Des toiles en peau de serpent

La Trifluvienne Sophie Guillemette crée des oeuvres uniques... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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La Trifluvienne Sophie Guillemette crée des oeuvres uniques et originales à partir de mues de serpents. Son exposition Traits primitifs est présentée au Complexe culturel Félix-Leclerc de La Tuque jusqu'au 22 janvier.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

(La Tuque) Amoureuse des serpents, et des reptiles dans son ensemble, la Trifluvienne Sophie Guillemette veut, à travers son art, faire découvrir et apprécier ces animaux. Ses oeuvres inspirées de la nature, qui incluent des mues de serpents, sont colorées, curieuses et fascinantes. L'exposition Traits primitifs est présentement à l'affiche au Complexe culturel Félix-Leclerc de La Tuque.

Une des oeuvres de Sophie Guillemette.... - image 1.0

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Une des oeuvres de Sophie Guillemette.

«Je veux donner une place au reptile dans l'art québécois. Partout à travers le monde les reptiles ont une belle place en culture, mais pas ici», lance Sophie Guillemette.

C'est le fruit du hasard qui a amené la jeune femme à créer à partir de mues de serpents, il y a déjà quelques années. C'est en fait un défi, qui consistait à sortir de sa zone de confort qui est à l'origine de ce projet. «On me demandait de faire quelque chose d'abstrait, parce qu'avant je faisais beaucoup plus de figuratif. Ç'a mijoté dans ma tête», avoue la diplômée d'arts visuels du Cégep de Trois-Rivières et de l'UQTR.

Puis est arrivée l'illumination. «En faisant du ménage, je jetais des mues de serpents. C'est un déchet en soi, mais je trouvais la texture super intéressante et j'ai demandé à tout le monde d'arrêter de les jeter pour faire des tests. C'est comme ça que je me suis mise à travailler là-dessus, mais ç'a été super long avant que je sorte quelque chose», affirme l'artiste.

Cette dernière avoue toutefois que ce matériel n'est vraiment pas évident à travailler. La mue de serpent est extrêmement fragile lorsqu'on veut en garder l'aspect naturel.

«Au début, le matériel brisait. C'est très très délicat. Je pourrais comparer ça à du papier de soie sec. C'est fragile et ça casse facilement», note Sophie Guillemette

La mue de serpent est intégrée à la toile et à la peinture, qui est à la fois en dessous et au-dessus. «Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a une certaine transparence. Sur les toiles, on voit très bien les écailles dans le relief», lance l'artiste.

Depuis le début de cette aventure en 2006, la jeune trifluvienne constate que sa démarche artistique a beaucoup évolué et que maintenant elle est beaucoup plus axée sur la beauté de ces animaux-là.

«Je travaille beaucoup plus en fonction de valoriser l'animal. J'aime qu'on voie la forme de l'animal. Mon but, ce n'est pas de le cacher. C'est pour ça que je laisse toujours la robe et les motifs apparents. D'une toile à l'autre, moi, je reconnais qui est dedans. [...] Tous mes goûts et mes valeurs se retrouvent dans mes oeuvres. C'est vraiment un mélange de tout ce que je fais autant artistiquement que professionnellement.»

D'ailleurs, certains reptiles qui ont prêté leur ADN à l'artiste sont sur place de temps à autre, lors d'activités spéciales ou de vernissages, avec Monsieur Reptile, le conjoint de Mme Guillemette. Cette dernière est la directrice du Zoo de Monsieur Reptile.

Python de Birmanie, Anaconda vert, Python royal, plusieurs espèces sont à l'honneur, les petits autant que les grands! «Comme les salles sont grandes, je peux me permettre des grands formats. On aurait pu faire une toile de 12 pieds, parce qu'on a un serpent de cette grandeur-là, mais là on avait un problème de transport. Alors je me suis limitée à huit pieds», dit-elle en riant.

Sophie Guillemette fait également des bijoux avec de la mue de serpent. «Ça fait un beau souvenir, ça ne prend pas de place, c'est aussi beau, mais c'est plus petit et plus accessible pour les visiteurs.»

Les citoyens de La Tuque ont jusqu'au 22 janvier prochain pour profiter de l'exposition. Les oeuvres de l'artiste seront à l'affiche par la suite à L'Éco-Salon du Lac-St-Pierre à Trois-Rivières du 13 au 15 février 2015 en compagnie de Monsieur Reptile. Finalement, l'artiste sera à l'honneur au centre d'exposition Raymond-Lasnier dans le cadre de la Semaine des découvertes culturelles de Trois-Rivières, présentées du 24 au 26 avril 2015.

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