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Un cours d'histoire de l'art gratuit au Centre des arts de Shawinigan

L'exposition Entre ciel et terre présentée au Centre... (Photo: François Gervais)

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L'exposition Entre ciel et terre présentée au Centre d'exposition Léo-Ayotte, offre une belle variété de styles à travers plusieurs oeuvres représentatives de grands courants qui ont marqué l'art québécois aux XXe et XXIe siècles.

Photo: François Gervais

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François Houde
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Clémence Bélanger, la responsable du Centre d'exposition Léo-Ayotte du Centre des arts de Shawinigan est heureuse ces jours-ci: elle présente son exposition chouchou de l'année avec Entre ciel et terre, en provenance du Musée du Bas-Saint-Laurent.

Cette sélection assez consistante d'oeuvres puisées dans la vaste collection du musée présente différentes visions artistiques, différents mouvements qui ont marqué l'art québécois au cours du XXe siècle et du début du XXe. Le spectateur est à même de constater les transformations qu'a connues la pratique des artistes et l'évolution de notre vision du monde. Les oeuvres sélectionnées sont éloquentes et l'exposition mise sur quelques noms avantageusement connus: le Frère Jérôme, René Derouin, Riopelle, A. Y. Jackson.

Le titre fait référence aux deux facettes de l'exposition, chacune représentée dans sa propre salle. Au premier, on sent le côté contemplatif, l'élévation de la réflexion, un côté spirituel qui prend toutes sortes de formes pour élever l'âme. Dans la seconde salle, au deuxième étage, ironiquement, on revient sur terre avec la prédominance d'une vision concrète, une réflexion sur notre nature humaine, physique et sur notre lien au monde.

«Ça me rappelle mes cours en histoire de l'art, soutient Clémence Bélanger non sans émotion. On a souvent tendance à parler de notre art québécois comme quelque chose d'unique qui a évolué à l'abri des influences mais on constate très clairement ici qu'on a connu des mouvements qui ont marqué le monde de l'art à travers le monde au cours du XXe siècle. Les grands courants ont eu leur impact ici. Les automatistes, par exemple, ont brassé la cage et bousculé les académiciens et bien des idées reçues.»

«Les gens ont tendance à croire que rien d'important ne s'est passé ici en arts visuels et cette exposition offre une belle leçon. Il y a certains des artistes présentés ici qui ont d'ailleurs obtenu plus de reconnaissance à l'extérieur que chez eux.»

Il est rare que le centre d'exposition Léo-Ayotte présente des expositions offrant une telle variété d'oeuvres dans des styles aussi différents les uns des autres alors qu'une icône byzantine côtoie sans gêne une abstraction monochrome.

«En fait, c'est qu'on ne nous en offre pas ou très rarement, plaide la directrice. Celle-ci est une exposition itinérante, donc conçue pour voyager et surtout, à des coûts accessibles. Le Musée d'art contemporain nous en offre mais c'est trop onéreux pour nos moyens. Le Musée du Bas Saint-Laurent possède une importante collection et les gens d'ici sont chanceux parce qu'ils y ont accès sans avoir à se déplacer là-bas.»

L'exposition est divisée en chapitres qu'on présente et explique alors que des vignettes viennent apporter un éclairage supplémentaire pour certaines oeuvres particulièrement significatives ou moins évidentes de sorte que c'est aussi à une réflexion sur l'art et la pratique artistique à laquelle sont conviés les spectateurs.

Le monochrome orange de Claude Tousignant pourrait confronter certains visiteurs, par exemple. «Lors du vernissage, j'ai croisé trois dames devant l'oeuvre et les trois avaient des opinions très différentes dont elle discutait. Quand une m'a carrément demandé pourquoi on avait inclus l'oeuvre dans l'exposition, je leur ai répondu que c'était précisément pour susciter des réflexions et des discussions comme celle qu'elles étaient en train d'avoir.»

«J'espère beaucoup que les étudiants en arts de la région vont en profiter pour venir jeter un coup d'oeil. C'est le plus beau prétexte pour un cours en histoire de l'art. Plutôt que de voir les oeuvres sur écran tactile, ça vaut la peine de voir les tableaux originaux dans leurs vraies couleurs, le vrai format.»

L'exposition est présentée jusqu'au 15 février.

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