'artiste se permettra également plusieurs incursions dans son répertoire anglophone, un matériel qu'il visite avec intensité et qu'il semblait habiter davantage que son répertoire francophone, samedi soir. Il en profitera pour préciser qu'après avoir hésité pendant 20 ans à proposer ses chansons anglophones aux Québécois, il s'est ravisé un peu depuis qu'à l'émission La Voix, on ne semble pas en vouloir aux jeunes artistes qui font de même, parfois d'ailleurs en écorchant joyeusement la prononciation, observe-t-il.

C'est toutefois en parlant de ses racines gaspésiennes et de son grand-père de 99 ans qu'il se fera le plus touchant, notamment par le récit des connaissances qu'il puise auprès de cet homme et qui compensent un peu l'école qu'il n'a pas fréquentée assez longtemps.

Mais samedi soir, c'est d'abord et avant tout le profil humoristique de Kevin Parent qui a été à l'avant-plan, un humour pince-sans-rire très présent tout au long de la soirée, l'artiste allant jusqu'à cabotiner allégrement avec efficacité.

En somme, les Shawiniganais ont eu droit samedi à une soirée sans flafla, assez pour se permettre de chanter avec l'artiste à sa demande, et même sans lui, pour le meilleur et pour le pire. Kevin Parent démontre que si on accepte que le tout ne soit pas réglé au quart de tour et d'y perdre un peu sur l'enrobage musical original des pièces, on peut y gagner considérablement en complicité.

D'ailleurs en fin de soirée, il soulignait la chose, s'étonnant de ne pas se souvenir d'un passage à Shawinigan, avant qu'on lui fasse remarquer qu'il s'y était déjà produit, mais du côté de Shawinigan-Sud, réflexion qui le laissera un peu songeur. «Ok... Et là on est où?»

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