Boréalis mise sur les cinq sens

On inaugure cette semaine le Passage 5S, nouvel... (Photo François Gervais, Le Nouvelliste)

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On inaugure cette semaine le Passage 5S, nouvel élément greffé à l'exposition permanente du Musée Boréalis. La directrice générale de l'institution Valérie Bourgeois a présidé à sa conception et à sa mise en place.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Musée Boréalis a connu un sommet de fréquentation l'année dernière et ses dirigeants se refusent à s'asseoir sur leurs lauriers. Ils inauguraient cette semaine le Passage 5S, un ajout à leur exposition permanente qui va rendre plus immersive encore la visite du musée.

En terme d'espace, on n'a eu qu'à effectuer un réaménagement en créant un couloir le long d'un mur de la grande salle centrale. Ce couloir entraîne le spectateur dans une expérience visant à mieux comprendre le travail des papetiers en faisant appel à ses cinq sens.

Le premier à être sollicité, comme les Trifluviens s'en doutent, c'est l'odorat. On nous fait comprendre l'origine des odeurs si particulières qui ont marqué la vie des Trifluviens pendant des décennies et encore aujourd'hui. Tout vient de la pâte, des produits entrant dans sa composition. Or, pour chacune des trois pâtes de base qui permettent de fabriquer différents types de papier, une odeur particulière émane. L'air de Trois-Rivières sent encore la pâte chimique mais malheureusement, ou heureusement, c'est selon, Boréalis n'est pas parvenu à recréer précisément l'odeur nauséabonde coutumière faute de pouvoir cuire la pâte à la température suffisante pour l'exalter.

L'expérience propose de plonger notre main dans la pâte pour en ressentir la texture. Le toucher est également mis à contribution pour tâter les toiles ou le feutre servant à assurer l'égouttement de la pâte faite d'eau à 99 %. Pour la vue, on nous propose un film datant de 1920 qui nous montre tout le processus de fabrication du papier dans l'usine.

On trouve même le moyen de mettre le goût à contribution mais on vous laisse le soin de découvrir par vous-même l'astuce pour le justifier. Le moment fort du passage reste la cabine qui reproduit presque intégralement les conditions de travail des papetiers: l'humidité, le bruit, la chaleur. On n'arrive pas à atteindre les niveaux qu'ont expérimenté les travailleurs dans les moulins de la première partie du XXe siècle mais l'expérience est suffisante pour donner une idée des conditions de travail déplorables. Or, le spectateur n'y est confronté que pendant quelques minutes à peine alors que les travailleurs les supportaient pendant 50 heures par semaine. Les temps ont bien changé.

Cette nouveauté ne transforme pas radicalement l'expérience des spectateurs à Boréalis mais rend la visite plus attrayante et, surtout, elle devrait plaire aux plus jeunes, parfois dépassés par les explications techniques sur les procédés de fabrication du papier.

«On s'est toujours targués d'être un musée qui vise la clientèle familiale, plaide la directrice générale Valérie Bourgeois. Au début de la conception du Passage 5S, on visait davantage la clientèle adulte mais en l'élaborant, on a dévié vers les enfants de sorte qu'on touche désormais mieux les deux clientèles. Le vernissage, lundi, s'est fait en présence d'enfants et ils ont beaucoup aimé.»

«Dans la façon de vendre le musée, ça va nous positionner un peu différemment. Les Européens n'ont pas d'images du travail dans les usines de papier et on va pouvoir leur en créer. On va renforcer notre positionnement dans un monde, le tourisme, où la compétition est extrêmement forte. Les gens ont le choix entre de très nombreuses activités de tous genres. Mais quand ils vont avoir à sélectionner un musée à voir en famille, je souhaite qu'ils choisissent Boréalis en sachant qu'on leur offre aussi une expérience inusitée. Ce ne sont pas tous les musées qui te permettent de ressentir les conditions de chaleur et d'humidité extrême des travailleurs dans les anciennes usines.»

«Concrètement, en nombre de spectateurs supplémentaires, c'est difficile à calculer parce qu'on pense que l'amphithéâtre va nous amener une clientèle supplémentaire. À savoir si c'est le nouveau Passage 5S ou l'achalandage de l'amphithéâtre qui déborde ici, ça va être difficile à déterminer.»

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