Bryan Perro adapte Moby Dick pour le TNM

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Bryan Perro réalise, de son propre aveu, le plus grand défi de sa carrière avec l'adapatation pour le théâtre du grand classique Moby Dick.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Toujours à l'affût de nouveaux défis, Bryan Perro en réalise présentement un dont il rêvait depuis longtemps: c'est lui qui écrit l'adaptation au théâtre du grand classique de la littérature américaine Moby Dick qui sera présentée au Théâtre du Nouveau Monde pour l'ouverture de la saison 2015-2016. La mise en scène sera assurée par Dominic Champagne.

L'annonce officielle sera faite aujourd'hui même par la direction du théâtre lors d'une conférence de presse à Montréal. On devrait alors lever le voile sur l'ensemble de la programmation de la saison. La pièce fera sans doute aussi escale dans la région dans le cadre des traditionnelles tournées du TNM en novembre.

Il s'agit là, de son propre aveu, du plus gros défi en carrière du prolifique auteur d'Amos Daragon. Il avait entrepris le travail d'adaptation en 2010 à la demande de Pierre Rousseau, alors le directeur artistique du Théâtre Denise-Pelletier, qui l'avait contacté pour ce projet et avait mis Dominic Champagne sur le coup dans l'espoir de présenter la pièce en 2013. Pour toutes sortes de raisons, le projet n'a pas abouti mais Dominic Champagne l'a proposé au Théâtre du Nouveau Monde qui a sauté sur l'occasion.

«Pour moi, c'est carrément un fantasme que de faire cette adaptation, soutient Bryan Perro. C'est une somme énorme de travail et sans doute un des défis les plus exigeants de ma vie mais depuis deux ans que j'y travaille sérieusement avec Dominic, j'adore l'expérience. L'oeuvre de Herman Melville est dense, costaude, sans compter que c'est écrit dans une langue du XVIIIe siècle qui n'est pas toujours évidente. C'est très difficile de synthétiser pour éviter d'en faire une pièce de quatre heures. On doit faire des choix et ça nous oblige à prendre certaines libertés avec le texte original pour en conserver le sens.»

«Si je ne m'abuse, j'en suis à la douzième version du texte et avant d'avoir la version définitive, je m'attends à ce qu'on en ait une quinzaine. Notre plus grosse difficulté, c'est de trouver un équilibre global: avoir le bon nombre de personnages dans le bon nombre de scènes pour que ça ait la bonne durée. Il ne faut pas que ce soit trop bavard mais en même temps, c'est de la littérature. Et puis c'est une aventure en mer avec une énorme baleine: on avait le défi de trouver comment concevoir une énorme baleine au théâtre. C'est Dominic qui a trouvé la solution. Je n'en dis pas plus.»

«À plusieurs reprises au cours du processus, j'ai été bloqué: je n'avais pas de solution à certains problèmes. Je ne sais pas combien de fins différentes on a essayé et encore aujourd'hui, on n'est pas absolument certains d'avoir trouvé la bonne.»

Bosser aussi longtemps sur l'oeuvre a permis à Perro de lire énormément sur le sujet. Non seulement le roman lui-même mais bon nombre d'essais sur l'oeuvre sans compter un récit, Les naufragés de l'Essex, qui a inspiré Melville pour écrire Moby Dick. «Dominic est même allé à New Bedford pour visiter le Musée des baleiniers et s'assurer qu'on soit conformes à la réalité de l'époque. C'est dire qu'on y a consacré beaucoup de travail minutieux mais c'est aussi absolument passionnant.»

«C'est un nouveau défi pour moi, hors de mes paramètres habituels mais ça donne de nouvelles cordes à mon arc. Ça me fait travailler de façon différente parce que j'ai vraiment fait un travail de fond, ce que je ne fais pas nécessairement en adaptant Amos Daragon ou en travaillant pour la télé. Là, j'ai dû me plonger dans un univers dont je me suis complètement imprégné. Je ne ferais pas ça tout le temps parce que c'est lourd à porter pendant une aussi longue période mais ça a apporté de nouvelles dimensions intéressantes à mon travail.»

On connaît déjà certains des interprètes: Normand D'Amours sera le capitaine Achab, Sylvain Marcel sera Stubb, David Savard, Starbuck et Jean-François Casabonne, Queequeg. On sait aussi que la pièce mettra en scène des acrobates et des artistes de cirque. «On a eu cinq ou six lectures tout le monde ensemble, relate Bryan Perro, et je peux te dire que Normand D'Amours n'est pas bon, il est rien de moins que transcendant. Et les maquettes que j'ai vues pour les décors sont extraordinaires. C'est beau d'entendre les comédiens jouer leur texte et endosser pareil univers. Moi, ça m'émeut.»

La pièce devrait être présentée du 25 septembre jusqu'à la fin octobre à Montréal.

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