Le bienfaisant son de l'été

Le son de June in the Fields, c'est... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Le son de June in the Fields, c'est d'abord et avant tout de superbes harmonies vocales qu'on doit aux voix magnifiquement compatibles de Mélissa Brouillette et Jean-Michel Renaud. Le duo présentait son spectacle jeudi soir à la Maison de la culture.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Quand le duo June in the Fields s'est installé derrière le micro au début du spectacle jeudi soir à la Maison de la culture, les premières paroles chantées par Mélissa Brouillette ont été «The cold doesn't seem to go away/Winter might be here to stay». Le duo était, tout au contraire, en train de balayer cet hiver indomptable pour offrir à la centaine de spectateurs présents la chaleur et la douceur d'une soirée de juin autour du feu de camp.

À preuve, au retour de l'entracte, Jean-Michel Renaud était nu-pieds sur le tapis posé au centre de la scène. Lui et sa partenaire avaient parfaitement installé l'atmosphère de chaude intimité dans laquelle baigne leur musique à nulle autre pareille. À travers une quinzaine de chansons, presque toutes des compositions, ils nous ont fait voyager aux antipodes du stress et des préoccupations quotidiennes, dans un monde feutré et doux.

Ce qu'on remarque d'abord de ce duo, c'est, bien sûr, leur folk plutôt atmosphérique établi par deux voix magnifiques. On se demande comment des voix arrivent à s'harmoniser avec autant de bonheur et de cohésion. Il y a leur timbre similaire, certes, mais aussi une complémentarité qui donne de la richesse aux harmonies. De temps en temps, la très belle voix de Mélissa Brouillette s'envole pour aller chercher un peu d'élan dans des aigus ronds et parfaitement maîtrisés. À d'autres moments, c'est Jean-Michel Renaud qui nous attire dans la caresse d'une voix toujours sur le point de se confondre avec le simple chuchotement.

On a fait la comparaison avec Simon and Garfunkel pour décrire le son de June in the Fields et l'analogie n'est pas abusive. Il y a de cela dans le mariage des voix, dans la simplicité des arrangements, dans le côté très folk et très années 60 du son. June in the Fields se contente de deux voix et d'une guitare, celle de Jean-Michel Renaud, et cela est parfaitement suffisant. À quelques reprises, pendant le spectacle, on a changé d'instrument à cordes et Renaud s'est installé au piano sans pour cela modifier l'essence des chansons.

Sur l'un ou l'autre instrument, son accompagnement est similaire et toujours singulier. Son jeu nerveux se refuse à respecter les normes traditionnels. Il ne répète jamais des séries d'arpèges à la guitare, trouvant toujours une alternative en allant chercher des harmoniques inattendues ou des accords plaqués pour briser la répétition. Il se laisse constamment emporter dans des élans de virtuosité de l'une ou l'autre des deux mains en refusant obstinément de s'assujettir à un tempo régulier. Tout cela s'intègre pourtant impeccablement dans les chansons.

Chansons qui traitent de la nature, des émotions que suscitent la simple beauté des choses, l'abandon au rythme naturel du monde qui nous entoure. Tout cela fait du bien, le temps d'un spectacle, le temps d'oublier l'hiver qui sévit.

Mélissa Brouillette a d'ailleurs tenu à remercier les gens de s'être déplacés et surtout ceux qui ne connaissaient pas le duo et qui ont pris un risque. Avec la difficulté qu'ont les musiciens à vendre des billets ces années-ci, la remarque était particulièrement pertinente.

De ce spectacle, on regrettera peut-être la trop grande homogénéité des chansons qui se succèdent, la propension de Jean-Michel à constamment accorder sa guitare entre les chansons ou le fait que celles-ci soient presque toutes en anglais. On le regrette d'autant que la dernière chanson du programme était en français et ne trahissait en rien l'esprit du duo, bien au contraire.

N'empêche, aucun bémol n'a pu gâcher cette douce, charmante et chaude soirée de juin.

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