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Véronic Dicaire: athlète de scène, acrobate de la voix

Outre ses six danseuses, Véronic DiCaire est joliment... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Outre ses six danseuses, Véronic DiCaire est joliment entourée sur scène avec des effets visuels clinquants quand ils se doivent, glamour en d'autres temps ou nostalgiques dans le défilé d'extraits de films québécois.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les Asiatiques ne savent pas ce qu'ils manquent présentement et ce ne sont certes pas les Trifluviens qui viendront s'en plaindre. En foulant les planches de la salle J.-Antonio-Thompson dimanche, la machine Véronic DiCaire a donné un vibrant choc électrique dans la grisaille de cette fin novembre avec un spectacle éclatant, puissant et drôlement divertissant.

L'artiste est une vraie belle bête de scène. Une acrobate de la voix qui jongle avec les registres en puisant dans tous les répertoires pour faire voyager son public du Québec jusqu'à la France, avec d'heureux détours à Los Angeles.

Le spectacle s'ouvre d'ailleurs en présentant des extraits de tous ces horizons reliés, se retrouvant soudainement sur le même fuseau horaire en une seule et même voix. Et on est parti ainsi pour plus d'une heure 50 minutes sans entracte et sans temps mort. Un petit marathon d'imitations qu'elle livre sans broncher avec un souffle impressionnant.

Il faut dire que la mise en scène de Josée Fortier est très habile. La soirée part doucement, avec un concept tout de même bien pensé puisque les spectateurs font face à la musique des années 80, telle qu'elle pouvait être entendue d'une adolescente du Québec, puis d'une gamine Parisienne, ou encore du point de vue d'une jeune Américaine.

Sur scène, ce sont les Vanessa Paradis, Patricia Kaas et Véronique Sanson qui incarnent le Vieux Continent; les Pat Benatar (Love is a Battlefield), Joan Jett and the Blackhearts (I love Rock N Roll) et Irene Cara (What A Feeling) qui font revivre l'époque du côté américain, sans compter les Marjo, France D'Amour, Marie Carmen, Mitsou et Martine St-Clair dans un horizon plus québécois.

À ce stade, on n'a encore rien entendu. La soirée déboule de plus en plus intensément par la suite, notamment dans un segment aux couleurs clinquantes et glamour de Los Angeles en nous proposant les Pink, Katy Perry, Lady Gaga, Rihanna, Beyonce, Britney Spears et compagnie.

La plupart du temps, la voix se colle aisément à celle de l'artiste imité, mais même lorsque le timbre se rapproche un peu moins, Véronic DiCaire est redoutablement efficace côté diversion en faisant bifurquer notre attention ailleurs. Car au-delà de la voix, elle joue aussi bien avec les mimiques et les gestuelles des artistes imités, quand ce n'est pas en empruntant fidèlement leurs chorégraphies.

Et encore là, côté danse, elle rivalise d'adresse avec les six autres danseuses qui se pointeront ici et là au fil de son spectacle.

Le tout se joue avec, en fond de scène, un immense écran géant où les images se marient parfois avec les effets d'éclairages généreux qui colorent la scène, parfois en imposant les images qui donneront le ton à un segment en particulier, un effet particulièrement puissant quand la dame aborde la portion dédiée au cinéma québécois.

Avec les trames sonores de C.R.A.Z.Y, des Plouffe ou de La Guerre des Tuques, on en est quitte pour un autre superbe tableau mettant les Québécois en vedette en touchant une corde sensible, voire nostalgique.

Ce sera l'un des rares petits moments doux du spectacle puisque la soirée chemine bien davantage sur des rythmes plus vibrants, notamment avec une partie disco rafraîchissante qui nous ramène les Bad Girl et Hot Stuff de Donna Summer, entre autres.

Elle est puissante en Christina Aguilera ou en Lara Fabian, superbe danseuse en Madonna, moqueuse en Coeur de Pirate et très comique dans le segment qu'elle réserve aux téléréalités mettant en vedette les jeunes talents de chanson.

Cette dernière portion de soirée nous permet du coup d'entendre les Brigitte Boisjoli, Valérie Carpentier et Étienne Cousineau, sans oublier les juges de La Voix qu'elle imagine pour l'occasion, dans une imitation humoristique réussie des Ginette Reno, Claire Lamarche et surtout, Isabelle Boulay.

Enfin, un dernier ingrédient sera très présent tout au long de la soirée, soit l'humour de l'artiste, qui se manifestera le plus efficacement non pas en paroles, mais au sein même de ses imitations. Il faut vraiment entendre la voix de Diane Dufresne se coller au répertoire de Carmen Campagne, ou celle d'Isabelle Boulay épouser La petite grenouille.

Ceux qui possèdent des billets pour la représentation de ce lundi soir peuvent se réjouir. Dimanche, il ne restait toutefois plus qu'une quarantaine de billets pour cette soirée, des billets postés dans les deux dernières rangées du deuxième balcon, sur les côtés. Mais bon.

Des tractations sont en cours pour dégager certaines dates à son agenda en saison estivale en fonction du Québec. Ne reste plus qu'à souhaiter que le vent tourne du côté de la rue des Forges.

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