Le collège militaire, belle base pour un premier roman

L'auteur de Trois-Rivières Yvan Hamel a publié récemment... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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L'auteur de Trois-Rivières Yvan Hamel a publié récemment son premier roman mettant en vedette Vincent Donovan, un personnage qui est lui aussi trifluvien.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pour son tout premier roman, c'est au beau milieu du Collège militaire royal de Saint-Jean que le nouvel auteur Yvan Hamel a bâti le monde de Vincent Donovan, personnage qui l'a accompagné de belle manière au fil des dernières années. Il en a créé L'or, l'écarlate et le noir, bouquin de 580 pages qu'il publie ces jours-ci à la maison d'édition Pratiko.

Natif d'Asbestos, Yvan Hamel est devenu trifluvien en 1998 pour le bien de son travail d'agent d'aide et responsable de la planification chez Emploi Québec, un boulot qui a mis à profit son côté rationnel, mais qui n'aura pas eu raison de son pôle créatif.

En marge de son boulot, l'homme a toujours écrit pour lui, pour sa famille ou pour ses amis, sans penser à un lendemain possible dans le milieu littéraire. Jusqu'à ce jour de 2008 où, à sa grande surprise, il a récolté le Prix littéraire Clément-Marchand, parvenant à convaincre le jury avec un texte qu'il avait soumis à la toute dernière minute. «Le fait de gagner ce concours m'a donné confiance. Si un jury neutre appréciait ce que je faisais, ça pouvait peut-être s'avérer intéressant pour le public en général?», observe-t-il.

C'est dans cet esprit qu'il a concocté l'histoire de l'idéaliste Vincent Donovan, un jeune homme de 18 ans qui, en août 1975, entre au Collège militaire avec des attentes élevées à l'égard de cette institution. C'est avant de réaliser qu'à l'intérieur des murs de ce collège, les choses ne se passent pas aussi honorablement que ce qu'il avait imaginé.

Ainsi, il ira de désillusion en désillusion en tentant de se tailler une place dans ce monde qui, décidément, ne ressemble guère à ses aspirations, jusqu'à pousser notre jeune homme à vouloir régler les choses à sa manière.

Très loin de sa propre personnalité, le profil du personnage de l'auteur correspond davantage aux types qu'il admire. «J'aime les personnages qui vivent des vies occultes, qui font le bien, mais qui travaillent dans l'ombre, comme les super-héros qui sortent la nuit pour défendre une cause. Mon personnage n'est pas autiste, mais ça s'apparente un peu à cela... Disons qu'il est très introverti et que tout ce qu'il observe est vu par le prisme de quelqu'un qui est un peu fanatique.»

Rapidement, au fil des pages, on réalise que l'auteur connaît en détail le milieu dans lequel évolue son Vincent Donovan. Yvan Hamel a étudié à cet endroit pendant cinq ans, entre 1975 et 1980. Il ne lui restait qu'une session à faire avant de graduer et d'entrer officiellement dans l'armée quand il a décidé de tout plaquer. «À 18 ans, quand je suis entré dans ce collège, j'avais le goût de l'aventure, mais l'armée, la discipline, les ordres... Je ne me sentais pas à ma place, d'autant plus qu'on allait m'affecter à un navire. J'ai donc quitté et j'ai remboursé toutes mes études.»

Cet univers est toutefois demeuré bien ancré en lui. Au moment de créer son livre, il a fait appel à ses anciens camarades du collège, ceux avec qui il était resté en contact du moins. En groupe, ils se sont rencontrés au sein même de leur ancienne institution, qui a changé de vocation depuis. Le collège militaire a néanmoins stimulé une foule de souvenirs. Ils l'ont revisité et se sont raconté une variété d'anecdotes qui ont nourri le roman d'Yvan Hamel. «Et ces amis-là demeurent disponibles», dit l'auteur. «Quand j'ai besoin d'une information, je fais un appel à tous!»

Pour le reste, l'histoire même de son roman s'est avérée une intrigue en soi, avec une conclusion qui a bien failli ne jamais arriver. C'est en 2009 que Hamel a écrit ce bouquin, pour l'envoyer à une dizaine de maisons d'éditions, sans succès. Désillusionné, il a laissé son manuscrit de côté pendant cinq ans, jusqu'à ce qu'il décide de lui donner une deuxième chance l'été dernier. Un essai qui, cette fois, s'est avéré le bon.

La suite dépendra de l'accueil que l'on fera de son livre car, dans les faits, il aimerait publier une série de cinq tomes pour couvrir les cinq années d'études du mystérieux Donovan. «En fait, le tome deux est déjà écrit», note l'auteur, sourire en coin. «J'espère que je ne l'aurai pas écrit pour rien...»

Autrement, Yvan Hamel a déjà d'autres projets de romans en tête, autant d'aventures qui meublent aujourd'hui une retraite qu'il savoure officiellement depuis deux mois, et qui se vivra vraisemblablement au rythme des mots.

linda.corbo@lenouvelliste.qc.ca

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