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Journée internationale de la francophonie : hommage à «une langue belle»

Albert Millaire, Bryan Perro et Fred Pellerin (absent),... (Photo: Stéphane Lessard)

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Albert Millaire, Bryan Perro et Fred Pellerin (absent), ont reçu l'Ordre de la Pléiade lors d'une cérémonie qui s'est déroulée vendredi à Trois-Rivières.

Photo: Stéphane Lessard

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Qu'ont en commun le conteur Fred Pellerin, l'écrivain et éditeur Bryan Perro et l'acteur et metteur en scène Albert Millaire? Tous trois ont recours à la langue de Molière pour faire briller les arts oratoires et les belles-lettres depuis des décennies. Qui plus est, chacun a reçu, vendredi à la salle J.-Antonio-Thompson, l'étoile bleutée du chevalier de l'Ordre de la Pléiade, distinction honorifique octroyée par l'Assemblée parlementaire de la francophonie (APF).

La «langue belle», pour reprendre l'expression de Jacques Duteil, a été déclinée dans tous ses accents, vendredi, de l'outil de citoyenneté à l'expression poétique de la beauté. Visiblement ému, Bryan Perro en a profité pour ajouter un chapitre à son engagement social et littéraire auprès des jeunes, lui qui travaille sang et encre pour stimuler le goût de la lecture chez la génération grandissante.

«La langue française est compliquée, donc elle définit bien et clairement le monde. Lorsque tu as une définition claire et précise du monde dans lequel tu vis, tu as une meilleure emprise sur ce monde-là. La langue te permet de mieux réfléchir, et si tu réfléchis mieux, selon moi, tu te fais moins avoir et tu peux apprécier davantage la vie que tu as», souligne M. Perro.

C'est un peu grâce à l'apport du président du Festival international de la poésie que l'Ordre de la Pléiade s'est tenue pour la première fois en dehors des grands centres urbains. En transformant Trois-Rivières en capitale mondiale de la poésie, Gaston Bellemare a posé sur la Ville un diadème littéraire qui aura convaincu l'APF d'organiser cette constellation d'hommages dans la cité de Laviolette. À l'instar de M. Perro, la langue est pour lui une «façon de regarder le monde, de regarder la vie, et de définir la relation de celles et de ceux qui la parlent.»

Un monde qui, pour Fred Pellerin, commence à Saint-Élie-de-Caxton pour ne se terminer qu'avec les étoiles. Absent lors de la remise des décorations, le conteur, dont l'imaginaire recèle tous les lutins du monde, s'est adressé par vidéo à la centaine de dignitaires massés sur les planches du théâtre. Remerciant l'APF avec les «tournures de langage» qui ont façonné son succès, M. Pellerin a rappelé que c'est la langue française qui aura permis à sa petite communauté de rayonner de par le monde, et le monde au coeur de sa communauté.

«Je reçois ça avec une immense fierté. De savoir que les histoires que je raconte, qui sont d'un local assez localisé, d'un Caxton précis, de voir que ce dard-là tombe précisément sur ce Caxton-là, soit ça tient de quelqu'un qui a le visu affilé, ou bien ça tient d'un Caxton qui résonne et qui arrive à un faste aussi grand qu'une francophonie mondiale. Ma fierté est grande que cette chose très locale, très proche d'un langage parlé de tous les jours, puisse trouver son écho dans les hautes sphères de la francophonie.»

Notons que le soleil de Fred Pellerin scintillera à nouveau lundi, alors que le Caxtonien recevra l'Ordre des arts et des lettres du Québec.

Enfin, l'homme de théâtre Albert Millaire a tenu à distinguer la richesse des différents accents qui colorent la langue française des «francophones d'Amérique» versus le piètre usage qu'en font trop de Québécois. Celui qui, jeune garçon, possédait à peine 100 mots pour exprimer ses émotions, considère que la langue est un outil qu'il faut maîtriser pour traduire clairement ce que l'on pense, sans quoi «on ne dira jamais ce que l'on pense. Quelqu'un qui ne connaît pas sa langue, sa grammaire, souffre de ne pouvoir nuancer ses pensées», conclut M. Millaire.

Fondée en 1976, la Pléiade, ordre de la Francophonie et du dialogue des cultures, reconnaît publiquement les mérites de personnalités issues de différentes sphères sociales qui ont placé leurs actions au service des idéaux de l'APF, soit la coopération et l'amitié au sein de la francophonie, la solidarité et la démocratie, le tout en français s'il-vous-plaît.

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