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Morosité économique: les grandes salles de spectacle n'y échappent pas

L'année 2014 n'a pas été la plus facile... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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L'année 2014 n'a pas été la plus facile à la salle J.-Antonio-Thompson de Trois-Rivières, où l'on a observé une baisse d'achalandage, particulièrement cet été.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Linda Corbo
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un peu partout en province, les grandes salles de spectacle ne sortent pas indemnes d'une année 2014 qui s'est avérée difficile sur le plan économique, quoique la Mauricie présente un portrait un peu différent d'une place à l'autre, que l'on se retrouve à Trois-Rivières, Shawinigan ou La Tuque.

Au Centre des arts de Shawinigan, le nombre... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Au Centre des arts de Shawinigan, le nombre de spectateurs a été à la hausse cette année, mais le taux d'occupation de la salle demeure tout de même plutôt bas. Ci-dessus, on aperçoit Louise Martin, directrice de Culture Shawinigan.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

À la salle J.-Antonio-Thompson, entre l'année 2013 et 2014, on a observé une baisse de 17 % dans la vente des billets aux guichets, passant d'un total de 83 500 billets vendus en 2013 à 69 000 en 2014. Si on considère que l'on y a présenté dix spectacles de moins cette année, on peut toutefois dire que la baisse nette se mesure davantage autour de 10,7 % en moyenne par représentation. Avec un taux d'occupation qui s'établit autour de 62 % ou 63 %, Trois-Rivières s'en tire tout de même honorablement.

Pour le directeur de la gestion et de la diffusion de la salle, Claude Marchand, la baisse d'achalandage repose beaucoup sur la saison estivale, à l'an 2 du spectacle de Québec Issime à Trois-Rivières. «C'est cet été que cela s'est passé. Les gens de l'extérieur ont répondu, mais localement, ça a été beaucoup plus difficile», note M. Marchand.

Ce dernier se réjouit toutefois de l'augmentation de 8 % constatée du côté du Théâtre du Cégep, et ce, malgré une offre qui est passée de 31 à 26 spectacles dans cette salle de 460 sièges, pour une moyenne de 361 spectateurs par représentation.

Au complexe culturel de La Tuque, on a vu l'assistance chuter quasi de moitié entre la programmation 2012-2013 et celle de 2013-2014, passant de 7127 à 3913 spectateurs, une statistique qui doit toutefois être atténuée un peu du fait qu'on a présenté cinq spectacles de moins cette année dans cette salle de 528 places. Depuis l'automne, on assiste par ailleurs à La Tuque à une petite remontée, note la directrice générale et artistique des lieux, Sandie Letendre.

Dans ce portrait, le Centre des arts de Shawinigan s'en tire bien avec une hausse du nombre de spectacles qui est passé de 50 à 57 entre 2013 et 2014, le tout ayant une incidence sur la hausse du nombre de billets vendus, qui est passé de 16 326 à 20 965 entre 2013 et 2012, soit une augmentation substantielle de 28 %. Pour cette salle pouvant accueillir 950 personnes, le taux d'occupation est toutefois moins éloquent, se situant autour de 34 % en 2013 et de 38 % en 2014.

L'augmentation de 2014 demeure néanmoins appréciable quand on connaît le contexte économique qu'a traversé cette ville au cours de la dernière année. La directrice de Culture Shawinigan, Louise Martin, estime que les citoyens de cette ville sont particulièrement fidèles. «Je pense qu'à Shawinigan, il y a un désir de communauté et que les gens utilisent les services. Quand on parle d'achat local, ça vaut aussi pour ça», dit-elle, ajoutant que la diversité est belle quant à leur fréquentation. «On n'a peut-être pas des salles toujours pleines, mais les gens assistent à plus de spectacles différents.»

La dame est d'autant plus consciente de la situation précaire qui prévaut partout en province dans les grandes salles qu'elle a été élue, en septembre, à la présidence de RIDEAU (Réseau indépendant des diffuseurs d'événements artistiques unis). «Partout en province, il y a des baisses. La chanson francophone se porte très mal actuellement», précise-t-elle.

Pertes d'emplois, précarité et morosité sont autant de facteurs qui ont accentué une certaine insécurité chez les consommateurs, estiment plusieurs diffuseurs, dont Claude Marchand à Trois-Rivières. «On ressent le climat économique aux guichets, et on le sent depuis l'automne 2013, je dirais», observe-t-il, abondant dans le sens de sa collègue de Shawinigan. «Définitivement, la chanson est problématique dans les salles de capacité plus importante.»

En humour et en variétés, le ralentissement est moins marqué qu'en chanson, ajoute-t-il, mais il existe tout de même. Même en théâtre, on a connu une baisse cette année comparativement à l'an dernier, un domaine qui a pourtant la cote habituellement à Trois-Rivières, contrairement à Shawinigan où on a beaucoup de difficulté à s'allier un large public.

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