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La famille Provencher à l'honneur dans l'exposition Sur la rue Jutras

L'exposition Sur la rue Jutras présentée au Musée... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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L'exposition Sur la rue Jutras présentée au Musée québécois de culture populaire est surtout un témoignage sur la famille Provencher qui a habité la rue Jutras, à Trois-Rivières, pendant de nombreuses années. On voit ici, à gauche, René Provencher, qui a construit la maquette de la rue Jutras et son oncle, André Provencher, qui est le porte-parole de la famille.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

On entend souvent parler du patrimoine immatériel sans être forcément en mesure de le définir. L'exposition intitulée Sur la rue Jutras présentée au Musée québécois de culture populaire de Trois-Rivières jusqu'au 5 avril 2015 en est une expression particulièrement éloquente. L'exposition porte officiellement sur une rue mais dans les faits, elle porte sur une famille qui l'a habitée au cours des années 50 et 60 et sur la vie dans un quartier modeste de cette époque.

L'exposition tourne autour d'un objet physique, une maquette très imposante d'une dizaine de façades de maisons toutes situées sur la rue Jutras, à Trois-Rivières, dans le quartier dit de «La Petite Pologne». Derrière ces façades, c'est toute une vie de quartier qui se dessine alors que des panneaux informatifs et, surtout, des capsules vidéos permettent à des membres de la famille Provencher de témoigner de différents aspects de la vie de l'époque: la religion, les loisirs, l'émancipation des femmes, la vie de famille, l'éducation, etc.

La genèse de l'exposition mérite qu'on s'y arrête. La famille Provencher, qui comptait 13 enfants, s'est établie sur la rue Jutras en 1952. Le père était le bedeau de la paroisse Saint-François-d'Assise. La famille, qui compte aujourd'hui 33 petits-enfants et 44 arrières-petits-enfants, se réunit toujours à chaque année au Jour de l'an. Un des petits-enfants, René Provencher, a eu l'idée de fabriquer des maquettes de façades de maisons de la rue Jutras il y a quelques années et en 2013, en prévision de la 60e fête annuelle des Provencher, on l'a incité à la compléter. C'est cette maquette qui se trouve au musée aujourd'hui et qui sert de prétexte à témoigner de la vie familiale de cette époque.

«L'intérêt évident pour moi, c'était de témoigner de la vie d'un quartier, explique le directeur général du MQCP, Yvon Noël. Une famille de 13 enfants qui, à une certaine époque, a vécu dans un même appartement, ça implique une forme de vie communautaire très particulière qu'on ne retrouve plus aujourd'hui.»

«Essentiellement, ça parle de la vie: c'est ça qui m'intéresse. Derrière les témoignages, ce sont des humains qui se dessinent et ça, c'est universel. Ça s'adresse à tout le monde: peu importe d'où on vient, on a habité sur une rue qui symbolise la vie qu'on y a connue. La maquette est un prétexte: ce qui est vraiment intéressant, c'est la documentation autour, les personnes qui parlent de leur vie.»

«Pour les plus jeunes qui connaissent une existence profondément différente, ça fait du bien de savoir qu'il y a des choses simples autour de nous, auxquelles on ne porte pas attention, mais qui sont essentielles. C'est important, pour envisager le futur, d'avoir des références sur nos origines. La vie n'est pas quelque chose d'arrêtée dans le temps, elle est un continuum.»

Aux yeux d'André Provencher, porte-parole de la famille, cette vie modeste se résume en un mot: bonheur. «J'ai vécu une enfance absolument heureuse. J'aimerais que mes propres petits-enfants connaissent la vie de quartier telle que je l'ai connue. On a été élevés dans la simplicité et on s'amusait avec des riens. Ça a développé notre créativité et on n'a jamais manqué de rien.»

«J'ai peine à croire qu'une famille d'aujourd'hui similaire à la nôtre puisse développer des liens aussi forts. Je retourne parfois voir la rue par simple nostalgie et je me dis: «Quel bonheur on a connu.» À une certaine époque, il y avait six loyers occupés par différents membres de notre famille sur la rue Jutras. Pour moi, l'exposition, c'est l'histoire d'une famille et ça, ça peut toucher tout le monde.»

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