Mike Ward fidèle à lui-même

Mike Ward a présenté son spectacle Chien jeudi... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Mike Ward a présenté son spectacle Chien jeudi à la salle J-Antonio-Thompson. Fidèle à ce que l'on connaît de lui, l'humoriste ne donne pas dans la dentelle.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) En prenant place à son siège en attendant que Mike Ward apparaisse sur scène, on est conscient qu'on n'assistera pas à un spectacle de fin d'année dans un centre de la petite enfance. On se doute qu'il ne s'agit pas d'un rendez-vous avec la finesse et la subtilité, mais plutôt avec la corrosion et la vulgarité. Bref, on sait à quoi s'attendre. En ce sens, l'humoriste livre la marchandise dans son troisième spectacle solo, Chien, présenté jeudi à la salle Thompson.

Oui, Mike Ward est vulgaire et s'assume pleinement. Il ponctue ses monologues de blasphèmes et de termes grossiers, et le contenu desdits monologues est souvent inspiré d'images sexuelles, dont plusieurs évoquent la déviance. Qui d'autre que lui dans l'univers des humoristes québécois s'en tire avec des blagues de pédophilie ou de bestialité, ou peut jongler avec l'idée de transmettre le sida à un autiste?

La retenue nous limitera dans la citation d'autres exemples plus trash, mais disons qu'on regrette parfois de ne pas pouvoir effacer de notre mémoire ce qu'on a entendu. Aussi, côté vocabulaire, la surutilisation du mot «graine» dans tous les numéros, peu importe le thème de base, frôle l'obsession inquiétante dans son excès. Et on ne parle pas de graines de tournesol, de lin ou de nourriture pour oiseaux.

Bon, c'est dit, Mike Ward ne fait pas dans la délicatesse et le raffinement. Mais les gens qui ont payé pour aller voir son spectacle veulent sûrement voir jusqu'où l'humoriste de 41 ans ira dans sa provocation. Outre les numéros à référence purement sexuelle, d'autres abordent d'autres sujets comme l'alcool (récit de ses black out et de ses péripéties de conduite en état d'ébriété et de vomi) mais aussi la xénophobie et les particularités culturelles, deux thèmes un peu plus recherchés.

Dans son numéro sur la tolérance et l'ouverture aux autres, Mike Ward réussit à faire passer un message d'ouverture et d'inclusion en rendant ridicules les réflexions et attitudes de personnes xénophobes, que ce soit au Québec ou à Terre-Neuve, et envers divers groupes d'appartenance. Dans son numéro sur les différences culturelles associées à certains pays, il parlera des tabous dans certaines cultures, dont celui d'Hitler et du nazisme en Allemagne. Assez réussi comme texte.

En parlant de ses spectacles à l'étranger, Mike Ward, bilingue, mentionne qu'il est plus facile d'exporter son humour dans le marché anglophone, plus étendu que le marché francophone. «Je fais des jokes de graine», répète-t-il. Alors comme il y a des «graines» de Bangkok à Amsterdam en passant par Berlin et Toronto, il se réjouit de pouvoir partager son humour un peu partout.

Après avoir évoqué (et ridiculisé) des poursuites et mises en demeure reçues en réaction à ses blagues considérées choquantes, l'humoriste a rappelé au public qu'«il ne faut pas tout prendre au premier degré. Pour ceux ici qui prennent tout ce que je dis au premier degré, la soirée doit être longue en tab...». Il s'est dit particulièrement renversé par la manifestation d'un groupe de personnes qui dénonçaient son machisme. Il admet faire de l'humour «trash, de mauvais goût et vulgaire», mais se défend d'être macho.

Cette autodescription est juste. Et dans les qualités de son spectacle, on peut saluer son naturel dans la livraison de ses textes et le bon rythme du spectacle en général. Son sens de l'autodérision vient un peu adoucir l'immoralité ou du moins le malaise suscité par certaines images. Pour le reste, peut-être que la richesse se trouve dans un autre degré que le premier, un degré pas inné chez les oreilles trop chastes, il faut croire.

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