La grande sortie: drôle, triste et belle

De gauche à droite, on aperçoit les comédiens... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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De gauche à droite, on aperçoit les comédiens Mélanie St-Laurent, Sébastien Gauthier, Sarah Desjeunes et Suzanne Garceau, qui incarnent la famille Brouillette de La grande sortie.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Petite soirée de théâtre variée en émotions, mardi, à la salle J.-Antonio-Thompson où le public était appelé à découvrir la fresque familiale La grande sortie, le genre de pièce qui vous fait sourire toute la soirée, mais qui ne vous rate pas dans son détour plus dramatique.

La pièce est signée par Jonathan Racine, qui est aussi le metteur en scène, et par Mélanie Maynard, que l'on est davantage habitué à rencontrer au petit écran dans les sphères de l'humour. On reconnaît d'ailleurs sa touche comique omniprésente à travers l'histoire de cette famille passablement divisée. L'histoire du clan Brouillette est à la fois drôle, triste et belle. Celle d'une famille en piètre état jusqu'à ce qu'elle se retrouve dans l'obligation de se rallier de nouveau.

C'est que Marthe, la mère (Suzanne Garceau), n'a plus beaucoup de temps devant elle, aux prises avec des métastases au cerveau qui lui donnent de plus en plus de fil à retordre.

Se retrouveront alors autour d'elle ses trois grands enfants, soit Lyne (Sarah Desjeunes), la plus aigrie; Richard (Sébastien Gauthier), l'éternel adolescent; et Chantal (Mélanie St-Laurent), la rebelle qui effectue un retour auprès des siens après douze ans.

La table est mise pour un rassemblement qui réveillera quelques jolis souvenirs, mais aussi certaines rancoeurs et jalousies toujours latentes. On dit qu'il n'y a rien comme une réunion entre frères et soeurs adultes pour donner lieu à quelques régressions, cette pièce en est un bel exemple. Le tout est toutefois dépeint à travers une trame empreinte d'une grande humanité.

Cette réunion familiale prend place dans le contexte des années 1980, une époque habilement reconstituée aussi bien dans les décors que dans les vêtements et les coupes de cheveux improbables, mais aussi beaucoup dans la série de références que l'on nous ramène.

Tout y est, du sac de Steinberg jusqu'aux pantoufles en phentex en passant par la télévision où défilent tour à tour Les Oiseaux se cachent pour mourir, The Price is Right, Dynastie, La Croisière s'amuse et The Way We Were.

C'est aussi bien autour du petit écran que de la table de cuisine que se régleront quelques comptes, pendant que la mémoire de la doyenne s'effrite et que le public constatera l'étendue du jeu de la comédienne Suzanne Garceau.

Pour camper Marthe, la dame est d'un naturel relevé et se révèle touchante à souhait, de plus en plus fragile à travers les absences qui s'accumulent. Autour d'elle, les trois autres comédiens jouent un peu plus gros, mais n'en atteignent pas moins la cible.

Par moments, la pièce peut sembler anecdotique et s'étirer en longueur, mais les dialogues sont habiles et gardent captifs, incluant quelques répliques assassines et plusieurs vérités crues. La mise en scène maximise le tout. De la trame musicale jusqu'aux éclairages de la télévision, tout respire le quotidien dans ce foyer résolument québécois.

La pièce a été créée en 2011 à Blainville, a été reprise au Théâtre du Rideau Vert en 2014 et sillonne actuellement les routes du Québec avec la compagnie Le petit théâtre du Nord, un parcours qui mériterait de s'allonger.

On en ressort le coeur un peu gros, mais content d'avoir fait la rencontre de cette famille Brouillette.

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