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Astragale: la directrice congédiée veut protéger l'institution

Isabelle Rochon a occupé les fonctions de directrice...

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Isabelle Rochon a occupé les fonctions de directrice administrative de l'école de danse l'Astragale jusqu'au 31 décembre dernier, date de la fermeture de l'école pour une durée indéterminée.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'ex-directrice administrative de l'école de danse l'Astragale, Isabelle Rochon, est sortie de son mutisme mercredi, pas tant pour dénoncer la déresponsabilisation des membres du conseil d'administration qui ciblent essentiellement sa mauvaise gestion des lieux, mais pour insister sur l'importance de trouver des solutions à l'impasse de cette école de danse à Trois-Rivières, quitte à remettre certaines pendules à l'heure au passage.

Pour elle, il importe d'abord et avant tout de protéger cette institution. «L'école est dans une situation difficile, mais rien d'irrécupérable», dit-elle. «Il faut sauver cette école et il y a des mesures qui peuvent être prises. C'est une bonne école avec d'excellents professeurs qui forment de très bonnes ballerines et danseuses. On n'aura pas ça ailleurs en Mauricie. La relocalisation du programme danse-études est une belle piste de solution, mais il faut aussi trouver une solution pour les cours du soir.»

Isabelle Rochon voit d'un très bon oeil l'offre d'aide qui a été proposée en début de semaine par Claire Mayer, celle-là même qui a fondé et dirigé cette école, avant de quitter la direction de cette institution en 2009 pour se consacrer exclusivement au Festival international Danse Encore. «S'il y a une personne qui peut sauver l'Astragale, c'est bien elle. Claire (Mayer) a toute l'expertise et les contacts pour le faire. L'Astragale ne peut pas fermer, c'est une institution importante à Trois-Rivières.»

Mme Rochon explique que la situation financière difficile de cette école est attribuable au contexte économique. Elle estime une baisse de quelque 80 inscriptions en deux ans. Dans ces circonstances, dit-elle, les revenus ne suffisaient plus à régler les comptes.

«En 2013-2014, nous avons eu une légère baisse d'inscriptions et une baisse encore plus grande pour l'année 2014-2015. Le vrai problème, c'est que l'on n'avait plus assez de revenus pour les dépenses. Il aurait fallu faire une levée de fonds ou trouver un autre loyer, mais je travaillais déjà quarante heures à l'école, je n'étais pas capable de tout faire seule et j'étais laissée à moi-même. Je ne veux pas parler contre les membres du c.a., ce sont tous des parents d'élèves, mais malheureusement, ils n'ont pas été aussi impliqués que je l'aurais souhaité.»

La dame explique qu'elle avait bel et bien informé les membres du conseil d'administration. «Depuis juin, j'essayais de sauver les meubles, de récupérer la situation et de sauver l'école...», dit-elle. Mme Rochon a poussé son implication jusqu'à avancer une somme personnelle de 5000 $ pour le bien de l'école. «La présidente du conseil d'administration m'a signé un chèque pour que je me rembourse éventuellement. Je voulais le faire quand la situation serait rétablie, mais je l'ai encore dans mon portefeuille. Les gens du conseil d'administration étaient au courant de ça. Si ce n'est pas un bon indicateur, je ne sais pas ce que je pouvais faire de plus...»

Depuis la mi-novembre, Isabelle Rochon a quitté ses fonctions pour épuisement, anxiété et dépression. Le 21 décembre, les membres du c.a. l'ont convoquée pour qu'elle explique la situation. «Ils voulaient que j'y aille seule et je ne m'en sentais pas la force. Déjà que j'avais les nerfs à fleur de peau, je ne voulais pas m'effondrer et j'avais l'impression qu'on n'en tirerait rien de bon. J'ai quitté pour des raisons de santé, je n'étais pas prête et c'est ce que je leur ai dit.»

Le 31 décembre, elle a reçu une lettre de congédiement, datée du 29 décembre. «Ils ont pris une décision. C'est leur décision et je la respecte. ll faut se concentrer sur des solutions», dit-elle.

Isabelle Rochon était à l'emploi de l'Astragale depuis 2005. Entre 2005 et 2009, elle était gérante de l'école. Après le départ de Mme Mayer, il y a eu une année de flottement, dit-elle, après quoi elle est devenue directrice administrative. «J'ai tout mené de front jusqu'à y perdre ma santé», dit-elle. «J'ai ma part de blâme, mais j'ai fait beaucoup pour aider l'Astragale au meilleur de mes connaissances. De me faire congédier, je trouve ça malheureux, mais s'il faut que je me retire pour sauver l'école, je le ferai.»

Pour le moment, elle entend se rétablir d'abord et avant tout. «Actuellement, je ne suis pas en mesure de prendre des décisions. Je n'ai pas la santé pour le faire.»

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