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Un livre en chantier pour l'ex-conseillère Sylvie Tardif

Après une défaite douloureuse aux dernières élections municipales... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Après une défaite douloureuse aux dernières élections municipales de Trois-Rivières, l'actuelle coordonnatrice du Centre d'aide COMSEP, Sylvie Tardif, couchera son expérience sur papier afin d'inspirer d'autres personnes issues du milieu communautaire à s'engager activement en politique.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alors que la poussière est retombée sur les dernières élections à Trois-Rivières, l'ex-conseillère du district Marie-de-l'Incarnation et candidate défaite à la mairie, Sylvie Tardif, troque l'épée du pouvoir politique contre la plume non moins affûtée de l'écrivaine.

En effet, depuis peu Mme Tardif table «tous les jours» sur un essai inspiré de son cheminement professionnel et personnel qu'elle entend bien publier avant les prochaines élections municipales du 5 novembre 2017.

Une maison d'édition aurait d'ores et déjà approché la femme de lettres en herbe. Dans les prochains mois, Mme Tardif tentera de rejoindre des personnes issues du milieu littéraire et de l'édition afin de l'encadrer dans sa démarche de rédaction. Des écrivains potentiels sont déjà dans sa ligne de mire.

Loin d'un plaidoyer prenant fait et cause pour son programme électoral et où elle tremperait sa plume dans le vitriol, à l'écart du règlement de compte assassin et vengeur où elle descendrait un à un ses anciens adversaires, à mille lieues de la biographie chronologique détaillant le parcours de cette femme engagée depuis plusieurs décennies dans la marche sociale et politique de la cité de Laviolette, Mme Tardif désire plutôt démontrer combien il importe que les acteurs sociaux originaires du milieu communautaire prennent d'assaut l'arène politique de manière à «faire bouger les choses».

Pour l'heure, le manuscrit, qui porte le titre provisoire de De fleur bleue à cactus, est au stade embryonnaire, mais Mme Tardif compte en faire un outil «d'éducation populaire» s'inscrivant dans une démarche de «conscientisation».

«Je veux transmettre aux gens du mouvement social et communautaire mon expérience pour qu'ils puissent investir les lieux de pouvoir. Mon objectif est de leur donner de l'information, cela sans aucune amertume. Je ne veux surtout pas décourager les gens, qu'ils terminent le livre et qu'ils n'aient pas envie de s'engager en politique. Car au bout du compte, de mon implication a découlé beaucoup de positif. Malgré tout, j'ai fait avancer les choses de l'intérieur. Dès que tu embarques dans le bateau, tu changes inévitablement les choses. C'est un peu pour transmettre ça que j'écris ce livre.»

«Dans le communautaire, j'ai le pouvoir de l'influence», renchérit Mme Tardif. «Mais lorsque j'étais conseillère municipale, j'avais l'influence du pouvoir. Ces deux positions ne sont pas incompatibles. Ça donne quelque chose d'avoir le pouvoir, c'est ce que tu en fais qui fait la différence. Dans ce livre je ne mettrai pas de lunettes roses, la politique est un monde extrêmement difficile et je vais le démontrer avec des exemples concrets. Tout de même, c'est aussi là qu'on peut faire avancer des projets et changer les choses.»

Maintenant totalement guérie de son revers électoral, alors que les maux et les torts subis sont derrière elle, Mme Tardif espère donc contaminer d'autres personnes en les incitant à s'inscrire sous le ciel de la politique, beau temps mauvais temps. Si elle assure que son époque «fleur bleue» est révolue, son époque «cactus» est également accomplie, non sans l'avoir balafrée de quelques cicatrices.

«Lorsque je suis arrivée en politique, j'étais vraiment une fleur bleue, je portais en moi les valeurs du communautaire, la solidarité, l'entraide, la générosité. L'argent n'était pas ma préoccupation première. J'arrivais donc dans un milieu un peu hostile. Pendant plus d'un an, j'ai vécu un choc culturel important. J'ai appris le fonctionnement du milieu politique sur le tas. Avec le temps j'ai dû me faire une carapace. J'ai dû me protéger, car les coups venaient vite. Je suis devenue un cactus. Aujourd'hui, je sais que je ne serai plus jamais une fleur bleue comme j'étais.»

Malgré la défaite, donc, malgré les «coups bas», malgré tout, Mme Tardif laisse entendre que son engagement politique n'a pas été vain, et c'est justement pour clarifier son parcours qu'elle couchera sur papier son va-et-vient entre le milieu communautaire et le champ de bataille politique où elle s'est jetée, parfois à son corps défendant.

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