Formule éprouvée dans un créneau porteur

Dans le spectacle intitulé Et si le cinéma... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Dans le spectacle intitulé Et si le cinéma m'était chanté, Martine Jean fait preuve d'un solide talent d'interprète. Le spectacle a été présenté trois fois à la Maison de la culture trifluvienne au cours de la dernière fin de semaine.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avec le succès qu'ont connu les revues musicales à Trois-Rivières ces dernières années, on ne se demande plus si pareille formule peut plaire au grand public.

Un nouveau groupe a pris la relève des Showtime et Québec Issime en montant un spectacle autour des chansons du cinéma. Et si le cinéma m'était chanté a été présenté à trois reprises la fin de semaine dernière: vendredi soir et samedi, avec une représentation en après-midi et une autre en soirée, toutes à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture.

Les producteurs n'ont pas lésiné sur les moyens avec, en tout, sept interprètes vocaux et deux danseurs. Ces derniers, Marie-Denise Bettez et Danny Morrissette, tous deux excellents, s'exécutant lors de certains numéros répartis à travers ce copieux spectacle de près de 3 h 40 avec un entracte. Les interprètes chantent sur des bandes enregistrées et des images tirées des films dont on a extrait les chansons défilent sur un écran géant en fond de scène.

S'ils sont tous de la région, les interprètes ne sont pas pour autant très connus. Ce sont Martine Jean, Geneviève Raymond, Émilie Brochu, Phil Coulombe et Simon Lacerte. Rosie Magnan et l'adorable petite Mélodie Charpentier ont également apporté leur contribution.

On reprend ici une formule familière qui se résume à une suite d'extraits de chansons tirées de films. Puisqu'on ne va puiser que des airs qui ont connu le succès, le public a droit à une succession ininterrompus de musiques familières. Le revers de la médaille, c'est que s'il est content d'entendre ses chansons préférées, il doit assumer la frustration de ne jamais les savourer au complet.

Ici, on a choisi de diviser le spectacle en une dizaine de blocs sur différents thèmes: science-fiction, films de danse, films d'horreur, héros d'autrefois, etc. Les thèmes ne sont pas respectés à la lettre ce qui ne dérange en rien l'ensemble du spectacle. Peut-être aurait-on mieux fait de réunir les chansons en fonction de leur genre ou de leur style parce qu'à plusieurs moments, les successions de chansons sont un peu cahoteuses quand une chanson très rythmée ou assez lourde est immédiatement suivie d'une douce ballade dans une transition trop abrupte.

L'avantage des blocs, dans pareille entreprise, c'est qu'ils permettent un certain nombre de pauses pour assurer de très nombreux changements de costumes. Michel Bourdon agit à titre de présentateur, offrant, par son animation, l'occasion aux interprètes de souffler un peu. Bourdon s'acquitte de sa tâche avec humour et aisance. Si le spectacle connaît du succès et qu'il est susceptible d'être présenté pour de futures séquences de plusieurs représentations, il conviendrait d'étoffer les présentations.

Et si le cinéma m'était conté est une production très ambitieuse mais prometteuse parce qu'elle repose sur un thème, les chansons au cinéma, aussi riche qu'il est populaire. L'ajout des séquences filmées est un attrait supplémentaire pour le spectateur et le replonge dans l'atmosphère de films qu'il a aimé. Ça détourne parfois l'attention des interprètes sur scène mais c'est un moindre mal.

Il a sûrement fallu énormément de travail à l'équipe pour monter un aussi imposant spectacle sans les moyens financiers dont disposent les professionnels. Leur mérite est indéniable. Dans l'avenir, la technique et la mise en scène devront être fignolés pour assurer une plus grande fluidité dans la succession des très nombreuses chansons. Vendredi soir, pour la première, le spectacle a pris du temps à trouver son rythme, ce qui est normal. Une fois installée, la dynamique a permis des transitions plus naturelles mais il y a encore du travail à faire de ce côté.

Par ailleurs, la générosité est une belle qualité, mais 3 h 40 de spectacle, c'est trop long.

Pour ce qui est des interprètes, ils se montrent compétents et talentueux dans une formule très exigeante. On ne peut passer sous silence le travail remarquable de Martine Jean qui, sans rien enlever aux autres, domine la distribution. Elle chante très bien, sait adapter sa voix à différents styles et possède une technique solide.

On a là un spectacle qui a du potentiel. Il y a certes du travail à faire, mais la formule des revues musicales a ses adeptes qui adoreront la voir appliquée au monde du cinéma.

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