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Le Baiser de la femme-araignée: solide tandem pour un huis clos costaud

Martin Bergeron et Frédéric Dowd forment un solide... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Martin Bergeron et Frédéric Dowd forment un solide tandem sur la scène de la Maison de la culture pour y défendre Le baiser de la femme-araignée, pièce mise en scène par Luc Levreault.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pour sa dernière production de la saison, le Théâtre des Gens de la place offre à son public un huis clos intéressant qui transporte les spectateurs dans l'univers sombre d'une prison d'Argentine, mais surtout au coeur d'une histoire de trahison qui permet d'apprécier sur scène un duo de comédiens qui tisse habilement la toile du Baiser de la femme araignée.

Cette pièce, issue d'un roman de Manuel Puig, a fait l'objet d'un film et d'une comédie musicale, mais n'avait jamais été montée au théâtre ailleurs qu'en France. Le défi était d'autant plus imposant pour Luc Levreault, qui a choisi de l'adapter pour s'aventurer dans une toute première mise en scène. La pièce qui en résulte comporte plusieurs éléments d'intérêt, notamment une très belle scénographie et un comédien principal qui brûle les planches.

Le public se retrouve devant une cellule où deux détenus cohabitent pour le meilleur et pour le pire. Molina (Martin Bergeron), gai jusqu'au bout du petit doigt, s'y trouve pour détournement de mineur et se présente au départ comme une véritable teigne pour Valentin Arrengui (Frédéric Dowd), journaliste et activiste devenu prisonnier politique, atterré par son sort et par celui de ses comparses.

Seul le fantaisiste Molina, qui écoule le temps en racontant les films à l'eau de rose qui ont marqué sa jeunesse, parviendra peu à peu à soutirer Arrengui de sa torpeur, jusqu'à lui arracher des confidences très précieuses pour le directeur de la prison (Patrick Lacombe) et l'inspecteur Miranda (Simon Potvin) qui sont prêts à tout pour contrecarrer les plans du mouvement révolutionnaire argentin. Jusqu'à créer un pacte avec Molina.

Sur les planches de la salle Anaïs-Allard Rousseau, la cellule occupe la position centrale de l'espace, tableau autour duquel on retrouvera les scènes de films que raconte Molina et qui constituent une histoire parallèle. Ces scènes nous font suivre une autre histoire de trahison, celle de la belle Leni (Marylin Berthiaume), qui joue toutes ses cartes auprès de l'allemand Werner (Camil Bergeron) pour tenter de sauver quelques victimes potentielles des camps nazis.

Or, cette histoire parallèle a beau être présentée sous une facture visuelle souvent magnifique et se déployer sur le ton affecté des films d'époque à l'eau de rose, pour le spectateur, le principal intérêt revient indéniablement à la relation créée entre les deux codétenus. Une relation qui gagne en profondeur et en sensibilité sous nos yeux et qui nous permet de témoigner de la superbe performance qu'y livre Martin Bergeron.

Dans les nuances de ses intonations, dans la douceur comme dans les soubresauts de culpabilité, dans sa manière de bouger les mains jusque dans son port de tête, Martin Bergeron est Molina. Son rôle de «tantouze» était un si grand piège à clichés que le seul fait d'éviter cet écueil l'honore. Bref, à lui seul, le rendez-vous en vaut le déplacement. À ses côtés, Frédéric Dowd aurait pu se retrouver dans le trouble, mais il est solide. Assez pour que l'on regrette de ne pas l'avoir vu plus souvent au sein du TGP, d'ailleurs.

À la mise en scène, Luc Levreault témoigne une fois de plus que les éléments de décors peuvent être peu nombreux lorsque les effets visuels font le travail. Ici, les éclairages (qu'il signe aussi) et les projections en fond de scène contribuent aux ambiances créées, pour maximiser de belle manière l'esthétisme de la production.

La pièce est livrée en 90 minutes sans entracte et demande un certain temps avant que l'on y adhère, mais la teneur et l'originalité de son propos l'emportent en cours de soirée pour se conclure par une sortie tout à fait intéressante. Le baiser de la femme-araignée sera présentée de nouveau jeudi, vendredi et samedi soir, 20 h, à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières.

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