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Une auteure de Trois-Rivières aborde le thème de la chirurgie esthétique chez les adolescentes

L'auteure Nadine Poirier publie son nouveau roman jeunesse... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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L'auteure Nadine Poirier publie son nouveau roman jeunesse Projet C, qui sera lancé officiellement le samedi 21 mars, 13 h 30, à la Librairie Poirier de Trois-Rivières. L'événement public sera animé par Patricia Powers.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avec Projet C, son deuxième roman à l'intention des adolescents, Nadine Poirier avait le goût d'aborder le thème de la chirurgie esthétique, une belle lecture à proposer aux jeunes qui, à cette période, peuvent être vulnérables aux exigences de beauté. L'auteure de Trois-Rivières n'avait toutefois pas pensé que son sujet allait l'emporter autant.

Projet C, 27e titre de la collection Tabou des Éditions de Mortagne, propose l'histoire de Maeva, une jeune fille de 16 ans lourdement complexée par le fait qu'elle a de trop petits seins à son goût. Le genre de complexe qui l'empêche de s'impliquer dans une équipe sportive de son école, de s'adonner à toute forme de coquetterie, d'envisager un amour potentiel, encore moins de croire en ses chances de succès auprès du beau Victor, qui la regarde un peu trop intensément pour ce qu'elle peut lui offrir, considère-t-elle.

La jeune fille dissimulera plutôt son manque de poitrine sous des vêtements qui la camouflent, tout en tentant désespérément d'aider ses formes à l'aide de papiers mouchoirs. Maeva est habitée par ce genre de complexe qui étouffe et qui fait qu'un jour, en tombant sur une publicité de chirurgie esthétique, elle y verra une avenue susceptible de régler tous ses malheurs et de changer sa vie. Quoi qu'en pensent ses proches qui n'ont aucune idée des souffrances qu'elle porte en silence depuis trop longtemps.

Au départ, Nadine Poirier avait en tête une information qui l'avait interpellée, à l'effet qu'aux États-Unis, certaines jeunes filles recevaient des prothèses mammaires en guise de cadeau de graduation de leurs parents. Or, ses recherches ont révélé pire, et plus près de nous. La mère de quatre garçons en est ressortie bouleversée.

«Les raisons d'écrire ce livre se sont accumulées à mesure que mes recherches avançaient. Plus je cherchais et plus je trouvais des choses abominables qui se passent ici, au Canada», dit-elle en défilant ses informations sur les hauts risques reliés aux chirurgies, sur ce que fait ou ne fait pas Santé Canada, sur un recours collectif de Québécoises et sur la manipulation de l'information des grandes compagnies pour amenuiser le tout et banaliser le sujet.

Dans son roman, on en apprend beaucoup sur les chirurgies esthétiques tout en suivant l'histoire de Maeva sans que la trame ne soit trop didactique. Pour arriver à ce résultat, Nadine Poirier avoue toutefois avoir été obligée de l'écrire deux fois. Son premier manuscrit était beaucoup trop touffu et technique en matière d'informations, dit-elle. Trop extrême aussi, concède l'auteure. «Avec tout ce que j'avais découvert, je dénonçais à fond de train... Je me suis relevée les manches et j'ai passé la tondeuse dans mes idées», souligne-t-elle, sourire en coin.

En créant son personnage principal, elle a pris soin de lui donner le profil obsessif de ceux qui sont aveuglés par leurs complexes. «Les personnes complexées n'écoutent personne. Par moment, c'était difficile à écrire parce que je la voyais vivre dans son déni et je voulais trouver la manière de lui redonner sa dignité.»

L'auteure a lu plusieurs bouquins sur l'estime de soi pour se documenter. «Avant, la seule inquiétude des jeunes filles, c'était de savoir si elles allaient avoir des boutons. Aujourd'hui, elles se préoccupent de leur poids, de la largeur de leurs hanches, de la longueur de leur nez, de leurs oreilles décollées, et le marché (de la chirurgie esthétique) est accessible. Tout est là pour leur offrir ce qu'elles désirent alors qu'elles sont à une période où l'estime de soi est fragile et où les diktats de la mode sont nombreux», observe-t-elle. «Je ne suis pas contre la coquetterie, bien au contraire, mais la quête de la beauté est une quête sans fin.»

L'auteure ne s'en cache nullement, elle aimerait bien sensibiliser les jeunes et les femmes en général aux dangers de la chirurgie plastique et à l'importance de bien se documenter avant de poser un geste.

Nadine Poirier signe ici son deuxième roman de la collection Tabou après Adios, publié en 2012. Elle en prépare un troisième, qui portera cette fois sur les jeunes qui se retrouvent en familles d'accueil. «Et là-dedans aussi, il y a des choses qui me dérangent beaucoup...»

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