Charme, sophistication et plaisir avec Adam Cohen

C'est, encore une fois, à un très beau... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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C'est, encore une fois, à un très beau rendez-vous plein de charme et d'émotion que l'auteur-compositeur Adam Cohen a convié le public trifluvien à la salle Thompson samedi soir.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un spectacle d'Adam Cohen, c'est un rendez-vous galant avec un homme doté d'un charme hors du commun mais qui se refuse à n'offrir que ça de lui. Au public venu le rencontrer samedi soir à la salle Thompson, une petite assistance d'environ 475 personnes, Cohen a joliment fait la cour avec suffisamment de conviction et de talent pour séduire absolument. Qui sait où cela nous aurait entraîné si le public avait été un peu moins timide?

Il s'agissait du dernier spectacle de sa tournée canadienne puisqu'il prenait l'avion dans la nuit de dimanche, à 5 h, plus précisément, pour l'Australie. Il a affirmé que Trois-Rivières serait son dernier souvenir du Québec et qu'il s'en ennuierait. On a fait semblant de le croire.

Pour au moins trois des musiciennes qui l'accompagnaient, il s'agissait d'une dernière représentation et je crois, avec le recul, qu'on pouvait sentir que ce spectacle n'en était pas qu'un parmi d'autres. On a eu l'impression que les musiciens y ont investi ce petit supplément de plaisir qui peut faire les grandes soirées.

On a eu droit à un superbe spectacle, simple, chaleureux, sophistiqué mais sans vanité. Un spectacle comme une rencontre, un doux tête-à-tête. L'auteur, compositeur et interprète était accompagné de cinq musiciens dont quatre femmes. Aux sempiternelles formules guitare, basse, clavier et batterie, Cohen a opposé une guitare, un trio de cordes, dont un violoncelle et une batterie.

Mais avec des musiciens polyvalents de sorte, pas deux chansons n'avaient le même socle musical allant de six instruments à cordes guitares à un frugal clavier/voix. Chaque chanson a trouvé sa singularité par les arrangements ou les mises en scène et le trio de cordes a donné une étonnante intensité à plusieurs passages musicaux.

Tout cela s'est fondu, d'un bout à l'autre de ce spectacle d'une durée de 105 minutes, dans un impeccable équilibre réglé avec une redoutable précision et nappé, il importe de le mentionner, dans un son parfaitement contrôlé. Un dosage délicat permettant de communier à la poésie de l'artiste sans qu'on sente pour cela qu'une chanson y a perdu en richesse, en équilibre ou en texture, bien au contraire.

Même sophistication dans les éclairages qui enrobaient le tout. Des lumières savamment dosées et magnifiques qui ne cherchaient pourtant jamais à se satisfaire à elles-mêmes. Rare élément de décor, de grosses ampoules nues pendaient du plafond au bout de leur fil à différentes hauteurs à travers l'espace de scène. Ce seul élément définissait les paramètres du spectacle: dénuement, raffinement, chaleur, beauté. Une apparente désinvolture venant masquer une grande sophistication et un profond souci du détail au service de l'émotion.

Musicalement, Cohen a simplement décliné la majorité des plages de son plus récent album, We Go Home, faisant ressortir la variété cachée dans un ensemble apparemment homogène. Entre la sincérité de So Much to Learn ou Song of Me and You, il a mis en lumière la fantaisie de We Go Home ou la ferveur de Uniform. Il a même fait éclater Love Is pour présenter ses musiciens dans une sympathique parade. Pour Sweet Dominique, une de ses rares infidélités à son dernier album, il avait prévu un intime duo de guitare avec Trish Robb mené dans une délicate mais efficace chorégraphie. Voilà un autre exemple éloquent de la finesse et de l'intelligence qui ont animé ce très séduisant spectacle du début à la fin.

Les nombreuses interventions de l'interprète entre les chansons ont donné au rythme de la soirée un aspect presque indolent venant délicieusement contraster avec novembre qui nous attendait dehors. On serait bien resté encore un peu, ou même longtemps, bien au chaud. Adam Cohen a promis de revenir. Il semblait sincère. On veut tellement le croire.

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