Rentrée sous le signe de l'incertitude à l'Astragale

Ci-dessus, une scène du ballet Casse-Noisette, spectacle qui... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Ci-dessus, une scène du ballet Casse-Noisette, spectacle qui est présenté aux deux ans à la salle J.-Antonio-Thompson grâce à la collaboration de l'école de danse l'Astragale de Trois-Rivières et les Ballets Ouest de Montréal.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La rentrée se fera dans l'incertitude mardi matin pour les 26 élèves en danse-études de l'Académie les Estacades qui ont appris la veille du jour de l'An, par courriel, que l'école de danse l'Astragale qui dispense leurs cours fermait ses portes pour une période indéterminée.

La situation est la même au Collège Laflèche, quoiqu'à cet endroit, une seule élève était toujours inscrite au programme danse-études. La fermeture surprise de l'école touche par ailleurs quelque 200 élèves qui, sans appartenir à un programme scolaire, suivaient des cours de danse à cette école et ce, parfois depuis de nombreuses années.

Johanne Piché est la mère de deux jeunes filles de 11 et 13 ans qui y suivent une formation de ballet depuis qu'elles ont l'âge de 3 ans. La dame a été estomaquée de recevoir, à quelques jours d'avis, un courriel leur annonçant que les cours ne reprendraient pas le 5 janvier (lundi) comme prévu.

«Les filles l'ont appris en même temps que moi, le 31 décembre, et elles en étaient très tristes. Nous sommes très attachées à cette école», note la dame, qui ne voit pas d'autre équivalent pour plusieurs de ces jeunes.

C'est que chez les élèves les plus avancés, aucune autre école ne dispense une formation de ce calibre, indique Mme Piché. En février, ses deux filles devaient d'ailleurs passer des auditions à l'École supérieure de ballet du Québec à Montréal. «Elles n'ont plus de place où pratiquer maintenant.»

La dame se questionne aussi sur l'avenir du ballet Casse-Noisette, qui était présenté aux deux ans à la salle J.-Antonio-Thompson de Trois-Rivières, fruit d'une collaboration entre L'Astragale et les Ballets Ouest de Montréal. «Il faudrait que l'Astragale s'associe avec le Conservatoire de musique de Trois-Rivières», avance Mme Piché. «Ça ferait des beaux spectacles!»

L'incertitude a aussi gagné les parents des élèves de l'Académie les Estacades, qui défraient une somme de 2000 $ pour que leur enfant y suive le programme danse-études (65 % de cours académiques et 35 % de cours de danse). Ceux qui ont procédé par paiements mensuels ont été prévenus que leur retrait préautorisé serait tout bonnement annulé. D'autres parents ont toutefois déjà acquitté la somme complète directement à l'école de danse et se questionnent sur la suite des choses.

Lundi, à l'Académie les Estacades, on se voulait rassurant. «On est optimiste sur les pistes de solution et on travaille avec eux pour bien terminer l'année», note la nouvelle directrice de l'école, Chantal Morin. Dès mardi matin, dit-elle, les élèves de ce programme seront accueillis dans un local où on leur accordera une période d'étude.

La mère d'une élève en danse des Estacades, qui préfère garder l'anonymat, relevait lundi que la situation plongeait néanmoins tout le monde dans l'inquiétude. «J'espère qu'ils n'annuleront pas les cours. Ce serait extrêmement décevant car ils y formaient de très bonnes danseuses», note la dame. «C'est insécurisant pour ceux qui sont passionnés de danse, car il n'y en a pas 36 écoles de danse à Trois-Rivières... Et comme parent, on souhaite que notre fille puisse poursuivre sa passion.»

Outre les élèves, la fermeture de l'école de danse touche huit professeurs qui évoluaient pour le compte de l'Astragale et deux employées de bureau, dont Isabelle Rochon, qui était directrice administrative de l'école de danse jusqu'à ce qu'elle quitte cet automne pour un congé de maladie. Le conseil d'administration a pris le relais depuis décembre, ce qui aurait mené les membres à découvrir la situation financière précaire de l'établissement.

Notons que l'école de danse, qui avait belle réputation il y a quelques années encore, profite d'une subvention du ministère de la Culture et des Communications du Québec.

À l'école de danse L'Astragale, on se butait à un silence quasi complet lundi, les membres du conseil d'administration se limitant à un bref communiqué émis en soirée.

«Nous sommes actuellement en discussion avec les dirigeants de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy afin de relocaliser les activités de danse-études et de permettre aux élèves de terminer leur année scolaire», notent-ils. «Nous sommes conscients des désagréments que la situation peut occasionner et nous faisons tout en notre possible pour que les élèves en danse-études reprennent leurs activités.» Le communiqué n'indiquait toutefois rien pour les autres élèves de l'école de danse et on ne veut répondre à aucune question pour le moment.

Ce silence fait évidemment place aux rumeurs, qui vont d'un désordre financier jusqu'à l'éventualité d'une faillite, entre autres. Il est déjà acquis que les cours ne se dispenseront plus dans les locaux actuels, situés dans l'ancienne école Marguerite-d'Youville.

À cet effet, les parents des élèves ont reçu un autre courriel, les avisant qu'ils devaient aller chercher les effets personnels de leur enfant dans leur casier mardi soir, entre 18 h 30 et 20 h.

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