Amitié et trahison en milieu carcéral

Martin Bergeron et Frédéric Dowd incarnent les deux... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Martin Bergeron et Frédéric Dowd incarnent les deux codétenus de la pièce Le baiser de la femme-araignée, mise en scène par Luc Levreault, celui-là même qui a conçu les éclairages de la majorité des productions du TGP depuis 22 ans.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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Linda Corbo
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Spécialiste des éclairages des productions du Théâtre des Gens de la place depuis les débuts de la troupe, Luc Levreault coiffe un deuxième chapeau cette saison. Il offrira sa toute première mise en scène avec la présentation de la pièce Le baiser de la femme-araignée, qui sera livrée dès jeudi soir à la salle Anaïs-Allard-Rousseau pour une série de sept représentations.

Il y a longtemps que Luc Levreault s'était fait offrir de tenter l'expérience de la mise en scène, lui qui a une vue d'ensemble sur les productions du TGP depuis 22 ans. Il n'était pas fermé à cette idée, mais attendait de trouver le projet qui l'interpellerait, ce qu'il a trouvé avec Le baiser de la femme-araignée.

Ce texte, publié à l'origine sous forme de roman par l'auteur Manuel Puig, a fait l'objet d'une adaptation au cinéma en 1985, puis d'une comédie musicale, mais n'a jamais été écrite pour le théâtre. C'est donc un grand travail d'écriture qui a d'abord occupé Luc Levreault afin d'adapter cet univers.

La pièce se passe dans une prison argentine, plus précisément dans une cellule où sont incarcérés deux hommes que tout sépare. Molina est homosexuel et purge une peine de prison pour attentat à la pudeur alors que son compagnon de cellule, Valentin, est un journaliste révolutionnaire devenu prisonnier politique sous haute surveillance.

L'amitié entre les deux hommes se tissera néanmoins dans la promiscuité de cet univers carcéral, notamment au fil des récits de Molina, qui écoule les heures en racontant les grands films qui ont marqué sa jeunesse. La ligne de l'amitié est toutefois très mince ici, dans un contexte où le mensonge et les possibilités de trahison planent toujours. Ce sont d'ailleurs les nombreuses dualités qui se retrouvent dans ce texte qui ont retenu l'intérêt premier du metteur en scène.

Luc Levreault a confié ses deux principaux personnages à Martin Bergeron et Frédéric Dowd. Ils seront entourés par les comédiens Patrick Lacombe et Simon Potvin, qui incarneront leurs geôliers, ainsi que par Camil Bergeron, Marilyn Berthiaume, Jean-François Pinard, Guy Potvin et Éric Ahern.

Pour diriger tous ces acteurs, Levreault a été assisté par Marie-Andrée Leduc. «Parfois, je me laissais tellement emporter par le texte que j'en oubliais que ce sont les comédiens qui font vivre les personnages...», note Luc Levreault. «Ma prochaine proposition au TGP, ce sera une co-mise en scène.»

Naturellement, son oeil à lui est davantage concentré sur les éclairages, la scénographie et la vision d'ensemble, observe-t-il. L'homme dit aussi avoir été particulièrement happé par l'exercice de l'écriture, allant jusqu'à ajouter de grandes portions de textes qui n'existaient pas afin d'étayer certains pans de l'histoire. «Je me suis beaucoup référé au film. Mon approche est très nord-américaine, très près des états d'âme et des émotions directes», dit-il. «J'ai précisé certains éléments qui donnent de la crédibilité aux personnages».

Pour meubler la scène, on aura recours à très peu d'éléments de décors, misant davantage sur des projections vidéos et les effets d'éclairage. D'ailleurs, fait à souligner, le metteur en scène n'a pas abdiqué son fauteuil d'éclairagiste, préférant cette position en fond de salle que les coulisses.

«Les éclairages, c'est ma façon d'être sur la scène avec les comédiens», dit-il. «Et de toute manière, rendu là, on est impuissant. Si je reste en coulisses, je vais me sentir comme un lion en cage. Il faut que je me garde occupé.»

La pièce sera présentée jeudi, vendredi et samedi à 20 h, dimanche à 14 h, de même que les 19, 20 et 21 février en soirée.

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