De Shawinigan à Broadway

Derrière sa console du New Amsterdam Theater, Marie...

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Derrière sa console du New Amsterdam Theater, Marie Renée Foucher assure la qualité de la sonorisation du spectacle Aladdin depuis les dernières années.

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(Shawinigan) Depuis ses premières expériences en théâtre alors qu'elle était étudiante au Séminaire Sainte-Marie de Shawinigan, Marie Renée Foucher a toujours rêvé d'oeuvrer dans le monde du théâtre, mais spécialement de la technique et de la sonorisation.

Pionnière au Québec dans son domaine, la petite fille native du boulevard Saint-Sacrement à Shawinigan habite maintenant à New York où elle a travaillé, depuis les 25 dernières années, sur les plus grands spectacles présentés sur Broadway.

Dès son troisième secondaire, alors qu'elle montait des spectacles au centre culturel de Shawinigan avec des copains du Séminaire Sainte-Marie, Mme Foucher a développé son intérêt pour le théâtre. Ayant d'abord travaillé à confectionner des costumes pour ces représentations d'oeuvres de Molière, la fille du propriétaire de la station-service Foucher inc, bien connue à Shawinigan à cette époque, aura poussé sa passion jusqu'à s'inscrire en théâtre à l'UQAM, où elle foulera les planches pendant une session avant de se diriger vers la technique.

«J'ai toujours aimé le son, je voulais faire de la sonorisation. Mais à cette époque, ce n'était pas évident, surtout pour les femmes», se souvient Marie Renée Foucher, qui a eu à tailler sa place pour devenir la première femme au Québec à faire partie de l'Union internationale des techniciens à Montréal au milieu des années 80.

«Ce n'était pas un métier de femmes, et les portes n'étaient pas tellement ouvertes. Dans ce temps-là, si tu tombais enceinte, tu n'avais aucune sécurité d'emploi. Ça a beaucoup changé depuis, mais il a fallu que je défonce plusieurs portes pour réaliser ce que je voulais faire», se souvient la petite fille de l'ancien maire de Shawinigan J.-Armand Foucher.

Après avoir travaillé sur une tournée avec le chanteur Daniel Lavoie, Marie Renée Foucher a auditionné pour faire partie de l'équipe technique de la production française Les Misérables, en 1989. Bien que la distribution, qui comptait notamment Robert Marien, était francophone, l'équipe de production provenait de New York. En 1990, toute l'équipe se produisait pendant six mois à Montréal avant de partir en tournée au Canada pour terminer à Toronto vers la fin de l'année. Marie Renée Foucher occupait alors sa place derrière la console de son, comme elle avait toujours souhaité le faire.

«C'est là que je me suis fait plusieurs contacts à New York, et je suis allée réaliser quelques séjours là-bas. En 1994, j'ai officiellement demandé mon transfert pour travailler là en permanence», raconte-t-elle. En 1997, elle devient la première femme ingénieure de son à se joindre à l'International Alliance theatrical stage employee.

Mme Foucher aura travaillé, au fil des années, sur des spectacles aussi grandioses que Company (Stephen Sondheim) ou encore Les Misérables, The Lion King et Mary Poppins. Depuis les dernières années et jusqu'à ce jour, elle oeuvre sur la comédie musicale Aladdin au New Amsterdam Theatre, théâtre où elle est également en charge de la sonorisation depuis 1997.

Un métier exigeant

Bien qu'il puisse paraître glamour et prestigieux, le métier de technicien sur Broadway à New York n'en est certes pas moins exigeant. Les productions, qui sont présentées à raison de huit représentations par semaine, se doivent d'atteindre la perfection pour le public qui paie le gros prix et qui se déplace parfois du monde entier pour vivre l'expérience de la comédie musicale.

«Tu ne peux pas lâcher ton attention une seule seconde et tu dois toujours être à ton top. Tu peux parfois travailler depuis des années sur le même spectacle, ce n'est pas possible de s'asseoir et de se dire qu'on connaît bien notre affaire. On doit être vigilant à toutes les minutes», signale Mme Foucher, qui travaille toujours en équipe double et qui est responsable de quatre shows sur huit par semaine.

Ajoutez à cela la maintenance des équipements, les répétitions des comédiens remplaçants et tous les à-côtés du spectacle, et chacun est bon pour une semaine de travail qui dépasse souvent les 50 heures. Un rythme de vie qui ne décourage toutefois pas cette passionnée de la technique.

«J'adore être avec le public, d'entendre à chaque soir les réactions à partir du fond de la salle. À chaque soir, plusieurs personnes s'arrêtent à la console après le spectacle pour venir nous dire qu'ils ont apprécié. C'est gratifiant», reconnaît Mme Foucher, qui revient le plus souvent possible à Shawinigan, parfois aux six semaines, pour notamment rendre visite à sa mère.

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