Un territoire et une histoire qui se chantent

Pour assister à l'avant-première de l'épisode initial de... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Pour assister à l'avant-première de l'épisode initial de la série Espace d'une chanson, épisode qui portera sur la Mauricie, on retrouvait, de gauche à droite: Jeannine Saint-Denis, ex-infirmière dans des camps de bûcherons, le réalisateur Louis-Roland Leduc et la directrice générale de Boréalis où avait lieu le visionnement, Valérie Bourgeois.

Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Le musée trifluvien Boréalis était mardi soir l'hôte de la diffusion, en avant-première, d'un épisode d'une toute nouvelle série documentaire qui sera présentée à Télé-Québec et qui s'intitule L'espace d'une chanson. Chaque épisode de 30 minutes porte sur une région du Québec et le tout premier s'intéresse à la Mauricie. Il sera diffusé le 3 avril.

Il importe d'abord de définir le concept fort original de la série. Il s'agit de faire connaître une région en partant d'une chanson qui la concerne ou, parfois même, la définit. Pour la Mauricie, on a choisi La complainte du Saint-Maurice interprétée par Fred Pellerin et c'est donc dans la perspective du rôle qu'a joué le bois dans l'histoire et le développement économique de la région qu'on l'aborde. La complainte étant un chant traditionnel dans lequel un travailleur de chantier raconte son ennui, si loin de sa douce.

C'est ici que s'explique l'implication de Boréalis: non seulement l'industrie qui justifie son existence était-elle complètement dépendante du bois mais le musée a accueilli le tournage de quelques scènes de ce premier des douze épisodes que compte la série et sa directrice générale Valérie Bourgeois y apparaît en sa qualité d'historienne.

«Si on avait à résumer la série, je dirais: chanson, histoire, territoire, explique le réalisateur Louis-Roland Leduc. Comment, à partir de la chanson d'un auteur, compositeur québécois, on revisite une région parfois à travers son histoire, parfois à travers des événements.» À ce titre, les concepteurs ne pouvaient trouver meilleure référence que la Complainte du Saint-Maurice. Son interprète explique au cours de l'épisode son lien personnel à la chanson, lui qui vit la douleur de l'éloignement et de l'ennui à cause de son travail non pas dans les chantiers mais sur la route de ses spectacles.

Le document donne notamment la parole à un bûcheron de 94 ans qui a commencé à migrer vers les camps à 14 ans ainsi qu'à une infirmière qui offre une perspective unique sur cette vie déjà singulière. Mais le spectateur est aussi témoin du passage du temps, de la transformation de l'industrie, de la disparition de la drave qui a scellé le destin de certains moulins à papier. Le regard qu'on porte est juste et s'appuie sur de riches images d'archives.

«En Mauricie, j'ai découvert une fierté de faire corps avec des métiers qui étaient exigeants mais qui ont forgé des humains courageux, engagés et qui ont une excellente mémoire, de poursuivre le réalisateur. En même temps, et c'est beaucoup grâce à Boréalis, j'ai constaté que les gens de la région sont fiers de leur passé. Je parle de Boréalis mais je me rappelle aussi avoir visité connu le Musée du bûcheron à Grandes Piles. Les gens ne renient en rien leur passé.»

«Je retiens aussi la géographie formidable de cette région. Elle a déterminé certaines orientations industrielles comme les pâtes et papiers mais aussi le développement hydro-électrique à Shawinigan qui a eu une influence énorme sur la croissance de la ville même si l'émission n'en parle pas.»

«Notre recherche nous a permis de voir toute l'importance qu'une grosse industrie peut prendre dans une région comme celle-ci. À Trois-Rivières, le nombre de personnes qui sont liées, directement ou indirectement à l'industrie des pâtes et papier, est incroyable. Quand les gens n'ont pas oeuvré eux-même dans les pâtes et papiers, les parents, grands-parents, arrières-grands-parents ou autres proches y ont travaillé ou ont gagné leur vie dans des domaines connexes. Ça marque.»

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