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Collection Robert-Lionel-Séguin: le Musée montre la porte à l'UQTR

Le directeur du Musée québécois de culture populaire... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Le directeur du Musée québécois de culture populaire Yvon Noël pose devant un marche-à-terre qui fait partie de la collection Robert-Lionel-Séguin, que le musée ne veut plus entretenir et gérer sans compensation financière.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après plus de dix ans de négociations stériles, la direction du Musée québécois de culture populaire a pris la décision de ne plus garder la charge de la collection Robert-Lionel-Séguin, propriété de l'Université du Québec à Trois-Rivières. Le mot «négociations» n'est peut-être pas approprié si on considère que le directeur du musée, Yvon Noël, dénonce à mots à peine couverts le manque de collaboration des autorités de l'UQTR depuis plus d'une décennie.

«Nous avions posé des conditions à l'Université pour garder la collection et l'Université ne les a pas acceptées. Pour nous, c'est la fin du dossier. Depuis des années, nous n'avions pas d'écoute, jamais de vis-à-vis pour discuter de bonne foi. Alors nous avons signifié à l'UQTR qu'elle devait reprendre possession des objets de la collection d'ici le 30 juin», explique M. Noël qui se dit tout de même déçu de ce dénouement.

Rappelons que la collection Robert-Lionel-Séguin compte quelque 22 000 objets dont plusieurs instruments aratoires et items associés aux métiers traditionnels du Québec.

Cette collection appartient à l'UQTR depuis 1983, mais est gérée, conservée et mise en valeur par le Musée québécois de culture populaire depuis 1991 au moment où l'institution, qui n'était même pas inaugurée officiellement, portait le nom de Musée des arts et traditions populaires (le musée a ouvert ses portes en 1996).

Une entente de gestion liait l'UQTR et le Musée jusqu'en 2001, renouvelée jusqu'en octobre 2003. Des démarches avaient été entreprises de la part du musée pour la réitérer avec certaines modifications, notamment en ce qui concerne les ressources financières impliquées. Les gens se sont succédé à la direction et à la présidence du musée et au rectorat de l'université, et jamais l'entente n'a été revue et encore moins renouvelée.

Le problème pour le musée était que la gestion de la collection grugeait annuellement quelque 140 000 $ dans son budget, sans aucune compensation de la part de l'UQTR. La collection est abritée dans la réserve du Musée.

Des frais sont évidemment inhérents au maintien d'une collection muséale dans des conditions optimales.

La gestion de la collection demande aussi des investissements en ressources humaines. Plusieurs items intéressent des chercheurs qui veulent les étudier, et d'autres musées souhaitent parfois emprunter des objets pour garnir leurs expositions. Le processus d'emprunt d'artefacts implique plusieurs étapes qui demandent du temps. Le musée considérait que l'UQTR devait participer au financement de ces coûts d'infrastructures et de ressources humaines.

Las de ne jamais avoir de réponse, le Musée a décidé de lancer une sorte d'ultimatum à l'UQTR qui, en décembre dernier, a finalement proposé de céder la collection au musée pour un montant symbolique de 1 $ mais refusait toute compensation financière au musée pour sa gestion. Le dédommagement demandé équivalait au tiers des dépenses encourues par le musée entre 2003 et 2013.

Devant le refus de l'UQTR, le Musée a décrété qu'il n'assumerait plus quelque responsabilité que ce soit envers la collection au-delà du 31 mars 2015 et que l'Université devrait reprendre et relocaliser tous les objets de la collection Robert-Lionel-Séguin, des autres collections complémentaires et archives avant le 30 juin.

«Le contexte ne favorise pas tellement l'université, mais ce n'est pas notre problème. Nous, notre subvention n'a pas bougé depuis dix ans et les coûts liés à la collection demeurent. Ce n'est pas à nous d'assumer ces frais puisque nous ne sommes pas propriétaires. Nous sommes déçus, nous sommes tristes, c'est un deuil. Mais nous avons agi en gestionnaires responsables», conclut M. Noël.

Pour l'université, le dossier n'est pas clos

La vice-rectrice à l'administration et aux finances de l'UQTR Johanne Giguère s'est montrée étonnée de la sortie publique du Musée québécois de culture populaire jeudi en ce qui concerne le dossier de la collection Robert-Lionel-Séguin.

Pour Mme Giguère, le dossier n'est pas clos. Elle assure que les négociations se poursuivent avec des interlocuteurs qui pourraient garantir le maintien de la collection dans la région sous l'égide du musée.

«L'UQTR a fait plusieurs démarches auprès de partenaires régionaux qui pourraient assurer le financement de l'entretien et de la gestion de la collection. Je crois qu'il est possible d'en arriver à une entente avant la date butoir imposée par le musée»,

a commenté la vice-rectrice en énumérant ses approches auprès de différents ministères, de la Société Saint-Jean-Baptiste et de Culture Mauricie, entre autres, pour être en mesure de «négocier les contraintes et attentes du musée».

Mme Giguère rappelle que le budget initial accordé au musée à sa création impliquait la mise en valeur de la collection Robert-Lionel-Séguin.

«C'est grâce à cette collection que le musée a eu son financement. Risque-t-il de perdre son budget de fonctionnement s'il n'a plus la collection à mettre en valeur? Le musée devrait réévaluer sa position», suggère-t-elle.

«Nous, nous étions intéressés à céder la collection parce que sa préservation n'est pas notre mission. Notre mission en est une de recherche et d'enseignement. Nous ne sommes pas là pour financer un musée non plus. Mais ce qu'il faut retenir, c'est qu'on est confiant de réussir à garder la collection dans la région, dans la collaboration», insiste-t-elle.

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