Réunir littérature acadienne et grand public

Benoit Doyon-Gosselin, Trifluvien d'origine et titulaire de la...

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Benoit Doyon-Gosselin, Trifluvien d'origine et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et milieux minoritaires à l'Université de Moncton.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Il n'y a pas vraiment d'histoire de la vie littéraire en Acadie. Il y a un livre qui se termine autour des années 1983 alors que tout commence à être intéressant à partir de là», raconte le professeur Benoit Doyon-Gosselin de l'Université de Moncton.

Le Trifluvien d'origine, passionné par l'Acadie et tout particulièrement par sa poésie, sa littérature et ses artistes, entend mettre à profit sa Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et milieux minoritaires pour remédier à la situation et probablement créer un manuscrit grand public qui pourrait aussi être employé en milieu scolaire.

On sent que le professeur Doyon-Gosselin pourrait aisément discourir pendant des heures quand il est question de littérature acadienne qu'il rêve de mettre en valeur par divers moyens.

«À partir des années 1970, il y a de plus en plus d'auteurs, surtout des Acadiens évidemment, qui ont fait de Moncton un motif de la littérature acadienne. Moncton existe plus dans l'imaginaire que dans la réalité», analyse le professeur.

Il cite l'exemple de l'artiste d'arts visuels Mark Young qui a créé une carte du métro inexistant de Moncton. Il a donné aux lignes de métro fictives le nom de diverses personnalités artistiques et culturelles acadiennes, dont la station France-Daigle et le boulevard Gérald-Leblanc. «C'est une fausse carte, mais en la voyant, on se rend compte de tout ce qui a été accompli en 40 ans» en matière littéraire, dit-il.

S'inspirant un peu de cette idée, le professeur Doyon-Gosselin voudrait fabriquer une carte de Moncton qui serait, dans les faits, «une vision imaginaire de Moncton décrite par les poètes et les écrivains.»

«Par exemple, si tel poète parle de la rivière Petitcodiac, on peut mettre un point sur la carte et y joindre un extrait d'un poème ou un bout de roman. Il y aurait, sur cette carte de Moncton, 1000 petits points qui parleraient de certains endroits à travers la littérature», explique-t-il.

«Au lieu d'être une approche égocentrique, par exemple le Moncton de Gérald Leblanc, on part de la Ville elle même c'est-à-dire Moncton vue par tous ses artistes. Ça peut être en arts visuels aussi», explique-t-il.

Par exemple, Jean-Paul Daoust a écrit un recueil, en 2010, qui s'appelle Carnets de Moncton. Jacques Ferron, auteur bien connu à Louiseville, a écrit un roman, Les Roses sauvages, qui se passe à Moncton. «C'est un regard exogène, un regard de gens d'ailleurs qui parlent de Moncton», explique le chercheur.

Benoit Doyon-Gosselin, estime que la carte de Moncton qu'il est en train d'imaginer pourrait très bien être interactive et se loger dans un site web.

Ce projet est d'autant plus intéressant que cette ville du Nouveau-Brunswick s'apprête à fêter son 125e anniversaire. «Dans le cadre du festival bilingue Frye (du 25 avril au 3 mai), axé sur la littérature, des citations tirées d'oeuvres littéraires seront affichées sur divers édifices de Moncton pour montrer que la Ville est devenue littéraire depuis 40 ans.» Le professeur Doyon-Gosselin a accepté de servir d'expert-conseil pour réaliser ce projet.

Bref, le Monctonien d'adoption veut faire descendre l'Université dans la rue et permettre à la littérature acadienne de rejoindre le grand public.

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