Un succès gagné à la dure pour Étienne Dano

L'humoriste Étienne Dano présentera son premier spectacle solo... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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L'humoriste Étienne Dano présentera son premier spectacle solo à Shawinigan le 18 avril prochain.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le succès global des humoristes aux guichets fait souvent croire au public que le chemin qui mène au succès y est facile. On entre à l'école nationale de l'humour, on écrit quelques bonnes blagues et hop! on est une star. Il n'en est évidemment rien et le parcours d'Étienne Dano, en spectacle pour la première fois à Shawinigan le 18 avril au Centre des arts, le démontre éloquemment.

Refusé à deux reprises à l'École nationale de l'humour, son succès, il l'a bâti par lui-même à coups de spectacles dans les bars. Il l'admet sans la moindre amertume. «J'aurais probablement gagné du temps si j'avais fait l'ÉNH parce qu'il y a plusieurs choses qu'on m'aurait enseignées et que j'aurais comprises plus rapidement dans ma carrière. J'ai fini par les apprendre dans un processus d'essais-erreurs.»

«La plus importante aurait probablement été la discipline nécessaire à l'écriture, une rigueur dans le travail qui est essentielle pour être efficace. Aussi, j'aurais cerné plus rapidement les caractéristiques de mon personnage de scène, les forces sur lesquelles je devais miser pour que ça fonctionne bien.»

Dans l'autre sens, son parcours lui a appris mieux que les étudiants de l'école comment interagir avec le public. «J'ai tellement vécu de situations dans les bars où n'importe qui intervient dans tes monologues qu'aujourd'hui, je n'ai plus aucun stress là-dessus. J'ai tout vu; je sais que je peux me sortir de toutes les situations qui se présentent. C'est tellement une force que je l'utilise d'une façon spéciale: je vais dans le lobby accueillir les spectateurs avant la représentation. Je crée immédiatement un lien de telle sorte que je gagne peut-être un dix minutes au début du spectacle où je n'ai pas à forger ce contact avec le public. Les gens adorent ça.»

La démarche témoigne par elle-même d'une caractéristique de l'humoriste qui marque son spectacle intitulé Excessif: la proximité avec le public. «Mes parents avaient chacun un petit commerce à Beauharnois pendant ma jeunesse et leur publicité, c'était de jaser avec le monde du coin, peu importe où. J'aime la rencontre avec les gens et mon humour se nourrit de ça.»

L'autre grande caractéristique de ce premier spectacle solo, c'est le titre qui la dévoile. Étienne Dano est excessif et il en rit. «Ce n'est pas le spectacle qui est excessif, c'est moi! Je suis excessif dans tout, le meilleur comme le pire. C'est pour ça que j'ai inclus un numéro sur le jeu compulsif, un mal dont je souffre. C'est un sujet sérieux mais je ne fais pas de morale avec ça, je le traite sur un ton léger en riant de moi.» N'empêche, il avoue que la conclusion du numéro lui fait souvent remonter l'émotion dans la gorge si bien qu'il l'a inséré à la fin de la première partie pour être certain de ne pas avoir de problème à enchaîner avec le numéro suivant. Cela dit, il maîtrise bien sa situation et n'a pas joué depuis quatre ans après avoir fait les démarches pour se faire exclure du Casino de Montréal.

L'humoriste de 35 ans a trimé assez dur pour savourer aujourd'hui le rêve du premier spectacle solo.

«Oui, j'en ai rêvé et j'ai découvert que la scène, c'est ce que j'aime par-dessus tout. J'aimerais en arriver à ne faire que ça mais pour l'instant je continue de faire de la radio, à CKOI, parce que c'est un médium que j'aime beaucoup. J'y retrouve une proximité avec le public qui me va bien. On est en direct, les gens réagissent sur le moment à travers les réseaux sociaux. À la télévision, c'est un aspect qui me manque.»

Sa priorité demeure cependant un autre spectacle de scène quand Excessif!, qu'il a inauguré il y a un an tout juste, arrivera à son terme naturel.

«Mon seul regret dans ce spectacle, c'est de ne pas avoir assez parlé de moi. Je vais me reprendre dans le prochain. J'aimerais parler de persévérance.» Aucun doute qu'il en connaît un bout sur le sujet.

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