Daran au plus près du coeur

Le chanteur Daran s'est appuyé sur un album... (Photo: La Presse)

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Le chanteur Daran s'est appuyé sur un album dépouillé et vrai pour élaborer son nouveau spectacle qu'il offrira aux Trifluviens à la brasserie artisanale Le Gambrinus, le 10 février prochain.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On peut s'étonner de voir un chanteur aussi bien établi que Daran offrir son spectacle dans une petite salle comme celle de la brasserie artisanale Le Gambrinus, mais l'intimité et la chaleur typiques de l'endroit correspondent tout à fait au ton de ce spectacle intimiste nourri du plus récent album de l'artiste, Le monde perdu, sorti à l'automne. Le spectacle sera présenté le mardi 10 février, à 21 h.

Il s'agit d'un album très dépouillé où Daran ne s'appuie que sur sa voix, sa guitare et, à l'occasion, un harmonica pour se livrer sans pudeur. Il s'en dégage une pureté qui nourrit magnifiquement l'émotion. Daran explique qu'il a porté en lui cet album pendant une quinzaine d'années mais qu'il lui fallait attendre le moment, la rencontre entre l'envie de le faire et la capacité.

«C'est une démarche qu'il faut assumer et j'ai énormément appris durant sa confection qui s'est étendue sur un peu plus d'un an. Le côté dépouillé peut donner l'impression que c'est facile parce qu'il n'y a pas tellement de ressources mises à contribution mais finalement, c'est très complexe. On ne peut pas se retrancher derrière les arrangements, les accompagnements ou le mixage. Pendant un an, j'ai enregistré puis réécouté souvent pour évaluer chaque détail et reprendre systématiquement ce qui ne me satisfaisait pas.»

«Le résultat, c'est que je suis en accord total avec chaque millimètre carré de l'album. En plus, j'ai découvert plein de choses, plein de possibilités que j'ignorais dans ma façon de chanter. Je me suis aperçu à quel point on n'a pas besoin d'en mettre beaucoup quand on chante dans un arrangement aussi minimal. On peut ainsi explorer des zones de grande fragilité qui n'auraient pas vraiment de sens si, derrière, il y avait tout un groupe. À la fin du processus, encore, j'avais presque l'impression de «sous-chanter» alors que tout le monde me disais que je n'avais jamais si bien chanté.»

À cet album exceptionnel qui marque assurément un moment dans la carrière du chanteur, Daran a greffé un spectacle tout aussi singulier. Au Gambrinus, il chantera seul avec sa guitare mais sera quand même accompagné sur scène mais par une dessinatrice. Geneviève Gendron assumera la portion visuelle du spectacle grâce aux dessins qu'elle réalisera et qui seront projetés en direct sur grand écran, des dessins uniques puisqu'il s'agit d'oeuvres esquissées sur du film, grâce à un logiciel que Daran a fait concevoir exprès à Montréal.

«Ç'a été un travail énorme, convient-il, mais je suis très content du résultat. Je sentais le besoin d'ajouter quelque chose à la musique. Chanter seul, guitare-voix, je l'avais déjà fait; je trouve qu'il est important de ne pas tomber dans une zone de confort en refaisant ce qu'on sait déjà faire.»

«On a travaillé extrêmement fort pour conjuguer tout ça et que ça donne un ensemble homogène. On a tellement répété en amont du spectacle qu'il s'est créé une profonde complicité avec Geneviève. On a quelque chose de très satisfaisant entre les mains et la réponse du public est excellente: on a des spectacles réservés jusqu'en 2016 un peu partout au Québec mais aussi en Europe.»

Et à quel genre d'expérience doivent s'attendre les spectateurs trifluviens? «Jusqu'ici, on constate une très belle écoute et je pense que le film y est pour beaucoup. Je chante et les gens ne me regardent pas: ils fixent l'écran, sans décrocher. C'est ce qu'on souhaitait. Ce n'est pas une question de pudeur de ma part mais plutôt un désir de m'effacer au profit de la globalité du spectacle.»

«Je souhaite que les gens fassent un beau voyage, qu'ils flottent sur un nuage pendant la durée du spectacle. Qu'ils ne sachent plus tout à fait, pendant un moment, où commence la réalité et où elle finit.»

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