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L'empreinte: vision touchante de l'identité québécoise

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François Houde
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) «Ce n'est peut-être pas un hasard si la question de notre identité ressurgit constamment dans notre histoire. Comme si aucune réponse ne nous avait encore pleinement satisfait.» Cette citation offerte au tout début du long métrage documentaire L'empreinte met le spectateur sur la piste qui gouverne le scénario du film: la place que les autochtones ont probablement joué dans notre passé et comment ils sont devenus une part bien vivante de notre identité collective et individuelle.

Le film a été coréalisé par Carole Poliquin et Yvan Dubuc et sera présenté deux fois au cinéma Le Tapis rouge, à Trois-Rivières: ce soir et lundi prochain, à 19 h 15, à chaque fois.

Puisque la notion d'identité québécoise est au centre du propos, la pertinence du sujet ne peut guère faire de doute. Seulement, les concepteurs ont orienté la réflexion dans une direction foncièrement différente de celle qui anime les débats qui prennent tant de place dans l'actualité depuis un bon bout de temps.

«Lors de plusieurs projections qu'on a faites jusqu'ici, on a pu observer des réactions intenses chez les spectateurs. Les gens sont très touchés, bouleversés, même en sortant du visionnement, explique Carole Poliquin. J'en ai entendu me dire que ça les avait réconciliés avec eux-même. J'ai l'impression que le débat identitaire est peut-être dans une sorte de cul-de-sac présentement et il a été récupéré d'une façon dangereuse qui présente d'une façon extrêmement réductrice nos valeurs.»

«De notre côté, nous sommes sur un autre terrain. On regarde certaines des valeurs qui nous caractérisent et on pose la question si elles ne viendraient pas d'une influence des peuples autochtones. On constate un sentiment égalitaire très fort au Québec, comme dans les groupes amérindiens où les classes sociales n'existaient pas. On voit aussi une constante recherche de consensus social, encore là, comme on le constatait chez les peuples autochtones qui habitaient le territoire à l'arrivée des Européens. L'ouverture d'esprit, le désir de vivre et laisser vivre qui nous est parfois reproché est peut-être une caractéristique identitaire qui peut trouver son origine dans notre proximité et parfois, notre métissage avec les membres des Premières nations.»

Il s'agit d'une hypothèse répercutée par différentes spécialistes comme des historiens, des anthropologues et même un psychanalyste. «Je ne dirais pas qu'on défend une thèse parce que c'est impossible à prouver, poursuit la cinéaste également productrice du document, mais on présente une démonstration intéressante. Je constate que c'est un aspect de notre identité qu'on a pratiquement toujours occulté mais qu'on est peut-être prêt, aujourd'hui, à considérer. Bien des gens ont eu l'impression, en voyant le film, qu'une vérité longtemps cachées mais ressentie, leur avait été dévoilée.»

Autre attrait du film, c'est le rôle qu'y joue Roy Dupuis, le guide de cette recherche identitaire. «Roy a été emballé par l'idée et il est bien plus qu'un simple acteur ou un narrateur: il est un protagoniste du film. Il s'est énormément impliqué dans son élaboration. Ça l'a profondément touché.»

L'empreinte est présentement à l'affiche dans quelques villes québécoises et connaît un beau succès puisqu'il en est à sa troisième semaine de projection au cinéma Beaubien. «La première vue du film dans les salles commerciales est primordiale et nous sommes très satisfaits des résultats jusqu'ici, dit Carole Poliquin. On a déjà une diffusion assurée à la télévision de Radio-Canada pour l'automne mais d'ici là, on souhaite évidemment que le plus de gens possible le voit.»

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