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Léa Pool pose un regard tendre sur les religieuses enseignantes

Une partie de l'équipe du film La passion... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Une partie de l'équipe du film La passion d'Augustine était de passage à Trois-Rivières. À l'avant, les comédiennes Lysandre Ménard et Céline Bonnier. Derrière, la réalisatrice Léa Pool et la productrice Lise Lafontaine.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Révolution tranquille a généré énormément de critiques à l'égard du rôle qu'ont joué les communautés religieuses dans notre histoire mais on a l'impression de voir poindre, depuis quelques années, un mouvement qui véhicule un point de vue plus bienveillant sur cette même réalité.

On le constate au cinéma, par exemple, où Micheline Lanctôt avait décrit avec nostalgie et tendresse, dans Pour l'amour de Dieu (2010), ses années de pensionnat.

Aujourd'hui, Léa Pool propose elle aussi un regard attendri et affectueux sur des religieuses québécoises des années 60 dans La passion d'Augustine.

Il ne s'agit pas tant d'un film sur une communauté religieuse mais plutôt dont l'action se déroule au sein d'un couvent abritant une école de musique dirigée par des religieuses qui affrontent la vague de changements qui a transformé le monde de l'éducation au Québec à la fin des années 60.

Peut-être fallait-il une réalisatrice québécoise d'origine étrangère pour avoir un regard différent sur des gens dont on a beaucoup condamné les abus de pouvoir depuis la Révolution tranquille. Ou alors, peut-être en sommes-nous rendu à cette étape-là de notre développement collectif.

Au départ, le scénario a été proposé à Léa Pool par la scénariste Marie Vien. «Ça m'a interpellé pour plusieurs raisons, explique la cinéaste plus habituée à écrire ses propres films. C'est une histoire spécifique qui s'inscrit dans la grande histoire du Québec. Je ne suis arrivée ici qu'en 1975 et n'ai toujours vu le Québec que comme un pays moderne d'ouverture et de liberté. Quand on m'a parlé de la grande noirceur, ça me fascinait parce que j'arrivais mal à me l'imaginer. Peut-être suis-je davantage en mesure que des Québécois de souche de voir ce que les religieux ont pu apporter de bon à la société.»

«Je comprends que les Québécois ont eu une réaction de rejet en balayant complètement ce que les communautés religieuses ont apporté pour se libérer de leur énorme poids moral et social mais je trouve injuste de jeter également ce que les religieux ont apporté de bon. Ils ont été très présents tout au cours de l'histoire en éducation, en santé, notamment. Qu'aurait été le Canada sans eux?»

La cinéaste a trouvé dans cette histoire des sujets caractéristiques de son oeuvre à elle. «Je me suis reconnue à travers les thèmes de la musique, des personnages de femmes fortes, de l'univers féminin, de l'adolescence. Mais parler judicieusement de la grande histoire en se concentrant sur les émotions intimes des personnages était un exercice difficile. J'ai dû me préparer beaucoup plus que pour mes autres films. Rien que l'aspect musical a nécessité beaucoup de travail. En plus, j'avais une quinzaine de rôles principaux, des jeunes comédiennes à conseiller, etc.»

Sa Mère Augustine, la directrice de l'école, est une femme passionnée et sereine dans sa vocation religieuse. «Elle a trouvé son chemin dans une communauté. Elle y est entrée parce qu'elle n'avait pas tellement le choix mais elle a pu y donner libre cours à sa passion pour la musique.»

Si la question religieuse est constamment évoquée, elle n'est guère abordée de front. «J'estime que l'aspect religieux n'est pas tellement présent dans le film, analyse-t-elle. Je parlerais davantage d'une grande spiritualité, ce qui est plus près de mes propres valeurs, moi qui n'ai pas eu une éducation religieuse.»

«La problématique du film est plus complexe parce que ce sont des femmes fortes, engagées, conscientes et qui ont une opinion sur ce qui se passe dans le monde qui les entoure. J'ai beaucoup de respect pour cet univers, ce monde de la communauté et c'est une émotion que j'avais envie de véhiculer dans mon film.»

En filmant avec sobriété, elle n'en arrive pas moins à stimuler l'émotion avec plus d'efficacité, probablement, que si elle avait appuyé ses effets. «Disons que ça ressemble à la personne que je suis. Je suis un peu timide, une personne qui préfère la retenue. Mais je voulais aussi que tout cela baigne dans l'harmonie de ce monde-là, empreint de spiritualité et de respect.»

On peut parler d'une mission accomplie.

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