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Le gala Arts Excellence de Culture Mauricie dévoile ses lauréats

La grande famille des gagnants du gala Arts... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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La grande famille des gagnants du gala Arts Excellence réunie pour la traditionnelle photo de fin de soirée.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Saint-Tite) C'est à Saint-Tite que Culture Mauricie a célébré la dernière année dans le monde de la culture régionale jeudi soir dans l'auditorium Gratien-Gélinas de l'école secondaire Paul-Le Jeune. La cérémonie a été sobre, laissant aux gagnants et interprètes toute la place, mais fort sympathique.

C'est sous le titre de «Qui a eu cette idée folle ?» qu'on a exploité le thème de la culture à l'école, l'assise essentielle d'une culture forte, finalement.

Au-dessus des prestations et de la remise des prix on a senti flotter comme un nuage au-dessus de la cérémonie à cause du contexte général de coupes généralisées des subsides gouvernementaux. La pluie est tombée quand une représentante de la Conférence régionale des élus, un partenaire de Culture Mauricie depuis plusieurs années est venue présenter un prix tout en rappelant que c'était la dernière participation de la CRÉ à pareil gala puisqu'elle disparaîtra bientôt.

Le directeur général de Culture Mauricie a évité la surenchère dans son message mais a néanmoins prié le gouvernement de laisser au milieu de la culture en régions les moyens de poursuivre la concertation déjà entamée et si importante pour la santé du secteur.

À chaque année, le prix du Conseil des Arts et des Lettres du Québec constitue un moment fort du gala en venant récompenser le créateur de l'année dans la région selon l'organisme national. En 2014, c'est le réalisateur Richard Brouillette qui l'a emporté. L'artiste considère le cinéma comme un moyen d'expression politique et créatif et ses documentaires manifestent une douce révolte à travers un propos pertinent et nécessaire. Son implication au sein de divers organismes militants du secteur et son engagement pour le cinéma indépendant ont aussi séduit le CALQ.

Culture Mauricie a aussi rendu hommage à une personnalité pour l'ensemble de son oeuvre et son apport au milieu culturel et l'heureux élu, puisque c'est un homme, est Denis Charland.

Vingt-quatre finalistes ont été considérés par le jury pour les dix prix au programme de cette fête. Une artiste aura, en quelque sorte, dominé cette soirée en remportant deux des prix qui étaient présentées: il s'agit de l'interprète Catherine Leduc qui, avec son surprenant et séduisant album Rookie, a pu enlever le prix de l'album de l'année de même que le prix Rayonnement. Les risques inhérents à cette percée très réussie dans un style nettement différent de son travail antérieur ont su séduire tant le grand public que les critiques et le jury de ce gala.

Pour la production de métier d'art, c'est Christine Ouellet qui l'a emporté pour son oeuvre intitulée A.O.C. qui, ont dit les jurés, fascine par sa nature partagée entre le métier d'art traditionnel, la poterie, le métier d'art d'expression et une oeuvre visuelle.

Le jury a opté pour la deuxième édition de sa série des Grands concerts qu'a montée le guitariste Sébastien Deshaies, concerts dans lesquels il s'est associé à trois autres guitaristes internationaux pour faire rayonner la musique classique mais également les rythmes d'ici et d'ailleurs.

Le photographe Gilles Roux a retenu l'attention dans le domaine des arts visuels au cours de la dernière année avec les expositions qu'il a présentées simultanément à la Galerie d'art du Parc de même qu'au Centre d'exposition Raymond-Lasnier. Son travail, colossal, sensible et touchant fait reconnaître la photographie comme un art à part entière.

En littérature, le troisième tome de la trilogie La Saline, Impératifs, a valu à Louise Lacoursière de remporter le prix 2014. On a notamment soulevé la qualité de sa recherche historique et la précision de ses données qui lui permettent de ne jamais trahir le vrai.

Trois prix avaient pour but de souligner la qualité d'initiatives prises par des artistes ou organismes de la Mauricie. Le Festival international DansEncore a été couronné du prix de l'initiative culturelle pour la qualité de la programmation de sa 20e édition présentée l'été dernier. Quant à l'initiative territoriale, elle est allée à la municipalité de Lac-aux-Sables pour l'élaboration de sa politique culturelle. Pour ce qui est de l'initiative en patrimoine, c'est le Musée Boréalis de Trois-Rivières qui remporte le prix pour son projet Mémoires industrielles.

La réaction la plus touchante de la soirée a certainement été celle de Catherine Leduc en recevant le premier de ses deux prix, celui pour l'album de l'année. C'est à travers les larmes qu'elle a remercié son conjoint et partenaire musical de toujours, Matthieu Beaumont. «C'est un prix qui me touche énormément, a-t-elle commenté par la suite. Ça part de peu de choses: un défi que je me suis lancé à moi-même d'essayer quelque chose d'autre, de me faire confiance davantage. J'avais besoin de prendre un risque et ce prix me donne très envie de continuer.»

L'album a été réalisé en Mauricie et l'artiste est convaincue que l'album n'aurait jamais été la réussite qu'il a été si elle ne l'avait pas fait chez elle, dans sa maison, dans sa région natale.

Le récipiendaire du Prix du CALQ Richard Brouillette regrettait pour sa part que la Mauricie n'ait pas encore de centre d'artistes autogéré dans le domaine du cinéma. «J'ai envie depuis un bon moment de faire un film dans le rang que j'habite à Saint-Paulin et c'est une motivation supplémentaire pour le réaliser. Ça m'enjoint également à m'impliquer davantage pour mettre sur pied une structure dans la région qui compte de plus en plus de jeunes cinéastes qui pourraient travailler ici.»

«Ce prix, que je suis vraiment très honoré d'avoir reçu, me confirme qu'on peut faire du cinéma politique et engagé au Québec. Ça me dit que je dois continuer à faire mes films de façon indépendante et de continuer à faire des films politiques puisque c'est ce que je fais, essentiellement.»

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