Novembre 84: un film qui fait bouger les choses

Au terme du visionnement du documentaire Novembre 84... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Au terme du visionnement du documentaire Novembre 84 lundi soir, au cinéma Le Tapis rouge, le réalisateur Stéphan Parent a répondu aux questions du public. Il est ici accompagné, de gauche à droite, de Marc Bellemare, Michel Surprenant, Ugo Fredette et Francine Viens

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le documentaire Novembre 84 du réalisateur Stéphan Parent a été présenté lundi soir au cinéma le Tapis Rouge de Trois-Rivières en présence de quelques invités venus échanger avec le public sur le film et les nombreuses questions qu'il soulève. Le film s'intéresse à huit cas d'enlèvement et de meurtres d'enfants québécois qui n'ont jamais été résolus et qui, pour plusieurs d'entre eux, présentent des similitudes qui laissent croire à des meurtres en série.

Soixante-seize personnes ont assisté à la représentation et les préoccupations soulevées par les questions du public ont clairement démontré que l'affaire Cédrika Provencher est encore bien vivante dans le coeur des Trifluviens. Il importe de mentionner que le film évoque cette affaire même s'il porte essentiellement sur des meurtres survenus dans les années 80 dans la région de Montréal. Le cas Cédrika Provencher n'est mentionné qu'à la fin du documentaire dans un lien très ténu tissé avec un possible suspect, dit «le chambreur», qui habitait Trois-Rivières en 2007 et encore aujourd'hui. Pour ce qui est du documentaire lui-même, il a été réalisé avec de très maigres moyens financiers et le film trahit son manque de moyens. Les démonstrations manquent souvent de rigueur et n'arrivent pas toujours à convaincre. Par contre, le document a le mérite de jeter la lumière sur des faits pour le moins troublants et de porter l'attention du public sur des enquêtes policières douteuses, pour ne pas dire carrément bâclées.

D'ailleurs, alors que les parents des enfants assassinés n'ont jamais obtenu des forces policières qu'elles vérifient des informations importantes, la seule sortie du documentaire a, semble-t-il, fait bouger les choses et le réalisateur Stéphan Parent a annoncé lundi soir au public trifluvien qu'il avait obtenu la confirmation des autorités compétentes que les enquêtes allaient être relancées.

En plus du réalisateur et de son coscénariste Ugo Fredette, l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare était au nombre des invités au même titre que le journaliste Claude Poirier, avant qu'une urgence le force à quitter, ainsi que Michel Surprenant, père de Julie Surprenant et Francine Viens, mère de Maurice Viens, une des petites victimes de 1984 dont l'assassin n'a jamais été retrouvé.

Tous ont parlé des lacunes constatées non seulement dans les enquêtes menés sur les disparitions et meurtres d'enfants mais également dans les structures mêmes des corps policiers au Québec. Michel Surprenant a indiqué qu'au cours des quinze dernières années, il avait vu une amélioration notable des relations entre les corps policiers et les familles des victimes voyant ainsi s'amincir le mur opaque qui existait à l'époque de la disparition de sa fille.

Marc Bellemare a soutenu qu'une nouvelle enquête, considérant les éléments matériels dont dispose les policiers et les nouvelles techniques d'enquête actuelles, aurait toutes les chances d'apporter des résultats. L'hypothèse que les huit cas répertoriés soient l'oeuvre d'un ou de plusieurs meurtriers en série étant la thèse privilégiée tant par le film que par Me Bellemare.

Les préoccupations du public concernant le cas de Cédrika Provencher n'ont certes pas été comblées par ce que le film leur a donné à se mettre sous la dent. L'information à l'effet que «le chambreur» habitait à proximité de la maison de Cédrika Provencher au moment de sa disparition étant venue aux oreilles de l'équipe de production à la fin de la réalisation de Novembre 84, Stéphan Parent n'a pas pu fouiller le dossier. Disons seulement que Claude Poirier, en entrevue sur les ondes d'une station de radio de Québec dans le cadre de la tournée de ce film l'automne dernier, a catégoriquement réfuté l'hypothèse selon laquelle «le chambreur» puisse être lié au cas Cédrika Provencher.

De nombreuses questions soulevées dans le film méritent cependant qu'on s'y attarde. Le documentaire sera projeté mardi soir ainsi que mercredi soir, à 19 h, au cinéma Le Tapis rouge.

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